Quand la mer se retire

Quand la mer se retire
Quand la mer se retire - © Margot Videcoq

"Tout commence par un petit détail. Insignifiant. Il pourrait l'être et puis il ne l'est pas. Ce détail envahit l'espace et puis soudainement, il brise le cours du temps, il le ralentit, l'accélère, le dilate, le tord. Tout est brumeux."

Quand la mer se retire est le portrait sensible, intime et coloré d’Aurélie. À la veille de ses 34 ans, Aurélie apprend qu’elle est gravement malade.

Un an après l’annonce de cette maladie, une autre histoire d’Aurélie commence. Une histoire vivante, une histoire animée, pleine d'humour et de joie, autour des moyens qui mènent à la résilience lorsque le fil vient à lâcher.
Un récit sonore sur la catastrophe, sur la maladie, sur la vie, sur la mort et sur ce qu’il y a entre.

Depuis l’autre côté du miroir, Aurélie s’est vue, à la fois très proche et à la fois très éloignée d’elle-même, comme si elle regardait une autre femme, vivre ce qu’elle traversait. À l’aide d’un micro, elle se met à distance, elle tente de faire d’elle même un objet curieux, un objet d’étude. Elle se dédouble alors pour mieux se protéger et finit par se rencontrer.


Extraits

Aurélie :
"Tu entends ce qu'on te dit, mais ça ne veut pas dire que tu comprends. Et donc, je me disais : ce que tu vis, toi, c'est une catastrophe intime dans un contexte un peu catastrophique. C'est un peu comme si ce qu'on avait fait subir à la planète se retournait un peu contre nous."
 

Pierre, le compagnon d'Aurélie : 
"J'ai eu l'impression de tomber. J'ai vraiment eu une impression de chute. C'est un peu comme quand on est pris dans des lames de fond à la mer. On est pris dans une lame de fond, on remonte à la surface et paf, il y a un nouveau rouleau qui nous tombe sur la gueule. Et là, à chaque nouveau mot de l'oncologue, ça me faisait un peu ça..."


Aurélie :
"Quand la mer se retire, elle découvre plein de choses qui étaient sous l'eau. C'est comme si justement sa respiration était plus longue."

"Tout le monde me disait : mais tu vas y arriver, tu es une battante, tu vas t'en sortir. Et je me disais : quoi, et si je ne suis pas une battante ? Ça veut dire quoi être une battante ? Ça veut dire qu'il y a des gens qui ne le sont pas et qui restent sur le bord de la route ou qui crèvent ? On est programmé pour avancer, on avance." 
 

Pierre, le compagnon d'Aurélie : 
"Ma position à moi, c'était de servir de barrière pour résister à tout et pour ne pas la laisser glisser."


Aurélie :
"Il est une infamie et toujours le malade est coupable. Coupable de subir un sort. Coupable d'avoir stressé, mal mangé, trop bu, trop fumé, pas eu d'enfant assez tôt. Coupable aussi de faire souffrir ses proches. Coupable d'avoir laissé s'installer une maladie insidieuse, qui désormais sera partie de sa vie, de ma vie, de celle des amis, des amoureux, des êtres aimés."

"Quand j'ai appris que j'étais malade, j'étais en colère, mais j'avais besoin de donner un sens à ça. Je ne voulais pas ce soit plaintif, intrusif, déplacé. J'avais envie de passer le message de cette épreuve-là. "

"C'est un endroit où tu vas expérimenter ce que c'est que la vie. J'ai eu la sensation de me pardonner, d'être hyper indulgente avec moi comme je ne l'ai jamais été avant. Quand tu vis un truc comme ça, il faut juste être là en fait. Et juste être là, c'est déjà énorme."

 

Ecoutez cette réalisation d'Ecaterina Vidick et Aurélie Boudet

Concept et réalisation : Ecaterina Vidick et Aurélie Boudet
Prise de son, montage : Ecaterina Vidick et Aurélie Boudet
Musique originale : Christophe Micusnule
Mise en onde et mixage : Jeanne Debarsy
Production Babelfish asbl
Avec le soutien de l'acsr et du FACR de la FWB

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