Pourquoi les théories du complots cartonnent-elles ?

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Que ce soit après les attentats de Charlie Hebdo, de Paris en novembre 2015 ou de Bruxelles dernièrement, les théories du complots fleurissent régulièrement.

Si les mythes conspirationnistes ont toujours existé (procès des Templiers, chasse aux sorcières...), Internet leur donne une caisse de résonance nouvelle, que tout le monde ne sait pas déchiffrer.
Questions-Clés reçoit pour en parler

Gérald Bronner, Professeur de Sociologie à l'Université Paris-Diderot et membre de l'Académie des Technologies : " C'est indiscutable. Les théories du complot sont souvent des marchepieds vers la radicalisation de l'esprit, tout simplement parce qu'elles proposent une autre lecture géopolitique et historique du monde. "

Nicolas Vanderbiest, chercheur à l'Université de Louvain, spécialiste de l'analyse des phénomènes d'influence sur Internet.

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"Depuis les années 2000, il y a une réapparition très vive des théories du complot, probablement à cause de la dérégulation du marché de l'information que constitue Internet. Internet permet maintenant de constituer des mille-feuilles argumentatifs très robustes, qui du coup semblent un peu vrais."

 

"Le complot du False Flag a resurgi immédiatement lors des attentats de Bruxelles, des attentats sous faux drapeau où on fait croire que ce sont des attentats islamistes mais en réalité, ce serait le gouvernement belge ou français, et généralement, les Etats-Unis ou Israël ne sont jamais très loin dans ces théories du complot."

 

"Nous n'avons pas encore assez approfondi les zones de porosité, là où se rencontrent les conspirationnistes professionnels, convaincus, et les jeunes esprits qui croient plus que les autres classes d'âge ce qu'ils lisent sur internet."

 

Gérald Bronner

 

"Il y a des études qui prouvent que ceux qui adhèrent à ces théories du complot sont plus intelligents que la moyenne et donc forcément plus critiques, mais ils cherchent plus d'éléments pour confirmer la chose que pour l'infirmer (ex : les experts universitaires...)".

 

Nicolas Vanderbiest

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