Prix Prem1ère 2017 : découvrez les dix premiers romans francophones sélectionnés !

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Le Prix Prem1ère sera choisi par un jury d’auditeurs parmi une sélection de 10 premiers romans francophones, publiés entre les rentrées littéraires de août/septembre 2016 et janvier/février 2017...

Découvrez ci-dessous les dix premiers romans sélectionnés...

Négar DJAVADI : Désorientale (Liana Levi)

La nuit, Kimiâ mixe du rock alternatif dans des concerts. Le jour, elle suit un protocole d'insémination artificielle pour avoir un enfant avec son amie Anna.

Née à Téhéran en 1971, exilée en France dix ans plus tard, elle a toujours tenu à distance sa culture d'origine pour vivre libre. Mais dans la salle d'attente de l'unité de PMA de l'hôpital Cochin, d'un rendez-vous médical à l'autre, les djinns échappés du passé la rattrapent. Au fil de souvenirs entremêlés, dans une longue apostrophe au lecteur, elle déroule toute l'histoire de la famille Sadr. De ses pétulants ancêtres originaires du nord de la Perse jusqu'à ses parents, Darius et Sara, éternels opposants au régime en place ; celui du Shah jusqu'en 1979, puis celui de Khomeiny. Ce dernier épisode va les obliger à quitter définitivement l'Iran. La France vécue en exilés n'a rien à voir avec le pays mythifié par la bourgeoisie iranienne…

Alors, jouant du flash-back ou du travelling avant, Kimîa convoque trois générations et une déesse du rock and roll au chevet de sa " désorientalisation ". On y croise, entre autres, Siouxie, Woody Allen, Michel Foucault, des punks bruxellois et des persans aux yeux bleus, six oncles et un harem. Une fresque flamboyante sur la mémoire et l’identité, un grand roman sur l’Iran et la France d’aujourd’hui.

 

Présentation dans Entrez sans frapper le lundi 20 février vers 10h50

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Jean-Marc CECI : Monsieur Origami (Gallimard)

À l’âge de vingt ans, le jeune Kurogiku tombe amoureux d’une femme qu’il n’a fait qu’entrevoir et quitte le Japon pour la retrouver. Arrivé en Toscane, il s’installe dans une ruine isolée où il mènera quarante ans durant une vie d’ermite, adonné à l’art du washi, papier artisanal japonais, dans lequel il plie des origamis. Un jour, Casparo, un jeune horloger, arrive chez Kurogiku, devenu Monsieur Origami. Il a le projet de fabriquer une montre complexe avec toutes les mesures du temps disponibles. Son arrivée bouscule l’apparente tranquillité de Monsieur Origami et le confronte à son passé. Les deux hommes sortiront transformés de cette rencontre.

Ce roman, d’un dépouillement extrême, allie profondeur et légèreté, philosophie et silence. Il fait voir ce qui n’est pas montré, entendre ce qui n’est pas prononcé. D’une précision documentaire parfaite, il a l’intensité d’un conte, la beauté d’un origami.

 

Présentation dans Entrez sans frapper le mardi 21 février vers 10h50

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Gaël FAYE : Petit Pays (Grasset)

En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce " petit pays " d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…


" J’ai écrit ce roman pour faire surgir un monde oublié, pour dire nos instants joyeux, discrets comme des filles de bonnes familles: le parfum de citronnelle dans les rues, les promenades le soir le long des bougainvilliers, les siestes l’après-midi derrière les moustiquaires trouées, les conversations futiles, assis sur un casier de bières, les termites les jours d’orages... J’ai écrit ce roman pour crier à l’univers que nous avons existé, avec nos vies simples, notre train-train, notre ennui, que nous avions des bonheurs qui ne cherchaient qu’à le rester avant d'être expédiés aux quatre coins du monde et de devenir une bande d’exilés, de réfugiés, d’immigrés, de migrants. "


Avec un rare sens du romanesque, Gaël Faye évoque les tourments et les interrogations d’un enfant pris dans une Histoire qui le fait grandir plus vite que prévu. Nourri d’un drame que l’auteur connaît bien, un premier roman d’une ampleur exceptionnelle, parcouru d’ombres et de lumière, de tragique et d’humour, de personnages qui tentent de survivre à la tragédie.

 

Présentation dans Entrez sans frapper le mercredi 22 février vers 10h50

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Florent OISEAU : Je vais m’y mettre (Allary Éditions)

Fred, la petite quarantaine, surfe sur l’écume des jours. Après des années à enchaîner jobs alimentaires et périodes de chômage, il a renoncé à faire carrière. Il passe désormais ses journées à dormir, manger des Knacki devant les émissions de Sophie Davant et boire des demis au bistrot du coin en attendant l’amour.

Jusqu’au moment où il découvre qu’il arrive en fin de droits, et que ses maigres allocations disparaîtront bientôt. Il n’a plus le choix : il doit s’y mettre. Un emploi salarié ? Il n’en trouvera pas. Mais des ennuis, oui. Fred, par paresse ou naïveté, a une fâcheuse tendance à se laisser glisser dans les embrouilles…

De Paris à Malaga, Je vais m’y mettre nous embarque pour une série d’aventures drolatiques en compagnie d’un personnage aussi attachant que désabusé. Une comédie d’aujourd’hui où, derrière les éclats de rire, se dessine le devenir de la génération précaire.

 

Présentation dans Entrez sans frapper le jeudi 23 février vers 10h50

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Olivia RESENTERRA : Le Garçon : scènes de la vie provinciale (Serge Safran Éditeur)

Dans un village de province, une femme âgée et sa fille vivent sous le même toit. Leurs journées sont rythmées par les commérages, les remontrances réciproques et les rendez-vous chez le médecin. Un jour de visite en ville, leur quotidien prend un relief inattendu. Sur le stand de tir d’une fête foraine, les deux femmes croisent le chemin d'un jeune garçon. La mère adopte alors un comportement étrange, veillant jalousement sur ce nouvel ami.

Mise à l'écart, la fille tente de découvrir l'identité de ce mystérieux garçon en interrogeant le voisinage. Son enquête la mène à un campement gitan installé à l'entrée du village.

Dans ce premier roman, Olivia Resenterra nous entraîne dans une analyse sans complaisance des rapports mère-fille. Elle nous montre comment une rencontre anodine peut libérer des désirs et frustrations étouffés par une relation trop fusionnelle.

 

Présentation dans Entrez sans frapper le vendredi 24 février vers 10h50

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Elodie LLORCA : La Correction (Editions Rivages)

Une seule lettre change et tout est déréglé. Le narrateur va l’apprendre à ses dépens lorsqu’après avoir travaillé quelque temps dans une papeterie, il décide de devenir correcteur professionnel. Il y est d’autant plus résolu que sa mère a toujours cru qu’il était prédestiné à ce métier. Il est embauché à ce poste dans la Revue du Tellière, dirigée par Reine, une femme autoritaire et dominatrice qui va bientôt exercer sur lui son emprise. Reine le fascine autant qu’elle l’intimide. L’aventure se complique lorsqu’il constate que des coquilles sont systématiquement ajoutées après coup sur son jeu de copies. Il soupçonne bientôt Reine de les glisser là délibérément afin de le prendre en faute. Mais bientôt des coquilles d’une toute autre nature vont faire leur apparition…

Dans ce premier roman au style incisif, Elodie Llorca nous livre une fable savoureuse sur les pièges de l’inconscient et les sortilèges du langage.

Auteure de plusieurs pièces de théâtre, dans lesquelles elle a joué, Elodie Llorca est aujourd'hui scénariste. La Correction est son premier roman.

 

Présentation dans Entrez sans frapper le lundi 27 février vers 10h50

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Néhémy PIERRE-DAHOMEY : Rapatriés (Seuil)

Belliqueuse Loussaint, jeune haïtienne au caractère intrépide, tente, avec d’autres, une traversée clandestine de la mer des caraïbes pour rejoindre les États-Unis. Le voyage échoue. Elle y laisse un enfant. De retour sur le sol natal, elle est forcée de s’installer sur une terre désolée, réservée par l’état aux clandestins infortunés. On a baptisé l’endroit Rapatriés. Les conditions de vie dans ce lotissement de boat people contraignent Belli à un choix déchirant : elle fait adopter ses deux filles, Bélial et Luciole. Bélial vivra en France sous la tutelle de Pauline, une employée d’ONG qui voit en l’enfant une nouvelle raison de vivre ; quant à Luciole, elle disparaît dans les vastes confins de l’Amérique du Nord. Devenues adultes, les deux femmes reviendront en Haïti, mais entre-temps, un séisme aura tout bouleversé, et quand viendra le moment des retrouvailles, un ultime exil aura marqué leur mère.

 

Néhémy Pierre-Dahomey est né à Port-au-Prince en 1986. Installé à Paris depuis quatre ans, il poursuit des études de philosophie. Rapatriés est son premier roman.

 

Présentation dans Entrez sans frapper le mardi 28 février vers 10h50

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Oscar LALO : Les contes défaits (Belfond)

Peau d’âme, noire neige, le petit poussé… Il était zéro fois… c’est ainsi que commencent Les contes défaits.

Un enfant – des enfants sont emmenés dans un train. Une main les a lâchés sur un quai de gare. Sans savoir, sans pouvoir voir
l’impensable, leurs parents les envoient vers ce camp de vacances rythmé par un irréel quotidien, fait d’ordres absurdes et de caresses violentes.


L’histoire est celle de cet enfant et de l’adulte qu’il ne pourra pas devenir, à moins d’être en capacité de rouvrir l’enquête. Longtemps après les faits. Comme une vieille plaie. Intime. Inconcevable.

" Je suis sans fondations. Ils m’ont bâti sur du néant. Je suis un locataire du vide, insondable et sans nom, qui m’empêche de mettre le mien. J’endosse à l’envi n’importe quelle identité. La mienne, je l’ignore. Je ne la sais ni ne la veux. "


La page reste blanche car tout ce qui s’y inscrit s’évapore. C’est pourquoi le narrateur de cette histoire a pris la plume. Sans rien dire jamais de ce qui ne se montre pas, loin de la honte et de la négation, Oscar Lalo convoque avec ses propres mots, pourtant universels, la langue sublime du silence et écrit l’indicible de façon magistrale dans ce premier roman.

" Un écrit bouleversant qui traverse, conjure le silence assourdissant d'un petit garçon, resté si longtemps à l'extérieur de la Vie ! " - Fafanouche24 sur Babelio " La parole libérée, l'homme paraît et un grand auteur pousse son premier écrit. " - Astrid Shriqui
Garain sur Babelio.

 

Oscar Lalo a passé sa vie à écrire : des plaidoiries, des cours de droit, des chansons, des scenarii. Quand est venu le moment d'écrire Les Contes défaits, il n'y avait plus de mots disponibles. Alors il les a inventés, et il est devenu écrivain.

 

Présentation dans Entrez sans frapper le mercredi 1er mars vers 10h50

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Marie BARTHELET : Celui-là est mon frère (Éditions Buchet-Chastel)

" En te voyant, j’ai pensé que tu étais revenu pour moi, puis que tu avais vieilli. Je me trompais. Déjà tu souhaitais repartir. Et ce n’était pas tant que tu avais vieilli, tu étais transformé – défiguré, allais-je dire, par la brûlure d’une foi neuve. J’ai aussi cru que je délirais, que mon souper passait mal ou que j’avais trop bu. Mais ton nom susurré par tous ceux qui étaient présents a craquelé le silence. J’ai compris que je n’étais pas le seul à te voir. Que c’était vrai. Que c’était toi. "

Un jeune chef d’état, porté au pouvoir par voie de succession, reçoit la visite de son frère tant aimé, disparu dix ans plus tôt après avoir assassiné un policier. La brève joie des retrouvailles cède aussitôt la place à l’amertume et à l’indignation : celui qui est revenu a changé. Désormais, il est l’Ennemi, l’homme qui excite les opposants au régime et organise sa chute. A cause de lui, le pays va s’embourber dans une crise sans précédent.

 

Celui-là est mon frère est un conte. Dans une ville imaginaire où se côtoient monuments du passé et vie contemporaine, le temps ne s’écoule pas. Jusqu’à l’hallali final, c’est la voix du frère régnant que l’on entend – voix émouvante qui déroule le récit envoûtant d’une affection mortelle.

 

Marie Barthelet a vingt-sept ans et vit à Pouilly-sur-Loire. Elle est animatrice du patrimoine et responsable du musée de la Charité-sur-Loire. Celui-là est mon frère est son premier roman. Elle a écrit une nouvelle "Tombeau pour Catherine " parue dans le recueil " Et couvertes de satin et autres nouvelles " PJE 2015.

 

Présentation dans Entrez sans frapper le jeudi 2 mars vers 10h50

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Laurent-David SAMAMA : Kurt (Plon)

1994. Kurt Cobain, le leader iconique de Nirvana, veut en finir, rejoindre le déjà mythique Club des 27, et se détruit chaque jour un peu plus. Il a essayé, en vain, de voir des psys, mais il le sait : aucune thérapie ne pourra le sauver. Dans ces années 90 qui voient l’explosion de la vidéo et où la télé fait les stars, Cobain, qui a compris la puissance de l’image et se rêve en artiste complet, décide de confier sa détresse, sa solitude et son besoin de parler à un caméscope. De son mépris pour la chaîne " eMptyTV " à sa fascination pour l’immaculé, de sa lucidité sans faille sur la réalité américaine à sa nostalgie de l’innocence, des prémices du grunge au triomphe de Nevermind qui propulse Cobain et ses acolytes loin de la misère, de son addiction à l’héroïne à sa passion pour Courtney Love, Kurt livre tout, juste avant sa mort, à son caméscope. De flambées proches du délire en incursions apaisées dans ses moments les plus tendres, l'icône grunge se découvre sous un jour inédit.

 

Enfant des années 1990, Laurent-David Samama est journaliste (Les Inrocks, L’Optimum, La Règle du jeu). Kurt est son premier roman.

 

Présentation dans Entrez sans frapper le vendredi 3 mars vers 10h50

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