Revue de la presse belge

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De Nicolas Vandenschrick.

ArcellorMittal reste à la Une de l'actualité. Avec ce calcul d'abord auquel s'est livré le quotidien Le Soir. En 4 ans, le groupe sidérurgique a payé moins de 2% d'impôt.

1,4%. 81 millions d'euros en tout et pour tout.

Alors qu'ArcelorMittal récoltait 5 milliards 800 millions de profits, un montage financier et fiscal lui a permis d'éviter de payer l'impôt. Oh, le Soir précise, ce n'est pas tant la Belgique qui est lésée, ce sont plutôt les fiscs des pays où sont implantées les filiales profitables du groupe qui sont victimes de ce montage. Il n'empêche.

Pour un spécialiste de Droit fiscal de la VUB, Michel Maus, "le gouvernement a commis une erreur historique. Ne pas lier les intérêts notionnels à certaines conditions, comme l'obligation d'investir ou de créer de l'emploi..." Et pour ArcelorMittal, l'erreur est à ce point importante que le quotidien parle d'une pompe à finance. Le spécialiste explique... ArcelorMittal Finance joue en quelque sorte le rôle d'une banque interne au groupe. Il prête de l'argent à ces filiales. Et ces mêmes filiales lui remboursent un intérêt. Comme ArcelorMittal dispose d'un capital gigantesque, elles bénéficient des intérêts notionnels et ne payent pratiquement pas d'impôt.

Résumé encore plus simplement, le mécanisme consiste à déplacer le bénéfice réalisé dans un pays où l'on devrait payer de l'impôt vers la Belgique où l'on n'en paye pratiquement pas.

Le quotidien s'est alors tournée vers Bruno Colmant, prof à l'UCL et à la Vlerick School. LE père spirituel de la mesure. "Certains ont profité d'un effet d'aubaine, reconnaît-il", mais il tempère. "La mesure a aussi permis aux entreprises de renforcer leur capital. On se rend compte aujourd'hui qu'il faudrait davantage des incitants qui touchent l'actif des entreprises.

En question encore, ce matin, la nationalisation du site liégeois.

"Voie étroite d'une nationalisation" titre la Libre qui résume d'abord les grands débats télévisés du week-end. Il y a unanimité wallone pour soutenir tout initiative qui permettrait d'assurer l'avenir du secteur. Nationalisation y compris. Plusieurs quotidiens le notent au Nord du pays, "même le ministre Reynders et le MR évoquent la nationalisation... Mais cette unanimité se heurte tout de même à la réalité. Comment forcer Mittal à céder ? Qui pour reprendre après la nationalisation... Bref le dossier est loin d'être bouclé.

Pour Luc Vanderkelen, dans le Laatste Nieuws, Avec l'acier et le textile, voilà revenu le temps des grands secteurs nationaux. Et pourquopi pas la construction navale... ironise le chroniqueur. La différence, note Vanderkelen, c'est que cette fois, le soutien au secteur sidérurgique ne se fera pas avec de l'argent fédéral. Et ça, c'est tant mieux. Car prendre cette route de la nationalisation, c'est une fausse piste, estime l'éditorialiste. Les 7 lignes de production liégeoises ne sont, face à la crise générale du secteur, plus rentables. Technologiquement et sur le plan qualitatif, plus au top. Trop éloignées de la mer. Il n'y a aucun avantage à poser ce choix du passé. Mieux vaudrait investir dans des entreprises et des technologies de l'avenir.

Allez, on passe à l'actualité internationale, beaucoup de sujets ce matin en Une de vos journaux.

Oui, avec ce terrible incendie survenu dans une discothèque au Brésil. Le bilan varie suivant les titres de presse mais il y aurait au moins 200 victimes.

Chez nos voisins français, le mariage homosexuel a encore drainé une grande foule ce dimanche. Entre 125 et 400.000 manifestants dans les rues de Paris pour soutenir le projet de loi visant à autoriser le mariage homosexuel. Pour Joëlle Meskens qui signe ce reportage - et l'édito du Soir - ce n'est pas une communauté qui est descendue dans la rue, c'est une France solidaire qui s'est jointe aux gays et aux lesbiennes pour dire sa honte de voir la simple égalité des droits si douloureusement consacrée. Koen Vidal dans le Morgen, met lui en garde... Les parlementaires qui renforcent les droits des homosexuels méritent tous les éloges... A condition qu'après le vote, ils ne pensent pas avoir changé le monde. En Belgique, où les homosexuels bénéficient de solides garanties juridiques, ceux-ci sont encore restreints dans leur liberté et victimes de violence grave. Combattre les préjugés requièrent un antidote bien plus solide qu'une modification de loi.

A lire encore, ce matin, la sortie de Silvio Berlusconi selon qui "les lois raciales représentent la pire faute de Mussolini qui en revanche a fait de bonne chose".

Décidement, constate Thierry Dupiéreux, il n'en manque pas une, ce Cavaliere qui tente une réhabilitation partielle du Duce. Faire croire à ces bonnes choses, c'est oublier d'un coup que le régime fascite italien fut une fameuse plaie pour l'humanité. Cautionner l'action d'un homme qui a voulu transformer les juifs en sous-hommes est tout bonnement abject. Faut-il rappeler que durant la Seconde Guerre Mondiale, plus de 7.000 juifs italiens ont été exterminés dans les camps de la mort? Peut-être réside-t-il là un des gros problèmes de l'Italie qui n'est toujours pas parvenue à faire son examen de conscience.

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