Quand le street art se met au service de la pub

Un parcours street art à Bruxelles pour les 450 ans de la mort de Brueghel
Un parcours street art à Bruxelles pour les 450 ans de la mort de Brueghel - © visit.brussels

L'art urbain, qui se déploie sur les murs de la ville à travers des fresques et des graffitis, est aussi un moyen de communication efficace. Les marques et les institutions l'ont bien compris ! 

La preuve d'abord avec cette initiative originale qui concerne une institution, explique Frédéric Brébant : on fête cette année le 450e anniversaire de la mort du peintre Pieter Brueghel, avec une grande exposition au Musées Royaux des Beaux-Arts de Bruxelles. Pour mettre en valeur cet anniversaire, visit.brussels, l'agence bruxelloise du tourisme, a eu l'idée singulière d'organiser un parcours street art en hommage à Brueghel. Il faut rappeler que ce grand peintre a réalisé les deux tiers de ces oeuvres à Bruxelles.

Une fresque street art, réalisée par l'artiste français contemporain Lazoo, a trouvé place rue Haute. Une deuxième oeuvre est en cours de finalisation rue Baron Horta et à partir de mi-juin, 11 fresques réalisées par des street artists seront ainsi disséminées dans Bruxelles en hommage à Brueghel. C'est là une arme de communication pour sensibiliser un public plus jeune à aller voir les vraies oeuvres au musée.

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Des couleurs dans la ville

Plus commercial maintenant : on peut voir une initiative fleurir sur les murs de Bruxelles, Liège, Gand et Anvers. Il s'agit de la marque de soins Axe, très prisée par les jeunes, qui a choisi le street art comme arme marketing pour promouvoir sa nouvelle gamme Axe Fresh Forest & Graffiti.

Des street artists ont ainsi réalisé des oeuvres très colorées où le produit est clairement mis en évidence, entre le panneau publicitaire et le graff urbain. Le but est de surprendre avec ces couleurs inattendues dans le quotidien généralement gris. La liste des rendez-vous peut être consultée sur le site de la marque.


Pourquoi cette vogue du street art dans la pub ?

D'autres marques ont déjà utilisé les codes du street art à des fins commerciales. Cela leur permet de séduire un public plus jeune, plus sensible à l'impertinence des fresques urbaines. Depuis le début des années 2000, ce mouvement artistique est en pleine expansion. Il s'invite même dans les salles de vente, comme le prouvent les péripéties autour de Banksy.

Les marques ont surfé sur la vague, d'abord aux Etats-Unis, puis en Europe et en Belgique. BMW a mené par exemple une action originale l'an dernier : un parcours de street art dans les rues de Belgique, pour tester le nouveau modèle X2 de façon plus amusante.

Cela permet donc de toucher un public plus jeune, plus fun, plus 'arty', et de renouveler son audience.


Quand le mariage coince...

Pour son nouveau modèle G500, Mercedes a publié sur son compte instagram des photos prises dans les rues de Detroit, où l'on voit les fresques monumentales de 4 artistes renommés. Malheureusement aucune autorisation ne leur avait été demandée, au prétexte que ces oeuvres étaient sur la voie publique. Mercedes a dû retirer ces photos mais porte aujourd'hui plainte, en laissant entendre que ces artistes exercent une forme de racket.

C'est à la justice de trancher. Comme quoi le mariage de la pub et du street art peut être parfois explosif au sens premier du terme !

Ecoutez la chronique Décodeurs de Frédéric Brébant ici