"On ne fait pas la résistance sans avoir un copain qui est déjà en prison"

En 1940, Andrée Dumon fête ses dix-huit ans, la Belgique est occupée par l’Allemagne nazi. Sa vie de résistante commence, voici son récit.

La résistance est une histoire de famille chez les Dumon. Tous les voisins quittent Uccle, mais les Dumon décident de rester dans le quartier. Eugène, le père d’Andrée, est trop âgé pour s’engager dans l’armée, il décide de rentrer dans la résistance. De son côté, Andrée et ses copines aident les soldats et les prisonniers. " Comme il faisait très beau, on s’installait au jardin et on tricotait des écharpes. On réunissait de la nourriture et on allait au-dessus d’un camp ouvert dans lequel se trouvaient des prisonniers. On jetait tout cela par-dessus. " C’était son premier acte de résistance.

Le 28 mai 1940, la Belgique capitule et la résistance s’organise. Son père et des amis vont commencer à récolter des renseignements utiles pour les Anglais. Sa mère, Marie, est infirmière à domicile et elle rencontre des gens qui écrivent des tracts contre les Allemands. Elle propose à Andrée de les distribuer à vélo. Peu de temps après, elle rencontre Frédéric de Jongh qui lui propose de travailler pour lui. Elle accomplit plusieurs missions, dont la distribution de messages et d’argent. Elle organise aussi ses propres actions, comme se cacher le visage lorsqu’elle voit un Allemand ou encore en distribuant des " V " de victoire découpés dans du papier-journal. " Je ne crois pas que j’ai eu peur, parce que je pensais trop à la manière de m’en sortir. Mais je savais que je risquais d’être arrêtée. On ne fait pas la résistance sans avoir un copain qui est déjà en prison. " C’est une femme courageuse et à l’instinct vif qui mène la résistance. " Il y a deux choses qui m’ont beaucoup aidé. Beaucoup de sang-froid et un instinct très sûr. Car j’ai été filé au moins trois fois et je l’ai senti à chaque fois. "

Arrestation et interrogatoires

Le 11 août 1942, la police allemande frappe à la porte de la maison familiale. Ses parents sont arrêtés et Andrée Dumon est emmenée par des policiers pour un interrogatoire. " Ça a duré assez longtemps, mais je n’ai rien dit, rien du tout. J’ai dit, je ne sais pas ce que vous me voulez. Je ne comprends rien à vos questions. J’ai fait comme si je ne savais rien du tout. J’ai été un peu secouée, mais pas tellement. " Elle est enfermée dans la prison de Saint-Gilles et les interrogatoires s’enchainent. C’est l’un des membres du réseau de Frédéric de Jongh qui l’a dénoncé. Lors d’un interrogatoire elle est confrontée à cet homme. Pendant cette rencontre, il parle énormément. " Même s’il avait dû parler, il n’aurait pas dû dire tout ce qu’il a dit. Il a dit que je connaissais l’adresse de Monsieur De Jongh. Ce qui était vrai. Heureusement pour moi, il a dit : elle m’a dit qu’il habite à vingt minutes. C’est cela qui m’a sauvé. On m’a renvoyé en cellule pour réfléchir. Là j’ai reconnu ce qu’il avait dit. C’était inévitable, car ce type on le croyait sur parole. " Lorsque les policiers, lui demande l’adresse. Andrée avoue qu’il habite à vingt minutes, mais que malheureusement elle ne connaissait pas son adresse. Ce qui n’était pas vrai.

Le 28 août 1943, Andrée est déportée en Allemagne et pour connaître la suite de sa vie, n’hésitez pas à lire son histoire dans son livre "Je ne vous ai pas oubliés " paru aux Éditions Mols ou à écouter le podcast.

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