Revue de la presse belge

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illustration - © RTBF

De Nicolas Vandenschrick.

Une Reine, à la Une de la presse, c'est la Reine Beatrix des Pays-Bas. Elle a annoncé hier son abdication.

Et le moins qu'on puise dire, Georges, c'est que la Reine fait la Une de toute la presse belge. Place à la nouvelle génération, titre le Soir. (C'est l'explication que la Reine a - elle-même - donné à son abdication.) Et on retrouve d'ailleurs ce titre au nord du pays, pour le Laatste Nieuws... Il est temps pour la nouvelle génération. Elle est présentée d'ailleurs en Une de plusieurs quotidiens cette nouvelle génération. "Voici le nouveau couple royal, titre SudPresse. Willem succède à Beatrix, précise la Dernière Heure et La Libre Belgique qui en fixe la date, Willem sera sacré en 2013. Le 30 avril précise encore la Gazet Van Antwerpen.

Avec ces seuls titres, on a déjà un bon aperçu de cette info. Il vous faut savoir encore que la presse en fait beaucoup. 4 pages pour le Soir, 5 dans le Morgen; 7 même dans le Standaard qui n'est pourtant pas non plus la chronique des têtes couronnées. Une précision encore... à la Une du Nieuwsblad. Tout ce discours d'adieu n'aura en fait duré que 3 minutes. Pour Le Soir, ce moment historique n'aura duré que 3 minutes. Et l'Echo complète... Les hommages pleuvent déjà. C'est une icône qui va quitter le trône des Pays-Bas, a déclaré le Premier ministre néerlandais. Elio Di Rupo a souligné lui la dignité, l'intelligence et l'empathie de la Reine.

Dans les commentaires, Nicolas, j'imagine que les éditorialistes ne manquent pas de comparer les familles royales.

Oui, pas de surprise, une abdication là-bas et les questions apparaissent évidement ici. Attention, rappelle Pierre Nizet dans SudPresse, S'il est normal d'arrêter aux Pays-Bas et au Luxembourg, ce ne l'est pas en Belgique. Le Roi Léopold III a été forcé en '51 d'abandonner sa place. Rappelle le journaliste, l'évènement a marqué à jamais le jeune Albert qui ne devrait donc pas abdiquer sauf cas de force majeure.

Vincent Schmidt dans la Dernière Heure le rappelle, cette question de la passation de pouvoirs a déjà été - chez nous - maintes fois annoncée - prématurement. Non pas qu'il règne de grand mystère autour du nom de notre futur Roi, mais plutôt car certaines velléités se sont déjà fait ressentir pour que la royauté s'éteigne lorsqu'Albert II aura remis son sceptre.

On l'a répété (explique encore Béatrice, Delvaux, cette fois) une différence de taille sépare les 2 royaumes. La complexité de la situation politique belge empêche de réduire le rôle du Roi a un statut purement protocolaire. Il serait d'ailleurs exagéré de dire que la famille royale néerlandaise n'a pas connu d'orages. Mais face à cette souveraine qui accorde des interviewes en toute décontraction. Face à cette famille dont les rôles et les rémunérations sont gérés, devant ces images de travail en commun de la mère regnante et du fils appellé à règner, on ne peut que déplorer la cacophonie qui continue à miner la royauté belge conclut l'éditorialiste du Soir. L'impossibilité d'abdiquer pour un Roi fatigué et qui a parfaitement rempli son rôle durant 20 ans est désormais autant le signe d'une monarchie qui va mal que d'un pays politiquement compliqué. La Reine Beatrix en a fait - a contrario - hier la démonstration.

La manière dont cette Reine a annoncé son abdication est à l'image de son règne, conclut Koen Vidal dans le Morgen. Elégant, intelligent et surtout rempli d'un grand sens de la continuité pour la maison royale.

Voilà une actualité qui fait couler beaucoup d'encre ce matin ! Revenons chez nous. A l'actualité économique - et sociale - reste marquée par la fermeture de 7 lignes de productions chez ArcelorMittal.

"Ils ne savaient pas que c'était impossible. Alors, ils l'ont fait." On aimerait, une fois de plus, pouvoir donner raison à Mark Twain, écrit Yves Cavalier, dans la Libre Belgique. Mais il faudra bien ouvrir les yeux un jour. Le projet de nationalisation d'ArcelorMittal a réellement peu de chance d'aboutir. Quand bien même le consultant sollicité par la Région wallonne et stimulé (on l'imagine) par un million d'euros - trouverait l'entourloupette. Quand bien même Mittal cèderait son outil, (et là Thierry Dupiéreux le rappelle dans l'Avenir, si Laksmi Mittal ferme plusieurs installations), c'est pour rationaliser la production, pas pour produire de la concurence qui voudrait des outils délaissés par Mittal en sachant qu'il s'est gardé les meilleurs. Mais quand bien même reprend la Libre, quand bien même la Région trouverait le moyen de convaincre l'Europe et encore - on peut rêver - le gouvernement fédéral (Flandre y compris), il reste cette question... Tout cela, tout cela, ce serait pour faire quoi?

La conjoncture et le déplacement de la croissance vers les émergents ne plaident plus pour une sidérurgie loin des ports. A moins de faire de la sauvegarde de l'emploi un véritable combat auquel se rallierait l'Europe, c'est la seule voie pour atteindre cette inaccessible étoile.

A noter encore que plusieurs titres reviennent ce matin sur la diffusion hier, par la Police suisse des images de vidéo surveillance de l'accident de car de Sierre. Pour répondre aux critiques, la police a diffusé cette vidéo qui démontre l'arrivée rapide des premières secours. Je vous rappelle que 28 personnes ont trouvé la mort dans cet accident survenu le 13 mars dernier.

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