'Respect' sur les parkings PMR !

Une campagne de Bruxelles Mobilité et Passe le message à ton voisin
Une campagne de Bruxelles Mobilité et Passe le message à ton voisin - © Bruxelles Mobilité

Se déplacer en ville avec un handicap est difficile. Trop souvent, les personnes handicapées trouvent les emplacements qui leur sont réservés occupés par un véhicule non autorisé. En 2018, la police a constaté à Bruxelles 6 957 infractions sur les emplacements pour personnes à mobilité réduite. Une campagne de sensibilisation vient d’être lancée, elle s'intitule 'Respect'.

Cette campagne, initiée par Bruxelles Mobilité et par l'asbl Passe le message à ton voisin, a débuté de manière très originale. Au parking de la Toison d'Or, la plupart des places ont été marquées PMR. D'habitude, deux places sont réservées aux PMR, là c'était l'inverse, au grand étonnement des conducteurs. Histoire de sensibiliser à cette difficulté particulière que vivent ces personnes, au quotidien.

Bruxelles Mobilité a ressenti la nécessité d'appuyer sur cette problématique, pour permettre aux personnes handicapées une meilleure accessibilité, explique sa porte-parole Camille Thiry. Environ 7000 PV sont dressés à Bruxelles pour cette infraction, c'est énorme lorsque l'on sait qu'il n'y a que 4200 places pour handicapés sur les 19 communes. D'autant plus que la police n'a pas la possibilité de constater tous les stationnements abusifs.
 

Qui peut stationner sur ces emplacements PMR ?

En Belgique, la carte de stationnement pour personne handicapée  ’obtient lorsque le handicap est reconnu officiellement, elle est délivrée par le SPF Sécurité Sociale, selon des règles bien précises. À priori, le handicap n'est pas toujours visible, il peut s'agir par exemple d'une invalidité de type pulmonaire ou autre qui empêche la personne de faire des efforts.

Si on n'a pas de carte spéciale, on n'a pas le droit de stationner sur une place PMR, siglée en bleu, rappelle Nino Peeters, porte-parole de l'asbl Passe le message à ton voisin. "Si vous conduisez votre maman qui a une carte de stationnement pour personne handicapée, vous pouvez vous garer sur un parking PMR, mais il faut que votre maman soit dans la voiture. Il y a des abus bien sûr : certains ne rendent pas la carte quand la personne décède, d'autres utilisent la carte quand la personne handicapée n'est pas dans le véhicule". Certains panneaux de stationnement réservé aux personnes handicapées ne sont pas assez clairs et permettent la confusion. 


Sécurité et accessibilité

Ce ne sont pas des places VIP, ce sont des places importantes au niveau de la sécurité, précise Nino Peeters : le fait de ne pas devoir sortir en plein milieu de la route et remonter 100 mètres avant de trouver une inflexion de trottoir. Importantes aussi au niveau de l'accessibilité : le fait de pouvoir ouvrir largement la portière de la voiture, de pouvoir sortir facilement son siège ou son enfant de la voiture, le fait qu'il n'y ait pas de bordures de trottoir, le fait d'être proche des accès.

Certaines incohérences urbanistiques compliquent encore la situation, comme des bacs de fleurs placés sur des emplacements PMR.... "Il est assez compliqué de proposer un cheminement régulier dans l'espace public à une personne handicapée, surtout en chaise roulante. Le règlement régional d'urbanisme a toutefois fortement évolué : largeur minimale de passage, bordures... mais il reste compliqué à mettre en oeuvre", explique Camille Thiry. "Les gestionnaires de voiries comme les différents acteurs de la mobilité prennent conscience de ce problème et prévoient des investissements en ce sens".

Prévoir des places de stationnement pour personnes handicapées est une obligation, notamment dans le plan régional de stationnement. Pour 50 places de parking, il faut prévoir 2 places de parking PMR.
 

Comment s'attribuent les places ?

Les places sont attribuées soit sur une demande individuelle de la personne pour un emplacement devant son domicile, une demande à introduire auprès de l'administration communale qui va aller vérifier si la personne est bien en condition.

Soit en voirie, et on choisira la place qui est la plus accessible par rapport aux services : une pharmacie, l'entrée d'un centre administratif...., éventuellement relié à d'autres infrastructures de voirie : bordures abaissées, largeur de la place,... Pour Nino Peeters, il n'y a pas suffisamment de places PMR, et elles ne sont pas toujours respectées, soit qu'elles sont entravées par des bacs à fleurs ou des containers, soit qu'elles sont occupées par des contrevenants. Lors de manifestations ou festivals, ce sont souvent les premiers emplacements qu'on bâche, parce qu'un panneau est disponible pour sigler autre chose, un fritkot par exemple.


Répression/prévention

En cas d'infraction, la police vient constater les faits, dresser procès-verbal et éventuellement faire procéder à l'enlèvement de la voiture. Mais les policiers ne sont pas assez nombreux, explique Patrick Massagé, Premier Commissaire de Police de la zone Bruxelles Ouest. Les agents communaux n'ont pas la possibilité d'intervenir, car il faut établir un procès verbal à adresser au Parquet, d'un montant de 116€ + éventuellement un dépannage de 240€. En cas de récidive, le contrevenant risque un retrait de permis de 8 jours.

Le policier a maintenant la possibilité, via l'application Handi 2 Park, accessible à tous, de scanner le code-barre pour vérifier la validité de la carte et voir si la carte n'est pas utilisée abusivement. Le policier de faction dans un bureau qui constate une infraction sur caméra peut aussi verbaliser.

Outre la répression, l'aspect sensibilisation est très important, rappelle Camille Thiry. C'est pourquoi des campagnes sont régulièrement menées. "La meilleure manière de respecter quelque chose est de l'expérimenter. C'est pourquoi on a fait le buzz pour le lancement de la campagne au parking de la Toison d'Or. On voulait mettre les personnes en situation par rapport au handicap. C'est cette prise de conscience qui permet parfois de changer son comportement de manière durable."

Une campagne de répression est prévue ensuite, nécessaire pour faire cesser ce sentiment d'impunité de la part des contrevenants.
 

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