Porter plainte auprès d'un robot, le futur de la police ?

Porter plainte auprès d'un robot, le futur de la police ?
Porter plainte auprès d'un robot, le futur de la police ? - © Tous droits réservés

La police de Los Angeles a embauché un robot en juin dernier. Et elle l’a baptisé… Robocop, évidemment. Robocop patrouille du côté de Salt Lake Park, au sud de la ville. Seulement le robot s'est montré plutôt inefficace, pour ne pas dire inutile, face à des situations d'urgence. Gilles Quoistiaux s'est penché sur l'histoire dans Matin Première et plus largement sur la présence des robots auprès de la police.

 

La chaîne américaine NBC a raconte cette petite anecdote sur ce fameux robot. La semaine dernière, une bagarre a éclaté dans Salt Lake Park. Une femme est témoin de la scène, elle part à la recherche du robot. Elle le trouve, et elle appuie frénétiquement sur le bouton d’urgence. Elle pense que le robot va appeler les secours, mais pas du tout il lui demande d’arrêter ça et de se bouger de son chemin. Finalement le témoin laisse tomber le robot, elle appelle le numéro d’urgence de la police, et des policiers en chair et en os arrivent rapidement sur place.

Robot inutile ?

C’est vrai qu’il n’a pas l’air très dégourdi. On est très loin du film. Rappelez-vous, Robocop au départ c’est un humain, c’est l’agent Murphy qui a failli passer l’arme à gauche et qu’on ressuscite dans un corps de métal. Le Robocop de Los Angeles n’est pas un robot humanoïde. Allez voir sur Internet, vous verrez, il mesure environ 1 mètre de haut, et il ressemble plutôt à un suppositoire sur roulettes. Il a été conçu par la société californienne Knightscope. Sa principale utilité à ce robot, ce sont ses caméras. Elles filment en permanence à 360 degrés. L’objectif est d’améliorer le sentiment de sécurité de la population.

Est-ce que ça fonctionne ?

Selon la police de Los Angeles, c’est un succès. La criminalité aux abords de Salt Lake Park a apparemment diminué. Ses caméras de surveillance ont un effet dissuasif sur les délinquants, ça rassure les familles qui se rendent au parc. Mais voilà, Robocop n’était pas au bon endroit quand la bagarre a éclaté. Et on peut se dire que les petits trafics se sont simplement déplacés hors du champ de vision du robot. En fait, la police n’a utilisé les images de Robocop qu’une seule fois. C’était lors des toutes premières sorties du robot policier. C’était encore un bleu, et il s’est fait harceler et vandaliser par des personnes mal intentionnées. Ce n’était évidemment pas très malin : les auteurs ont vite été reconnus par les caméras de Robocop.

Vers un remplacement progressif des policiers ?

Les vrais policiers ne doivent pas s’en faire. Ils ne seront pas remplacés de sitôt par des armées de robots.

Effectivement, ce n’est pas pour tout de suite. De plus le robot de la société Knightscope coûte 60.000 dollars par an à la ville de Los Angeles. C’est plus ou moins équivalent au salaire d’un policier en Californie.

 

Les robots font pourtant leurs chemins dans nos rues

 

Les premiers robots policiers sont apparus à Dubaï en 2017. Ce sont des robots de type humanoïde, ils ont même un képi. Ils sont très serviables, ils peuvent vous indiquer le chemin vers le centre-ville. Mais ils sont aussi équipés d’un logiciel de reconnaissance faciale, ils en profitent donc pour vous enregistrer et vous localiser. En Belgique, on n’a pas encore de robot policier. Mais la police s’est équipée de caméras intelligentes, qui sont capables de lire les plaques d’immatriculation des véhicules. Ces caméras, elles pourront bientôt nous verbaliser si on passe au rouge ou si on fait demi-tour au mauvais endroit. C’est plus discret qu’un Robocop, mais c’est aussi beaucoup plus pragmatique et sans doute plus efficace.

 

Réécouter cette séquence dans Matin Première !

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