Quand les femmes de la culture se rassemblent pour lutter contre le plafond de verre

Intervention du COLLECTIF F.(s) lors du Prix de la Critique 2018
Intervention du COLLECTIF F.(s) lors du Prix de la Critique 2018 - © RTBF

Le plafond de verre désigne les freins invisibles à la promotion des femmes dans les structures hiérarchiques, qui limitent leur accès à des postes à responsabilités. Ann Vandenplas, comédienne et instagrameuse, nous parle de l'origine de COLLECTIF F.(s) qui rassemble les femmes pour lutter contre cette triste réalité dans le monde du théâtre.

Quelques faits :

  • Les directrices de théâtre bénéficient de moins de 20% des subventions accordées aux lieux de théâtre pour adultes par la Fédération Wallonie-Bruxelles.
  • 3 femmes dirigent des théâtres dont la subvention annuelle dépasse les 500.000 euros : Le Théâtre Varia, avec Sylvie Somen ; La Balsamine avec Monica Gomes et L’Atelier Théâtre Jean Vilar, avec Cécile Van Snick.
  • Les Françaises ne sont pas épargnées. En 2017, 12 % de femmes sont à la tête des 100 plus grandes entreprises culturelles en France. Depuis 2010, seuls 4 films réalisés par des femmes ont été nominés aux César et aucun n'a été primé.
     

L'origine du mouvement COLLECTIF F.(s)

Le collectif est né en mai 2018, suite à la nomination d'un homme à la tête du Théâtre des Tanneurs, alors que face à lui, trois femmes avaient été retenues.

L'idée du collectif F n'est bien sûr pas de remettre en cause ses compétences ni son dossier mais on a du mal à croire que les dossiers de ces candidates n'étaient pas à la hauteur, dit Ann Vandenplas. C'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase parce que cela a confirmé cette réalité assez triste : les trois quarts des budgets alloués sont aux mains des hommes, comme la quasi totalité des postes de direction.

En quelques jours, 750 femmes du monde du spectacle - metteuses en scène, comédiennes, auteures, productrices - se sont mobilisées pour crier leur colère et pour créer le COLLECTIF F.(s).


Le fonctionnement de COLLECTIF F.(s)

Les femmes membres du collectif ne sont pas constituées en asbl, pour garder leur liberté. Elles veulent choisir leurs interlocuteurs et ne souhaitent pas la mixité dans le mouvement, pour garder une parole plus libre, non soumise au regard de l'autre sexe.

Elles visent la parité effective dans les assemblées décisionnelles, avec des mécanismes contraignants, comme c'est le cas en Norvège depuis les années 70. Elles souhaitent traiter les questions de manière transversale car ce sujet touche toute la société.

Elles ont progressivement mis sur pied des groupes de travail, dont un groupe harcèlement (lié aux contrats précaires), un groupe pour chiffrer l'égalité homme-femme dans la culture, un groupe sur la dynamique de genre, un groupe pour théoriser leurs revendications...

Elles regrettent qu'à force d'intégrer les schémas actuels, certaines femmes se mettent des freins internes, se limitent dans leurs ambitions, et, quand elles sont en place, intègrent les codes masculins pour rester en place.

Selon l'actualité de chacune, elles prennent la parole à tour de rôle pour expliquer le mouvement, comme c'est le cas de la metteuse en scène Myriam Saduis avec Mouvement d'identités, un festival de destins de femmes au théâtre Océan Nord, dirigé par une femme justement.

Pour en savoir plus, écrivez à  f-s@riseup.net. Un site internet est en cours de création et sur Facebook un groupe fermé est accessible via quelqu'un du collectif.

Ecoutez ici les explications d'Ann Vandenplas

 

 

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