Réhabiliter les trains de nuit, pour un art de voyager et une réelle alternative écologique

La revalorisation des trains de nuit
La revalorisation des trains de nuit - © Pixabay

La revalorisation des trains de nuit pourrait-elle représenter une réelle alternative écologique au tourisme et aux déplacements intra Europe ? L’idée fait son chemin auprès de nombreux usagers qui se constituent en collectif pour se faire entendre. 

En Belgique, le collectif Back on Track Belgium milite pour la réhabilitation des trains de nuit. Les trains de nuit avec couchettes ont en effet été supprimés il y a une quinzaine d'années, explique Arnaud Wieclawski, l'un de ses fondateurs. Ils proposaient des wagons avec places assises, économiques, des wagons couchettes de 3, 4 ou 6 personnes, et des cabines réservées, pour 1 ou 2 personnes, plus confortables mais plus onéreuses. Certains trains de nuit proposaient même le transport de voitures.
 

Pourquoi cet abandon ?

La raison principale de la disparition des trains de nuit est certainement leur manque de rentabilité, à une époque où l'on est passé de plus en plus au tout à la voiture et où sont apparues les compagnies aériennes low cost.

En Belgique, il fallait investir massivement pour rénover le matériel roulant en fin de vie. On a donc préféré investir dans le TGV, pour au final offrir quelque chose qui n'était pas du tout comparable, regrette Arnaud Wieclawski : le TGV est rapide mais sur une distance de 750 km, là où le train de nuit proposait le double.

La rareté fait que les trains de nuit qui existent encore sont relativement chers et ne peuvent pas concurrencer les vols low cost. Le collectif essaie de travailler sur cette problématique des prix et de réhabiliter les trains qui existaient précédemment.


Et ailleurs en Europe ?

La France a beaucoup démantelé dans les années 2000-2010, misant tout sur le TGV. Le collectif français Oui au train de nuit, qui fait partie du collectif européen Back on Track, s'est battu et a réussi à conserver deux lignes. Il a amené le débat à l'Assemblée nationale, pour que les trains de nuit soient intégrés à la loi mobilité globale. Il y a aujourd'hui une réelle réflexion sur le sujet de la part de la SNCF.

En Autriche, le service de trains de nuit internationaux a été rouvert il y a deux ans, reprenant la niche abandonnée par les Allemands peu auparavant.

La demande est clairement là, que ce soit pour des raisons économiques ou pour des raisons écologiques. Sans oublier le volet nostalgique, de la part de gens qui aiment prendre le train de nuit parce que c'est un art de voyager. Il faut le dire, c'est tout une aventure et c'est extrêmement agréable.

Les trains couchettes offrent une réelle convivialité. Il est possible de réserver un compartiment pour toute la famille, les enfants adorent généralement ça. Les voyages en train de nuit restent d'ailleurs un souvenir inoubliable pour beaucoup. 

Le train de nuit permet d'autre part d'envisager de partir à 6 h du soir de Bruxelles et d'arriver, frais et dispos, à 7h du matin le lendemain à Milan, pour profiter réellement de tout un week-end sur place. 


Back on Track Belgium

Le collectif européen Back on Track a inspiré les Belges qui ont créé Back on Track Belgium. Ils réunissent des citoyens pour agir et interpeller le monde politique. Une pétition et des actions dans les gares sont prévues prochainement. 

Leurs demandes sont raisonnables. Il s'agit de réinvestir dans un matériel adéquat, mais avec l'idée intéressante que l'ensemble des partenaires et des opérateurs constituent un réseau européen, pour travailler ensemble, avec des investissements européens. Le fait d'acheter ensemble permettrait d'obtenir des prix de gros auprès des constructeurs. Les Anglais sont très emballés par ce projet, tandis que les Autrichiens n'ont pas attendu pour avancer. 

Le collectif belge a contacté les partis pour leur proposer cette alternative. Reste à espérer que les études de marché seront positives et que le gouvernement pressera la SNCB, jusqu'ici peu réactive, de l'envisager. 

Le prix du carburant n'entre pas en ligne de compte dans les prix des billets de train. Si une taxe sur le kérosène des avions est instaurée, le train de nuit sera d'autant plus une alternative crédible. C'est là un enjeu marketing intéressant !

Envie de rejoindre le collectif ?
Rdv sur la page Facebook Back on Track Belgium

Et écoutez la séquence intégrale ici

 

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