Qu'est-ce qui fait un bon livre jeunesse?

Qu'est ce qui fait un bon livre jeunesse ?
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Qu'est ce qui fait un bon livre jeunesse ? - © ATYANA TOMSICKOVA

Les ventes de livres jeunesse ont augmenté en 2016: elles représentent un peu plus de 5% de l'édition belge en langue française, mais atteignent 60% si on y ajoute la bande dessinée!

Qu’attendent les jeunes lecteurs? Quels sont les ingrédients d’un bon livre pour la jeunesse? Comment travaillent les créateurs et les éditeurs? Y a-t-il de la place pour tout le monde dans ce domaine? 

Les Carnets francophones vous proposent quelques éléments de réponse avec 'La littérature jeunesse expliquée aux parents', un reportage de Christine Siméone pour Interceptions, France Inter.

Pour Loris, 8 ans, un livre réussi "c'est un livre qui plaît aux enfants,
qui les intéresse, avec des images jolies, du texte assez doux, qui ne fait pas trop peur.
Un texte rigolo, des blagues, des jeux de mots.
Des fois il y a des livres qui se finissent mal, mais ils sont quand même bien".

Pour les ados, "il faut beaucoup de couleurs,
que les dessins soient précis, que le titre corresponde à l'histoire,
que les personnages soient attachants, qu'il y ait de l'humour",
nous dit Chloé.

Victoria aime bien ce qui est très fantastique.
"Le réel est bien aussi, mais la vie réelle, on la voit tous les jours,
donc autant quand on lit, voir quelque chose de différent."

Thierry, 7 ans : "Dans ce livre, il y a des rimes comme dans une poésie,
on peut mettre du rythme, chanter. 
Et ce qui me plaît aussi, ce sont les illustrations qui sont très belles, comme la coccinelle".

 

Dans le monde foisonnant et éclectique de la littérature jeunesse, on trouve des auteurs un peu perdus dans la jungle économique de l'édition, des parents qui ont besoin d'être guidés et des professionnels qui essaient de sensibiliser à la lecture et de faire reconnaître tous les talents.

En France, le secteur se porte économiquement plutôt bien, avec un chiffre d’affaires de 364 millions en 2016. Mais si le marché semble toujours porteur, les chiffres recouvrent une situation pour le moins hétérogène.

Les 120 éditeurs français spécialisés ont publié quelque 16 500 ouvrages en 2016, 10 fois plus qu’il y a 50 ans. En revanche, chaque ouvrage s’est vendu en moyenne à 5300 exemplaires seulement, contre 6100 en 2010. Et il faut savoir que les auteurs jeunesse gagnent 6% sur le prix de vente d'un livre, 3% quand ils sont 2 coauteurs sur un même titre.

Cette érosion met en difficulté les auteurs et les éditeurs les moins connus. 1400 auteurs et illustrateurs ont créé 'La charte de la littérature jeunesse', un mouvement qui réclame une "juste rémunération" pour des artistes qui sont souvent obligés d’avoir une autre activité pour survivre. Ils ont entre autres lancé une web-série qui décrit avec humour le contraire de la réalité, c'est-à-dire des difficultés qu'ils rencontrent.

La création est trop abondante et forcément, il y a des livres qu'on ne peut pas lire, qu'on laisse passer. Il y a aujourd'hui un vrai questionnement sur ce mauvais équilibre entre le nombre de livres qui paraissent et la possibilité qu'ils trouvent leurs lecteurs.

Apprendre aux parents à lire avec leurs enfants

Le Centre socioculturel Georges Brassens à Bondy organise des ateliers pour les parents, pour les habituer à la lecture avec leurs enfants. La pratique de la lecture aux enfants par leurs parents est restée stable en 20 ans. Plus de 6 parents sur 10 déclarent proposer des livres à leurs enfants, qu'ils ont aimé à leur âge. Il y a 20 ans, ils n'étaient que 4 ou 5 sur 10.

Ces ateliers visent aussi à apprendre aux enfants à aimer lire, à passer moins de temps devant la télé ou les écrans divers. L'objectif est de garder le livre au sein de la famille au quotidien et de casser de la barrière de la langue : on peut raconter une histoire sans texte avec les mots de l'autre langue. Pour Samira, c'est une chance offerte aux enfants. Elle-même y prend plaisir, elle rattrape le temps perdu. Elle apprend de nouveaux mots. Elle sort de la routine et prend le temps d'écouter ses enfants.

La lecture n'a pas dit son dernier mot. Elle reste l'outil privilégié pour nourrir l'imaginaire des enfants.

 

À lire aussi :

Les livres jeunesse incontournables des trente dernières années, un article de France Inter

Ecoutez ici les témoignages des auteurs, des éditeurs, des bibliothécaires...

Plus d'infos :

Le site Littérature jeunesse de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Le prix Littérature jeunesse Bernard Versele de la Ligue des Familles

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