Quand sommes-nous ?

Quand sommes-nous ?
Quand sommes-nous ? - © pixabay

Si la question ‘Où sommes-nous ?’ est évidente, la question ‘Quand sommes-nous ?’ semble être posée par les Max Brothers. Thierry Van Roy a décidé de s’emparer de la question : qu'est-ce donc que le temps ? Comment se vit-il, ce temps si singulier que l’on perd ou que l’on tue ?

En Occident, nous considérons le temps comme un matériau : on le prend, on le donne, perd, gagne, gaspille, économise, vend, vole, oublie... Qu’en est-il ailleurs? Le temps est-il un 'milieu', comme l’affirme le dictionnaire ?

“Qu’est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais ; si je cherche à l’expliquer à celui qui m’interroge, je ne le sais plus.” (Saint Augustin)

Pour comprendre l’autre, il faut comprendre sa perception du temps, suivant sa culture, son histoire, son milieu. Thierry Van Roy a choisi d’interroger un moine, un ouvrier devenu écrivain, un musicien, et bien d'autres, pour tenter de saisir leur pouls horloger.

Une série en trois épisodes, soutenue par le Fonds d’Aide à la Création radiophonique
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1er épisode

Le physicien Etienne Klein, nous apprend qu’il n’y a pas de définition du temps. Tout au plus pouvons-nous utiliser des métaphores, et tomber dans les pièges du langage pour le cerner. Il nous met au défi de trouver une définition du temps sans présupposer l’idée du temps : “Définir c’est rapporter un concept à un autre concept plus fondamental. Il n’existe pas de concept plus fondamental que le temps, c’est un mot primitif. ” 

Il n'y a d'ailleurs qu'un seul mot pour désigner le temps, il ne possède aucun synonyme.

Alain Guyard, philosophe forain, nous parle du temps immobile quand on est en prison. Il n'y a pas d'événement, rien n'advient, de sorte que la notion de durée n'existe plus.

Vincent De Raeve, ouvrier-écrivain, décrit le temps vécu lors du travail en usine, extrêmement long, et ce qu'il appelle 'l'humiliation de la pointeuse'.

Paul Jorion, économiste, anthropologue, voit les tentatives que les gens font pour modifier leur représentation du temps comme une manière de conjurer la mort.

Frère Xavier, moine de l’Abbaye d’Orval, parle de l'état de veille, de l'offre de temps qui le rend disponible à Dieu. 

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2e épisode

Si nous voulons comprendre l’autre, sa culture, nous devons commencer par nous intéresser à sa perception du temps.

Telle est la conviction de Thierry Van Roy. Le temps ailleurs, cela donne quoi ?

Chaque culture possède des représentations du temps bien différentes de la nôtre, granulaire, en spirale, circulaire.

Après un préambule chez Latcho Bilo, violoniste manouche, sur sa vision poétique du monde et du temps, ainsi que chez Jean-Marie Kerwich, écrivain gitan, direction le Tibet, où les jours ne s’enchaînent pas vraiment comme les nôtres.

Yahia Belaskri, écrivain algérien, nous parle du rapport au temps dans la culture arabo-musulmane, vision fataliste et nostalgique d’un passé glorieux à restaurer.

Jean Kabuta, linguiste d’origine congolaise, étudie le concept de temps dans les cultures bantoues, et Nfaky Kouyaté, musicien griot de Guinée, évoque la couleur du passé et de l’avenir, et la différence du temps du village d’avec celui de la ville.

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3e épisode

Après le temps horlogique qui s’est imposé à nous, Thierry Van Roy aborde une autre manière de découper et de structurer le temps : la musique et sa composante rythmique.

Marc Gallo, musicien de jazz, introduit le sujet de rythme avec la conception du temps chez les Pygmées, et du rapport entre rythme du chant, de la percussion, et le travail.

Jean-Paul Dessy nous invite à explorer, par la musique et le rythme, l’abolition de temps, ce qu’il appelle l’instant d’infini. Il nous parle de la musique comme poison et remède, et aussi de l’importance du silence et de la méditation dans notre rapport au temps.

Frère Xavier, moine de l’Abbaye d’Orval, nous expose l’importance du chant et du rythme dans la vie du moine.

Arnould Massart, pédagogue et musicien, aborde les effets physiologiques et sociétaux du rythme, en partant du pas cadencé des armées de Napoléon, aux rythmes interdits par l’Eglise. Il nous parle des rythmes vitaux et circadiens, des diverses découpes de l’heure horlogique dans les pays voisins. 

Jean Kabuta, linguiste d’origine congolaise, nous parle des rythmes africains, qui enfoncent dans le corps ce que les mots ne peuvent exprimer.

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