Ouverture du 73ème festival d'Avignon

La Cour d'honneur du Palais des papes
La Cour d'honneur du Palais des papes - © BORIS HORVAT - AFP

C’est ce jeudi 4 juillet que s’ouvre la 73ème édition du célèbre Festival d’Avignon dédié aux arts vivants contemporains ! Pendant 20 jours, la cité des Papes sera rythmée par une programmation alléchante composée de spectacles de théâtre, cirque, mime, conte, danse, magie, lecture ou encore marionnettes. Les artistes devront se produire sous une chaleur historiquement étouffante qui n’entache pourtant en rien l’émulation présente sur place.

 

In VS Off

Pendant ce mois de juillet à Avignon, deux festivals vont cohabiter, deux structures qui évoluent de manière différente, mais sans qu’il existe de hiérarchie entre elles : le " In ", officiel, qui débute aujourd’hui et le Off, plus discordant et éclectique, qui ne commence que demain. Le premier a été créé par Jean Vilar en 1947, il est subventionné par l’État et affiche pour cette édition 35 spectacles au compteur. Il est considéré comme une vitrine de la création théâtrale et de l’état du monde sociétal et politique actuel. Le second s’est greffé au festival officiel comme une voix alternative à la créativité débridée et se caractérise par son offre démesurée de spectacles : plus de 1650 cette année ! Ce nombre vertigineux entraine malheureusement une forme de confrontation et de déperdition. Difficile de trouver des pépites au milieu de ces centaines de pièces présentées et difficile pour les artistes de se faire connaître, de séduire un potentiel public. Certaines compagnies engagent même des attachés de presse pour attirer les journalistes. Ce qui fonctionne finalement le mieux dans ce festival, c’est le bouche-à-oreille et la confiance qu’ont les spectateurs dans les directeurs de théâtre qui choisissent soigneusement leur programmation. Dans le Off, force est de constater que la loi du marché a pris le dessus : trouver un garage, un logement, un créneau dans un théâtre coûte aujourd’hui une petite fortune et certains en ont fait un véritable business.

 

Un morceau de Belgique dans la cité des Papes

Pas très loin du pont d’Avignon se trouve le Théâtre des Doms, une association qui représente les créations et projets artistiques issus de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Toute l’année, l’établissement propose 99% de spectacles belges francophones et le public français vient y chercher toutes ces petites singularités propres à notre pays. Le point d’orgue étant bien sûr le festival annuel et pour l’occasion, le Théâtre des Doms mettra en scène 10 pièces choisies parmi une centaine de candidatures. D’ailleurs, une fois sélectionnées, les compagnies font l’objet d’un soutien et d’une prise en charge personnalisée pour leur faire de la publicité, les mettre en contact avec des professionnels en vue d’éventuelles tournées… Le directeur, Alain Cofino Gomez, affirme essayer que chaque compagnie puisse rencontrer entre 150 et 300 professionnels pendant la durée des représentations. Par la suite, le Théâtre des Doms les accompagnera encore pendant 3 ans afin de constater l’évolution de la vie de la création après le festival, les ventes qui ont été faites et les tournées organisées.

 

Utopie théâtrale

Dans les spectacles proposés par le Théâtre des Doms pour le festival d'Avignon, il y a par exemple "Des caravelles et des batailles" d’Elena Doratiotto et Benoît Piret qui sera joué pratiquement tous les jours de juillet, à 17h. Sorte de conte réaliste qui met en scène une communauté vivant en retrait du monde, la pièce propose un contrepoint à notre monde actuel dans lequel règnent conflits et problèmes d’argent. Au cœur de cet endroit utopique, les gens s’ennuient, prennent le temps, s’organisent autrement, sont bienveillants les uns envers les autres. Comme dans " La Montagne magique " de Thomas Mann, le lieu a une importance capitale et produit un véritable effet sur les personnages. Peu à peu, le public va donc découvrir ce lieu, le trouver d’abord étonnant pour ensuite rentrer entièrement dans la vie des habitants.

 

Retrouvez ci-dessous les interventions de notre envoyée spéciale Françoise Baré, de la comédienne Elena Doratiotto et d’Alain Cofino Gomez, directeur du Théâtre des Doms.

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