Première ligne & Objet filmique

Première ligne & Objet filmique
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Première ligne & Objet filmique - © Libre de droits

Ce samedi 25 avril 2020 Fabienne Vande Meerssche (@fvandemeerssche) reçoit dans LES ECLAIREURS :  Bénédicte Rochet, Chercheure en Histoire du cinéma et chargée de cours à l'UNamur au département Histoire (époque contemporaine) et dans le Master de spécialisation en Pensées et cultures cinématographiques & Romy Van Noppen, Infirmière de formation, Doctorante à l’Institut de Recherche Santé et Société (IRSS) de l’UCLouvain, Maitre Assistante dans le département paramédical et social de l’Hénallux et Assistante de recherche dans le cadre du projet Be.Hive au Centre FoRS de l’Henallux.

 

DIFFUSION: samedi 25 avril 2020 à 13h10’

REDIFFUSION : dimanche 26 avril 2020 à 23h10’

Bénédicte Rochet

Bénédicte Rochet est chercheuse en Histoire du cinéma et chargée de cours au département Histoire pour l’époque contemporaine et dans le master de spécialisation Pensées et cultures cinématographiques de l'Université de Namur. Elle a également été chargée de cours à l’Université Sorbonne Nouvelle Paris 3 en Histoire du cinéma muet entre 2014 et 2016.

 

Ses recherches se focalisent sur les deux guerres mondiales et sur l’histoire du visuel au XXe siècle, en particulier l’histoire du cinéma, les rapports entre images filmées, propagande et mémoire.

Depuis une dizaine d’années, et un premier projet pilote aux AGR-CEGESOMA (Centre d’Etude Guerre et Société) en partenariat avec la Cinémathèque Royale de Belgique sur La presse filmée en Belgique de 1944 à 1946, elle mène un projet scientifique global qui s’inscrit dans le champ de l’Histoire du cinéma au XXe siècle avec une focalisation sur les périodes conflictuelles et les rapports entre images filmées, propagande et société. Plus largement, ce projet s’insère dans une réflexion, épistémologique et méthodologique, sur le statut de la source cinématographique, sur ses apports et ses valeurs documentaires.

Ces interrogations ont été particulièrement approfondies dans sa thèse de doctorat Des actualités filmées au service de l’histoire. La propagande audiovisuelle d’un gouvernement belge en état de siège (1940-1945). Cette thèse a permis de comprendre les structures et les moyens financiers et techniques mis en place par le gouvernement belge pour pourvoir une politique d’information et de propagande cinématographique qui doit légitimer son existence, son autorité et son action. L’étude a mis en lumière les interactions et les tensions entre réalisateurs, sociétés commerciales, associations corporatives du cinéma et institutions politico-militaires, tant belges qu’alliées.

Cette recherche doctorale, élaborée sur la base d’un large corpus filmique conservé à la Cinémathèque Royale, à la Cinémathèque de la FWB et à la Défense, a nécessité de développer une méthodologie propre à l’analyse et à l’interprétation des sources filmiques. Cette méthode permet de suivre finement les différentes étapes de construction du document depuis sa création jusqu’à sa réception. Elle se base sur l’idée principale que l’objet filmique est le résultat d’une superposition de sédiments sémantiques qui, au final, se confondent et donnent sens au document filmique, à l’événement filmé et à sa portée dans la société qui l’a vu naître. Ces protocoles méthodologiques, qui allient sources audiovisuelles et sources non-filmiques, permettent de comprendre le fait cinématographique dans son ensemble et de contribuer à l’écriture de l’histoire du cinéma, de la presse filmée et des institutions impliquées dans les politiques d’information, de propagande et du cinéma belge entre 1940 et 1945.

Cette thèse sera prochainement publiée, avec un DVD, sous le titre L’écran contre-attaque. Actualités filmées belges de la 2e Guerre mondiale aux PUN en partenariat avec la Cinémathèque Royale et la Cinémathèque de la Fédération Wallonie Bruxelles.

Si la Seconde Guerre mondiale reste le cadre temporel privilégié de ses recherches, le cinéma de la Première Guerre mondiale et, plus spécifiquement, le cinéma des armées belges constitue une autre de ses problématiques. Il s’agit de mettre en évidence les transferts d’expériences d’une guerre à l’autre et les particularités propres à ces images filmées du premier conflit et à ces pratiques cinématographiques étatiques en temps de guerre. Enfin, la période de l’après-guerre et notamment, les procès de répression 1945-1949 ont également été explorés par la chercheuse. Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, la caméra s’immisce dans l’antre des Palais de Justice. Dorénavant, la caméra témoigne et l’image filmée devient preuve. Elle acquiert un statut de ‘vérité’ en tant que pièce à conviction d’une réalité incontestable pour les juges de l’époque, à charge contre les atrocités nazies.  Ces procès de répression sont également filmés pour les actualités filmées et pour un documentaire Breendonk de Marcel Roothooft (1947). Quel est le statut, quels sont les usages et les effets de ces images d’archives ? Quel dispositif fictionnel est mis en place dans le documentaire quand les images d’archives sont inexistantes ? Autant de questions qui permettent d’appréhender la place des images d’archives dans les récits cinématographiques.

Ses recherches s’inscrivent pleinement dans le centre de recherche HiSI (Histoire, son et images) intégré dans l’Institut PaTHs ( Patrimoine, Transmission, Héritage) de l’UNamur, dont l’objectif central réside dans l’utilisation et la valorisation des documents audio et/ou visuels en tant que sources historiques à part entière, sources qui s’avèrent incontournables pour l’écriture du long XXe siècle.

Bénédicite Rochet vient de publier avec Chantal Kesteloot, Bruxelles Ville libérée, 1944-1945 à la Renaissance du livre, qui propose une histoire photographique de Bruxelles en 1944-1945.

 

Pour en savoir davantage cliquez ici.

 

Bénédicte Rochet a notamment co-dirigé, avec Axel Tixhon, La petite Belgique dans la Grande Guerre. Une icône, des images (PUN 2012) ; avec Anne Roekens, Quand l’image (dé)mobilise. Iconographie et mouvements sociaux au XXe siècle (PUN 2016).

Elle prépare actuellement la publication des actes du colloque international sur ‘La naissance des cinémas militaires 1914-1939.’ en partenariat avec la Cinémathèque Royale de Belgique, la Mission Centenaire 14-18 France, l’Université d’Amiens et l’ECPAD-France (Établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense).

 

Notons aussi le double DVD-livret La Grande Guerre en images (CINEMATEK 2014) ; le webdocumentaire Les Batailles de la Meuse ; le projet européen Route de la Libération.

 

Bénédicte Rochet a participé comme conseillère historique et documentariste à la réalisation de plusieurs documentaires, notamment ‘Scotland Remembers. A drumhead commemoration (réal. A. Twaddle, BBC, Grande-Bretagne, 2014).

Enfin, elle a œuvré au montage d’expositions grand public. La dernière en date était : Albert et Elisabeth, le film de la vie d’un couple royal (Palais Royal de Bruxelles, 2014).

Romy Van Noppen

Romy Van Noppen est Doctorante à l’Institut de Recherche Santé et Société (IRSS) de l’UCLouvain et Maitre Assistante dans le département paramédical et social de la Haute école de Namur-Liège-Luxembourg (Hénallux). Elle collabore également en tant qu’Assistante de recherche au projet Be.Hive dans le Centre FoRSde l’Henallux.

Romy Van Noppen est titulaire d’un Bachelier en Soins Infirmiers à l’Henallux et d’un Master en Sciences de la Santé Publique à l’UCLouvain. Elle a également réalisé une spécialisation en Santé Communautaire à l’ISEI (Haute école Léonard de Vinci) et a obtenu un Certificat interuniversitaire de Simulation en Santé à l’ULiège

Avant de s’engager dans une recherche doctorale à l’UClouvain, Romy Van Noppen a travaillé comme infirmière à la Maison Provinciale du Mieux-Etre de Florennes (Province de Namur) et comme infirmière en Santé communautaire au Relais Santé à Namur. C’est sa formation progressive en Santé communautaire et en Santé publique ainsi que sa participation au projet de recherche Be.Hive qui l’ont fait amenée à rejoindre le monde de la recherche académique. 

 Le Projet Be.Hive est un projet  de recherche soutenu par le Fonds Dr. Daniël De Coninck géré par la Fondation Roi Baudoin. Il est financé à hauteur de 2,5 millions d’euros. Il a débuté le 1er janvier 2019 et s’achèvera le 1er janvier 2024. S’inscrivant dans une approche interdisciplinaire, il rassemble des chercheurs issus de 3 universités (UCLouvainULB et ULiège), des enseignants de 3 hautes écoles (Hénallux, HELB et HE Leonard de Vinci)ainsi que des acteurs de terrain ( des représentants des usagers de soins de santé, desprofessionnels, des managers, des politiques…).

Ce projet a pour objectif de contribuer, en Belgique francophone, au développement et renforcement d’une première ligne d’aide et de soins (que constituent les médecins généralistes, les infirmiers à domicile, les sages-femmes, les assistants sociaux, les aides-soignantes, les aides familiales…). En effet, à ce jour, le modèle reste dominé par l’hospitalier et le curatif. Pourtant, beaucoup d’hospitalisations seraient évitées si la 1ère ligne recevait davantage de moyens. 

Dans une logique d’intelligence collective, la Chaire de recherche Be.Hive (" La Ruche") veut insuffler une dynamique participative auprès de l’ensemble des acteurs impliqués dans cette problématique. Ses activités se déclinent autour de quatre axes centraux : 

1. Soutenir la création d’une vision commune d’une première ligne forte en Belgique francophone, ancrée localement ;

2. Collaborer avec les personnes pour ce qui est de leur santé, dans leurs lieux de vie ;

3. Renforcer la qualité des soins pour les personnes vivant avec des besoins en soins complexes ;

4. Renforcer les capacités des professionnels de la première ligne actuels et futurs.

Ces 4 axes se superposent fréquemment, en particulier lorsqu’il s’agit de penser la prise en charge des personnes vivant des situations complexes ; liées notamment à une précarité financière, relationnelle, sociale ou encore à des problèmes de santé mentale.

Au Centre FoRS de l’Henallux, Romy Van Noppen s’investit en sa qualité de chercheure et d’infirmière dans des groupes de travail qui se focalisent en particulier sur l’axe 2 et 3 de cette recherche. 

Sur le plan méthodologique, le projet Be.Hive a débuté par une enquête par questionnaires à large échelle en Belgique francophone. Cette enquête a permis la réalisation d’un inventaire large de la perception de la première ligne de soins en FWB, parmi ses acteurs-clés (professionnels, patients, représentants d’associations, aidants proches, …). 

 

Cet inventaire a abouti à un premier texte de référence, un Livre blanc, rédigé avec ces mêmes acteurs-clés, sur base d'une démarche participative. Ce texte comprend non seulement les caractéristiques essentielles d’une première ligne forte, mais aussi les pistes pour y parvenir. Ce texte servira donc de boussole pour orienter les priorités d’agenda de recherche et d’enseignement de Be.Hive pour les 4 prochaines années.

 

Consultez ici le Livre Blanc du projet Be.Hive. 

 

Par ailleurs, la recherche se poursuivra, notamment par les questions de recherche respectives à chaque chercheur et doctorant.Ces derniers, invités à travailler en étroite collaboration, partageront de façon régulière leurs résultats de recherche à la Chaire, mais aussi au grand public par des publications, en participant à des colloques et conférences. 

Dans le cadre de cette collaboration, les Hautes Ecoles - et donc notamment l’Hénallux - représentent l’avantage de se situer à mi-chemin entre le monde académique et les réalitésvécues sur le terrain. Elles sont un lieu de recherche constant à travers les enseignements transmis aux étudiants. Elles sont aussi des porte-paroles du terrain via les supervisions de stage. En outre, elles représentent la formation de base préparant les futurs professionnels dela première ligne à répondre aux défis en santé de demain. Elles constituent donc une pierre angulaire dans la chaire Be.Hive.

 

Pour en savoir plus sur le projet Be.Hive consultez l’article qui lui est consacré sur le site de la Fondation Roi Baudouin

Consultez aussi l’article " Be.Hive : la nouvelle chaire interuniversitaire en soins de 1èreligne " de MEDI-SPHERE. 

 

 

 

 

 

 

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