Quelles alternatives durables aux protections périodiques ?

Gwenaëlle De Kegeleer nous présente un 'Vu d'ici, vu d'ailleurs' sur les alternatives durables aux protections hygiéniques. Des alternatives nécessaires tant au niveau sanitaire qu'environnemental. Aux Etats-Unis, les serviettes lavables et autres culottes de menstruation commencent à se répandre. En Europe, le démarrage est plus lent.


Ces produits d'hygiène concernent la moitié de l'humanité en âge de procréer. Pourtant la plupart des femmes se contentent aveuglément de protections hygiéniques qui les mettent potentiellement en danger et qui menacent l'environnement.

Le marché des protections menstruelles est en effet énorme, il équivaut à 6 milliards de dollars. Au cours d'une vie, une femme utilise 11 000 protections, pour un budget d'environ 3000 euros.

L'évolution serait peut-être plus facile si le sujet n'était pas aussi tabou. Il faut pouvoir parler de façon positive de cette période particulière et si naturelle que vivent les femmes. Le documentaire français 28 jours est très bien fait et peut aider à aborder la question avec les adolescents.


Une initiative québecoise

En dehors des problèmes de pollution, ce que l'on sait moins, c'est que ces protections peuvent provoquer des problèmes de santé : endométriose, mycoses, allergies, vaginites à répétition... dus aux produits chimiques qu'elles contiennent : entre 20 et 30 composés chimiques, du plastique, de la glu, des pesticides, des herbicides, des agents blanchissants comme la javel ou encore la dioxine, reconnue par l'OMS comme liée à des cas d'immunosuppression, d'infertilité et de cancer.

C'est pour cette raison qu'Olivia et Erica, deux Montréalaises, ont décidé de développer des sous-vêtements de menstruation lavables et donc durables. Leur boîte, Mme L'Ovary, existe depuis 4 ans, avec une boutique en ligne. 

Olivia est artiste de cirque. Elle a besoin d'une protection discrète et fiable. Elle a créé pour elle-même une culotte de menstruation avec du tissu éponge, puis l'a commercialisée avec son amie Erica. Via un financement participatif sur base de pré-commandes, leur affaire explose.

Elles ont pensé la culotte pour être la plus confortable, pratique et durable possible. Elle est très absorbante et très étanche. La clé, c'est d'utiliser 5 matières différentes, placées dans un ordre précis. Leur but est que les femmes puissent économiser de l'argent, mais aussi du temps, de l'énergie, et éviter la quantité astronomique de déchets non-dégradables jetés à l'échelle mondiale.

Quand on réfléchit, il y a peu de différences avec les protections en tissu qu'utilisaient nos grands-mères. "Il est d'ailleurs frappant de constater que, pour plein de choses, la transition, c'est en fait revenir aux méthodes ancestrales", constate Gwenaëlle De Kegeleer.

Pour l'entretien, il n'est pas nécessaire de la laver à 60%. Il faut d'abord rincer puis laisser tremper la culotte, dans de l'eau froide pour ne pas figer le sang. Puis on peut la laver à la main avec de l'eau tiède et un produit assez naturel, et si on le souhaite, quelques gouttes d'huile essentielle d'arbre à thé pour son action anti-bactérienne. On peut aussi la laver avec nos autres vêtements.
 

Et en Belgique ?

Plus près de nous, Stéphanie Renard, maman de 3 enfants, informaticienne de formation, s'est lancée à temps-plein dans le zéro déchet, depuis un peu plus d'un an, avec sa boîte La Renarde.

Elle fabrique des alternatives durables aux serviettes hygiéniques mais également à toutes sortes de produits à usage unique, comme les lingettes, les mouchoirs, les langes pour bébés, etc...

Stéphanie Renard tient à travailler en local pour tout l'aspect couture. Comment matériaux, elle utilise tout simplement du coton et de l'éponge de bambou, très absorbante. 

L'utilisation de la serviette hygiénique lavable est très simple et le coût est très vite rentabilisé, puisque le produit est réutilisable. Le grand format est vendu au prix de 10 euros et on peut commencer avec 2 ou 3 pour avoir un roulement.

Les utilisatrices sont heureuses d'avoir éliminé, grâce à ces produits, les problèmes de mycoses, d'infections, d'allergies. Pour les personnes qui bougent beaucoup, Stéphanie Renard étudie un système pour bien fixer les serviettes en place.


Gwenaëlle De Kegeleer évoque aussi les coupes périodiques, ou cups, qui constituent une autre solution intéressante. Elles ne conviennent toutefois pas à toutes les femmes, que ce soit pour un problème d'adaptation de taille ou de manipulation.

Ecoutez-la ici

 

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