"On n'expose pas des traînées pareilles, pendant que nos enfants meurent au front"

"On n'expose pas des traînées pareilles, pendant que nos enfants meurent au front"
"On n'expose pas des traînées pareilles, pendant que nos enfants meurent au front" - © Amadeo Modigliani

Nous sommes le 3 décembre 1917, à Paris. C’est dans sa galerie du 50 rue Taitbout, dans le 9è arrondissement, que Berthe Weill, marchande de tableaux d'avant-garde, a décidé d’exposer les œuvres d’un artiste au tempérament de feu : Amadeo Modigliani.

C’est le jour du vernissage, tout s’annonce pour le mieux, les amis sont là. Soudain des agents de police font irruption : ordre est donner d'enlever "ça" de la vitrine ! Les habitants des maisons alentour se sont plaints, les passants aussi.

Attentat à la pudeur : "On n'expose pas des traînées pareilles dans des poses pareilles, pendant que nos enfants meurent au front."

Il faut décrocher les toiles scandaleuses. Modigliani n’en vendra aucune. Il lui reste trois ans à vivre.

Invitée : Anne Hustache, historienne de l’art.