Pour être heureux, développons notre vie sociale

Pour être heureux, développons notre vie sociale
Pour être heureux, développons notre vie sociale - © Pixabay

Savez-vous ce qui rend les gens heureux ? La qualité et le nombre de leurs relations donc la qualité de leur vie sociale. Pierre Schepens, psychiatre et directeur de la Clinique de la Forêt de Soignes, nous explique le rôle de notre cerveau social.

Des études ont suivi pendant 80 ans l'évolution du cerveau pour tenter de définir ce qui rend les gens heureux. Résultat : c'est la qualité de nos relations, de notre vie sociale, qui est le plus important pour vivre heureux.

"La bonne santé mentale, c'est l'art de s'entourer de gens qui ne vous rendent pas malade", disait d'ailleurs le psychanalyste John Bowlby.

On se rend compte que les gens qui ont de bonnes relations sociales ont une meilleure qualité de vie. A partir de 50 ans, à l'heure où on commence à faire le bilan, c'est la qualité de la vie sociale qui fait une vie plus pleine et plus réussie, et pas la réussite financière ou matérielle.


Qu'est-ce qui rend l'humain social ?

C'est la cognition sociale qui développe la sociabilité dans le cerveau. On observe que certaines personnes, suite à des lésions neurologiques localisées ou à cause d'une maladie psychiatrique, sont incapables de décoder le sens des mimiques de l'autre, et donc ses émotions.

Face à ces personnes, il est difficile de faire du second degré parce qu'ils ont déjà du mal à repérer le premier degré. Cela peut créer des malentendus, des confusions et un isolement social. 


Le cas particulier de l'autisme

Dans le spectre de l'autisme, on retrouve cette difficulté à décrypter les émotions de l'autre et à entrer en relation sociale. Les personnes qui souffrent de ce trouble doivent étudier mécaniquement les relations sociales pour les décoder, comme l'a expliqué Josef Schovanec, atteint du syndrome Asperger.

"On donne souvent comme exemples d'Asperger célèbres les Glenn Gould ou les grands scientifiques, qui sont dans un autre monde. Tant que les personnes ont su le sublimer et passer le stade d'une éventuelle incompréhension, de l'isolement et de la souffrance, cela peut être une manière différente d'être au monde" explique Pierre Schepens.

Mais dans une société où tout va très vite et où on ne prend pas le temps de décoder, les cas plus sérieux d'autisme se sentent littéralement extra-terrestres parmi les autres, et peuvent vivre dans la souffrance et l'incompréhension. Ce n'est pas facile pour eux de trouver leur place dans la société. 

"La cognition sociale permet d'éviter de faire des mauvaises choses envers ces personnes. On ne sait pas spécialement ce qu'il faut faire mais on sait ce qu'il faut ne certainement pas faire. Crier plus fort parce qu'il ne comprend pas, expliquer, argumenter selon nos modes de fonctionnement, cela ne sert à rien. Il faut trouver le mode de communication."
 

Pierre Schepens nous parle aussi des neurones miroirs, à la base de notre capacité d'empathie et de l'apprentissage par empathie, et du cerveau social des animaux. Ecoutez-le ici.

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