Quand les tags défigurent les immeubles urbains !

Quand les tags défigurent les immeubles urbains !
Quand les tags défigurent les immeubles urbains ! - ©

Le phénomène semble en nette hausse dans la plupart des villes du pays. Beaucoup de communes ont mis des programmes de prévention et de nettoyage en place pour lutter contre ces tags. Les invités : Karine LALIEUX, échevine de la Culture et de la Propreté Publique de la Ville de Bruxelles & Cyprien DEVILERS, échevin de l’environnement à Charleroi & un grapheur.

Tout l'enjeu de cette thématique est de distinguer ce qui participe à l'embellissement de la ville par le graffiti, le dessin et la couleur et ce qui ressemble plutôt à de la pollution ou au vandalisme des bâtiments défigurés par des signatures.

Pour Karine Lalieux, il faut vraiment faire les distinctions entre les deux : "les tags comme des signatures qui se font un peu partout dans les villes sans l'autorisation du propriétaire sont une infraction pénale. Les personnes qui taguent sans l'autorisation d'un propriétaire peuvent être poursuivi pénalement par le parquet. C'est un délit. Par contre, en temps qu'échevine de la culture, je développe le street art. L'art urbain est un plus pour une ville."

Pour le tagueur, qui souhaite rester anonyme, c'est difficile de se cantonner à des espaces mis à disposition des villes : "je suis passé par le graffiti vandale mais, derrière cela, il y a un côté artistique où les gens veulent essayer de développer quelque chose de positif. On veut que ça reste anarchique, on n'a pas spécialement envie d'être encadré."

Il fait toutefois la distinction entre deux types d'individus : "il y a ceux qui ne se considèrent pas comme artiste et veulent juste avoir une dose d'adrénaline et ceux qui se sentent artistes et veulent développer quelque chose. Par contre, en tant qu'artiste, je veux la totale liberté. Être encadré à 100%, c'est emprisonné notre art."

Cette distinction entre tag et graphe est également présente à Charleroi. Cyprien Devilers n'y va pas par quatre chemins : "les tags, c'est le chien qui pisse pour marquer son territoire sur un poteau. Le graphe est une expression de sensibilité artistique."

Pour l'échevin à l'environnement, la pollution visuelle participe au sentiment de mal propreté alors qu'un graphe a l'effet inverse : "un beau graphe renforce le sentiment de dynamisme d'une ville et d'un milieu urbain. Il faut trouver le difficile équilibre entre la liberté et le respect. Il y a un curseur à placer et c'est le rôle des pouvoirs publics d'encadrer les choses sans brimer le sens artistique des grapheurs."