Quand Google se lance dans la charité

Google a récemment lancé un concours pour développer des intelligences artificielles "bénéfiques à l'humanité". Damien Van Achter, fondateur du lab.davanac et professeur invité à l’IHECS a analysé les dessous de cette initiative, derrière le côté louable, quels sont les intérêts de Google ?  

Le Global Impact Challenge a été lancé la semaine dernière par  Google.org, le bras oeuvre de charité de Alphabet, la maison-mère de Google.  Un concours pour développer des intelligences artificielles "bénéfiques à l'humanité". Un concours avec 25 millions d'euros à la clé à se répartir parmi les vainqueurs. 

L'intelligence artificielle au service du bien commun

Avec ce concours Google souhaite voir des solutions émerger qui permettraient de résoudre des problèmes graves comme l'aide en cas d'urgence, l'écologie ou encore la lutte contre le trafic sexuel. En effet l'intelligence artificielle (IA) peut également servir par exemple à prévoir les inondations et à identifier les zones forestières particulièrement vulnérables aux incendies de forêt ou même à localiser des baleines !

Comme le précise Yossi Matias, vice-président de l'ingénierie de Google: "Google ne peut pas travailler sur tout" donc Google à travers ce concours délègue à d’autres. Avec ces 25 millions de dollars Google proposera également des ressources en cloud ainsi que la présence d'un expert de l'entreprise qui viendra apporter ses conseils aux équipes.

Google redore le blason de l'intelligence artificielle après quelques déboires

Google fait actuellement face à de virulentes critiques, notamment pour ses projets liés à la surveillance des individus, aux USA ou en Chine. En effet les dirigeants de Google avaient dû renoncer en juillet dernier au projet Maven, un logiciel d'intelligence artificielle développé pour le département de la Défense US, suite aux protestations de ses salariés. Cette affaire avait poussé Sundar Pichai, PDG de Google a publier dans la foulée un guide de bonnes pratiques en matière d'intelligence artificielle

Mais on sait aussi que Google cherche tout de même à vendre une forme dérivée de ce programme, à la Chine. La reconnaissance faciale étant un enjeu crucial aussi bien pour les services militaires que grand public.

 

Altruisme avec une touche d'opportunisme

C'est sans doute pour cela que Google lance aujourd'hui cette "compétition" avec comme mantra "pour le bien de la planète". C'est bien joué d'un point de vue communication vers le public, puisque des universités, des ONG et des structures "non profit" vont sans doute se ruer sur l'occasion pour aller chercher des budgets de développements que les états ne peuvent/ne veulent pas mettre à leur disposition pour tester et expérimenter de nouvelles applications.

On ne sera évidemment pas dupe des enjeux lucratifs, et éthiques de cette initiative. Une méthode qui n'est d'ailleurs pas sans rappeler le même genre de "bourse" ou de "fond" de développement généreusement offert par Google à un secteur qui peine lui aussi à innover à se renouveler, celui de la presse et des médias

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK