Petites mythologies flamandes, FRITCO²T et dénonciation fiscale

Ce samedi 15 juin 2019, Fabienne Vande Meerssche (@fvandemeerssche) reçoit dans Les Eclaireurs :  Amélie Lachapelle, doctorante aspirante FNRS, chercheure senior au Centre de Recherche Information, Droit et Société à Namur et membre associée du Centre de Recherche sur l'État et la Constitution à l’Université de Louvain, thèse en cours sur la dénonciation fiscale et le respect des droits fondamentaux ; Grégoire Léonard, chargé de cours en Sciences appliquées- département de Génie Chimique- de l’ULiège et coordinateur du projet FRITCO²T consacré aux nouvelles voies de capture et de réutilisation du CO² ; Karel Vanhaesebrouck, dramaturge et essayiste, chargé de cours en Histoire et Esthétique du spectacle vivant à l’ULB, où il dirige le Centre de Recherche en cinéma et Arts du spectacle, co-auteur du livre " Petites Mythologies Flamandes ".

 

DIFFUSION : samedi 15 juin 2019 à 13h10’

REDIFFUSION : dimanche 16 juin 2019 à 23h10’

Amélie Lachapelle

Amélie Lachapelle est diplômée d’un bachelier en droit aux FUNDP (Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur). Elle est aussi titulaire d’un master à finalité État & Europe à l’UCLouvain. Dans le cadre de ce master, elle a effectué un Erasmus à l’U.S.A.L. (Salamanca-Espagne) de février à juin 2013.

Amélie Lachapelle a commencé à travailler à l’UNamur en septembre 2013, comme assistante en Sources et Principes du Droit pour le professeur Yves Poullet. Depuis le 1er octobre 2015, elle est aspirante du Fonds de la Recherche Scientifique (FNRS) et réalise une thèse sur la dénonciation fiscale et le respect des droits fondamentaux sous la supervision des professeurs Yves Poullet (UNamur), Cécile de Terwangne (UNamur), Marc Verdussen (UCLouvain), Marc Bourgeois (ULiège) et Mark Delanote (VUB). Elle soutiendra sa défense de thèse à la fin de l’année 2019. Elle a participé au concours Ma Thèse en 180 secondes où elle a présenté sa recherche doctorale sous le titre " Le lanceur d’alerte fiscale, traître ou héros ? " (titre officiel de sa thèse : " La dénonciation fiscale au XXIe siècle : de la complaisance à la vigilance ? Etude positive et prospective en droit constitutionnel fiscal ")

Pour consulter la vidéo Ma thèse en 180 secondes au Théâtre de Mons au sujet des recherches de Amelie Lachapelle cliquez sur la vidéo :

La dénonciation suscite peu l’intérêt des juristes alors qu’elle est omniprésente dans l’histoire, dans le droit, dans l’imaginaire collectif et dans notre quotidien. Sa forte connotation axiologique – de la dénonciation à la délation, il n’y a qu’un pas – et les perversions de l’histoire l’expliquent en grande partie. L’approche a toutefois résolument changé ces dernières années, face à la montée des lanceurs d’alerte et à la pénétration de l’ordre juridique européen par l’institution américaine du whistleblowing.

Mais comment expliquer que le lanceur d’alerte à l’origine des " Panama Papers " et autres " media leaks " soit accueilli favorablement au sein de l’opinion publique, en ce compris en Belgique, alors que le dénonciateur est traditionnellement rapproché du délateur, du traître, du collabo et d’autres figures peu reluisantes ?

En quoi le lancement d’alerte présente-t-il inexorablement une filiation avec la dénonciation ? En quoi jouit-il cependant d’un surplus de légitimité par rapport à la dénonciation traditionnelle ? À quoi sert la dénonciation fiscale aujourd’hui ? Comment expliquer ce mouvement croissant d’institutionnalisation de la dénonciation ? Comment le phénomène des lanceurs d’alerte amène-t-il à redéfinir la notion juridique de dénonciation fiscale ? En quoi la dénonciation et le lancement d’alerte se distinguent-ils de la délation ? Comment le droit de la dénonciation, le droit belge et le droit européen des droits de l’homme intègrent-ils le rejet universel de la délation ?

Pour répondre à ces questions, Amélie Lachapelle a adopté une démarche interdisciplinaire de sorte que ses recherches doctorales se situent aux confins d’une série de branches variées, qui passent par le droit fiscal, le droit constitutionnel, les libertés publiques, le droit des technologies, le droit européen, mais aussi la gouvernance, l’éthique, la sociologie et l’histoire.

Amélie Lachapelle est membre de deux centres de recherche : le CRIDS (Centre de Recherche Information, Droit et Société – UNamur) et le CRECO (Centre de Recherche sur l’État et la Constitution – UCLouvain). Du 1er septembre 2016 au 31 août 2018, elle a codirigé, avec Karen Rosier, l’Unité LIS (Libertés, Information et Société) du CRIDS/NaDI, spécialisée entre autres dans la protection des données à caractère personnel et la cybercriminalité.

Consultez aussi l’interview écrite " Les lanceurs d’alerte sont nés du besoin de transparence " réalisée par le magazine de l’Université de Namur en cliquant ici.

Grégoire Leonard

Grégoire Léonard est Chargé de Cours au sein du Département de Chemical Engineering (Génie Chimique) de l’Université de Liège depuis 2015. Il est titulaire d’un diplôme d’Ingénieur en Chimie de l’Université de Liège et d’Ingénieur en mécanique de l’Université Technique de Munich.

Grégoire Léonard a défendu sa thèse de doctorat dans le domaine de la capture du CO² en proposant une étude innovante sur les aspects énergétiques et environnementaux du procédé, couplant travail expérimental et modélisation.

Il a ensuite réalisé des séjours de recherche à l’Université Columbia à New York et à l’Université d’Etat d’Arizona, où il a étudié des technologies de réutilisation de CO² et de stockage intersaisonnier d’énergie.

Ses activités de recherche à l’Université de Liège concernent la modélisation des systèmes et procédés chimiques. Il représente également la plateforme technologique FRITCO2T (Federation of Researchers in Innovative Technologies for CO² Transformation) qui, à l’Université de Liège, promeut différentes voies de réutilisation du CO² au service de la société. FRITCO²T est constituée de quatre laboratoires de recherche qui, face à l’urgence environnementale, collaborent pour accélérer le développement de technologies et matériaux offrant des solutions innovantes d’utilisation du CO².

Le laboratoire Urban and Environmental Engineering (UEE, Faculté des Sciences-Appliquées) étudie la carbonatation de matériaux de constructions (bétons, matériaux biosourcés, agrégats recyclés…). Le second laboratoire, Le Centre d’Etude et de Recherche sur les macromolécules (CERM, Faculté des Sciences), travaille quant à lui sur l’utilisation de CO² pour la synthèse et la mise en forme de matériaux polymères. Le troisième laboratoire, Le Laboratoire de Technologie Pharmaceutique et de Biopharmacie (LTPB, Faculté de Médecine), étudie l’utilisation de CO² supercritique pour la formulation de médicaments. Et enfin, le quatrième laboratoire, Le Département de Chemical Engineering, (DCE, Faculté des Sciences-Appliquées) étudie le captage de CO² et développe des procédés de conversion de CO² en carburant. Il réalise également autour des technologies étudiées, des analyses de cycle de vie – c’est-à-dire l’étude de leur impact environnemental – et techno-économiques.

La plateforme technologique FRITCO²T, est pionnière dans la recherche pour de nouvelles technologies et de nouveaux produits liés au CO². Par ailleurs, en 2017 l’Uliège est également devenue membre fondateur d’une nouvelle association européenne – " CO² Value Europe " dédiée à la valorisation du CO², dans laquelle industriels et chercheurs se rejoignent pour développer des solutions innovantes d’utilisation de CO².

 

Ecoutez la conférence " Le rôle clé du CO² dans la transition énergétique " donnée par Grégoire Léonard (disponible sur le site de l’Académie.tv) dans laquelle il présente brièvement les techniques de capture et d’utilisation de CO².

Découvrez ici le PDF des supports visuels qui accompagnent cette présentation.

Karel Vanhaesebrouck

Karel Vanhaesebrouck est dramaturge, essayiste, chargé de cours en histoire et esthétique du spectacle vivant à l’ULB et il enseigne au RITCS (Bruxelles) – dont il a dirigé le département théâtre de 2010-à 2017 – et à l’ESACT (Liège). Il collabore également au “Certificat en dramaturgie circassienne” organisé par les écoles de cirque réputées que sont l’ESAC et le CNAC. Par ailleurs, Karel Vanhaesebrouck dirige le centre de recherche en cinéma et arts du spectacle (CiASp) à l’ULB et codirige le groupe de recherche THEA – interinstitutionnel (VUB, ULB, RITS)- qui facilite la recherche artistique et scientifique dans les domaines du théâtre et de la performance. Il est membre de la "Jonge Academie", lieu de rencontre interdisciplinaire et interuniversitaire entre jeunes chercheurs et artistes et il supervise plusieurs projets de recherche financés par le FNRS, Innoviris et FWO. Il supervise aussi un certain nombre de Doctorat en arts et sciences de l’art dans le domaine du théâtre, de la performance et de la recherche documentaire.

Les recherches de Karel Vanhaesebrouck portent, globalement, sur la figuration intermédiale de la tension entre la théâtralité et la réalité : il étudie les formes historiques et contemporaines de la théâtralité en relation avec le contexte culturel et sociétal global. Il élabore ainsi des analyses critiques de l’imbrication du pouvoir, de la culture et de la représentation théâtrale. Comment un contexte sociétal et culturel structure-t-il un projet/produit artistique et comment une œuvre artistique peut-elle inciter le spectateur à réfléchir aux changements intervenant dans la réalité environnante via la représentation ? Dans ce cadre, il accorde une attention particulière au fondement théorique et méthodologique des études théâtrales en tant que discipline autonome. Dans ses recherches, il s’’intéresse spécifiquement à l’interaction entre l’histoire du théâtre, d’une part, et d’autre part, à l’étude de la pratique contemporaine du théâtre et des spectacles. Ses recherches récentes portent, entre autres, sur la question de la théâtralité (néo-) baroque et sur l’histoire de la violence scénique. Notons qu’en 2013, les recherches de Vanhaesebrouck ont ​​reçu le prix “Laureaat van de Koninklijke Vlaamse academie voor Wetenschappen en Kunsten in de
Klasse van de kunsten”
.

Karel Vanhaesebrouck est l’auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels on peut citer celui de sa thèse doctorale " Le mythe de l’authenticité. Lectures, dramaturgies, représentations de Britannicus en France (1669 – 2004) " (2009). Dans cette recherche doctorale, il s’intéresse au mythe de l’authenticité, porté au rang de modèle idéal par le théâtre du classicisme en France, et plus particulièrement, par l’œuvre théâtrale " Britannicus " de Jean Racine. S’intéressant à l’impact de certains facteurs contextuels sur le mode de canonisation et mode de représentation de cette pièce, il montre comment cette tragédie romaine fut, depuis sa création jusqu’à nos jours, déconstruite et reconstruite par des artistes aussi divers que Le Kain, Talma, Mounet-Sully, André Antoine, Michel Hermon, Antoine Vitez, Brigitte Jaques-Wajeman et bien d’autres.

Dernièrement, Karel Vanhaesebrouck vient de publier avec Jan Baetens, l’ouvrage " Petites Mythologies flamandes " (2019) dans lequel ils se penchent sur la construction de l’identité flamande, qui se joue entre fiction et réalité. L’essai de ces deux auteurs est largement inspiré par la pensée de Roland Barthes, plus particulièrement celle qu’il déploie dans son livre "Mythologies ". A travers une trentaine de vignettes, avec la complicité du photographe Brecht Van Maele, ils interrogent la manière dont le Flamand se présente dans son comportement quotidien : que regarde-t-il à la télévision ? Comment tond-il sa pelouse ? Quand aime-t-il aller au bistrot ? Quelles expressions aime-t-il ressasser ? La démarche des auteurs est presque psychanalytique, puisqu’il s’agit de pénétrer " l’être au monde " flamand, en regardant ce que fait le Flamand (ou non) et en écoutant comment parle le Flamand (et ce qu’il pourrait cacher).

 

Pour découvrir d’autres publications de Karel Vanhaesebrouck cliquez ici :

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