Peut-on parler de l'intime en touchant à l'universel ?

Peut-on parler de l’intime en touchant à l’universel ?
Peut-on parler de l’intime en touchant à l’universel ? - © Tous droits réservés

À Charleroi, le Théâtre de l’Ancre propose en ce début d’année la deuxième édition de son focus autobiographique " Me, Myself & I " qui se déroulera jusqu’au 1er mars prochain. Derrière ce titre énigmatique se cachent 5 spectacles, des récits de vie dans lesquels les artistes parlent d’eux-mêmes, des lectures, des rencontres, des conférences. Jean-Michel Van Den Eeyden, directeur artistique de l’Ancre et Grégory Carnoli, comédien et co-créateur de L.U.C.A. (Last Universal Common Ancestor), étaient les invités de François Heureux dans Jour Première.

 

Le festival

"Me, Myself and I" présente 5 spectacles dont 3 créations originales. Beaucoup d’artistes avaient en effet la volonté de repartir d’eux-mêmes, de leurs questionnements pour faire du théâtre. Ils ont donc amorcé une parenthèse dans leurs parcours pour réaliser quelque chose de très personnel, pour se livrer et se mettre à nu devant le public. Il y a également une recherche au niveau de la forme que prend ce théâtre : au-delà du classique, la performance prend le dessus, les pièces sont hybrides et les formats relativement neufs. Ce désir de focus sur l’autobiographie est la conséquence d’une société très nombriliste, mais c’est aussi et surtout parce que Jean-Michel Van Den Eeyden aime parler de l’humain en touchant à l’universel. C’est d’ailleurs là qu’est la subtilité : il s’agit de trouver l’équilibre entre l’intimité révélée et la nécessité de faire du théâtre, de toucher le spectateur avec un récit de vie qui pourrait paraître anodin de prime abord.

 

L.U.C.A.

Parmi les créations proposées, il y a L.U.C.A. (Last Universal Common Ancestor), une pièce écrite par Hervé Guerrisi et Grégory Carnoli, et jouée par ce dernier. Leur volonté ? Remonter aux origines de l’homme et même de toutes les formes vivantes présentes aujourd’hui sur cette terre puisque la science a prouvé qu’il existait un foyer originel de la vie, une cellule de laquelle tout organisme descend. Théâtre scientifique donc, mais autobiographique également. Les deux Italo-Belges veulent répondre une bonne fois pour toute à l’omniprésente question de leurs origines en réalisant ce spectacle. Pour cela, ils sont partis d’interviews de leurs proches et d’autres migrants arrivés en Belgique il y a quelques dizaines d’années. À partir de ce matériel recueilli, à partir du réel donc, ils ont comparé l’immigration d’hier et d’aujourd’hui tout en s’intéressant à l’ADN qui constitue un lien fondamental et universel entre toutes et tous. Finalement, les histoires que les humains créent pour se rassembler derrière un pays ou un drapeau nous divisent, mais ces séparations ne signifient rien aux yeux de la biologie. La pièce interroge donc le racisme ordinaire, les petites réflexions anodines entendues partout et bien souvent sans conséquences.

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