Parentalité et handicap : oser devenir parent

Parentalité et handicap : oser devenir parent
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Fonder une famille quand on présente un handicap physique ou une déficience intellectuelle. Le phénomène n’a rien de nouveau. Par contre, le tabou persiste et les questions sociales autour sont nombreuses. Pour démystifier cela, des associations sont nées. Objectif ? Accompagner les parents et les futurs parents dans leur projet. Focus sur "Sisahm", un centre d’accompagnement pour les enfants dès 6 ans, les ados et les parents. Dans Tendances Première, Véronique Thyberghien reçoit Anne-Marie de Vleeschouwer, accompagnante et logopède et Amandine Caldirioni, accompagnante et psychologue.

Quand ils passent la porte du Sisahm, les personnes peuvent demander des accompagnements dans tous les domaines de la vie quotidienne : apprendre à se déplacer, à gérer un budget, rechercher un emploi ou une activité. Logiquement, la question de la parentalité est aussi apparue. Rien de surprenant.

" La Belgique a ratifié la Convention des Nations Unies qui parle des droits des personnes en situation de handicap. Dans cette convention, on parle donc que les personnes ont le droit de pouvoir fonder une famille au même titre que les autres personnes."

Ce n’est pas le centre Sisahm qui dira le contraire. Au fil du temps, les accompagnantes constatent que leur aide en la matière est particulièrement sollicitée.

" 15% des accompagnements du centre concernent la parentalité. On peut évoquer une demande croissante. Soit un couple qui arrive pour le premier enfant, soit un couple qui en a déjà un enfant et qui se rend compte que c’est difficile. "

Une démarche proactive

La démarche de ces parents est proactive.

" Ici, on ne travaille pas le désir de l’enfant ", précise une des accompagnantes du centre.

Dans ce centre, tout commence par un entretien individuel. Le but ? Évaluer les compétences du parent et ce, quelle que soit sa demande. L’accompagnement est complété par des coffrets pensés par des experts de la petite enfance et sciés sur mesure. Ici, le jargon est banni au profit d’explications faciles et simples à comprendre.

Dans le premier coffret par exemple, on délivre quelque peu les codes pour être un parent " ordinaire ".

" On balaie toutes les tâches de la vie quotidienne par exemple l’alimentation, le moment des repas qui est un moment important, l’hygiène, les limites et les repères, parler du jeu, etc… Ce premier coffret a été largement diffusé, notamment via l’office national de l’enfance et finalement, ça concerne toute une série de parents. Il n’y a pas d’école pour être parent ".

La crainte de ne pas être à la hauteur

La crainte de ne pas être à la hauteur est multipliée chez les parents qui présentent un handicap. " La plus fréquente est de savoir qu’ils doivent prouver plus que d’autres qu’ils vont être des bons parents parce qu’ils ont souvent l’épée de Damoclès au-dessus de la tête en ayant la crainte de voir leur enfant placé ou que les services sociaux interviennent."

À ces craintes s’ajoute aussi le poids du regard des autres. C’est pourquoi dans le centre Sisahm on travaille aussi la confiance en soi et l’autoreprésentation. Il n’est pas rare que certains parents en situation de handicap aient à se justifier et à motiver leur volonté de devenir parent. Une question peut soumise aux parents que l’on qualifierait " ordinaires ".

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