Quel avenir pour le plus ancien parc national africain ?

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Le Parc des Virunga, dans l'est de la RDC, c'est 800 000 hectares au total, une faune et une flore uniques au monde. Mais sa richesse est menacée aussi. Explications.

Le WWF s'en est inquiété cette semaine. L'organisation non gouvernementale estime que près de la moitié des 200 sites naturels classés au patrimoine mondial de l’Unesco sont victimes du braconnage, victimes aussi du trafic des ressources naturelles, le bois notamment. Et les Virunga n'échappent pas à la règle...
 

Le parc souffre aussi de la déforestation et de la présence de nombreux groupes armés qui opèrent dans cette région déchirée par des années de conflits.
 

Emmanuel de Mérode a fait de la survie des Virunga un combat auquel il consacre toute son énergie.

"On s'est toujours trouvé à l'épicentre des grands conflits armés qui ont eu lieu dans la région des Grands Lacs et le personnel du parc n'a pas été épargné. On a perdu 154 de nos gardes depuis que la guerre a commencé. (...) Des groupes armés sont à l'intérieur du parc, ils viennent pour se servir des ressources ou s'attaquer aux populations qui traversent le parc, pour les piller."

 

 

"Le parc est un endroit dangereux, explique une habitante, c'est la pauvreté qui nous pousse à y aller. Nous savons que c'est interdit, mais il n'y a pas de travail, alors nous allons dans le parc avec nos maris pour produire du charbon de bois. Il y a des patrouilles et parfois on nous tire dessus. Nous avons peur, mais nous sommes obligés d'y retourner parce que la vie est difficile. Les soldats patrouillent pour trouver les FDLR et quand ils nous voient, ils peuvent penser que nous sommes les femmes des FDLR et c'est pour ça qu'ils nous pourchassent."

 

Ce trafic du charbon de bois, c'est un véritable racket, une activité lucrative pour les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) autant que pour les FARDC (Forces armées officielles) qui prélèvent des taxes informelles en échange de leur protection.

 

 

Alors la survie des Virunga passera sans doute, en partie en tout cas, par la construction de centrales hydroélectriques. Deux ont déjà été construites, d'autres sont en projet.

L’objectif, c’est de montrer aux populations qui vivent en bordure des Virunga que le parc peut être un outil de développement économique, et que la préservation de la nature peut générer des ressources et des emplois.

Patricia Huon s'est rendue dans le Parc des Virunga,
où plusieurs espèces animales sont protégées
et notamment les gorilles des montagnes.
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>>> Et pour en savoir plus sur le parc des Virunga >>>
 

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