" On n'a pas une vie privée et une vie professionnelle, on a une vie tout court "

 "On n'a pas une vie privée et une vie professionnelle, on a une vie tout court"
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 "On n'a pas une vie privée et une vie professionnelle, on a une vie tout court" - © Tous droits réservés

A 42 ans, Sébastien Assouad a quitté son poste de manager qu’il exerçait depuis des années pour retrouver « sa vie ». Tiré de son expérience, son livre « Dans la peau d’un manager (L’attitude des Héros) » traite du rôle d’un manager et de la façon dont il peut exercer cette fonction. Comment concilier la pression des résultats à atteindre avec l’humanité des relations à tisser ? Comment décider dans des environnements incertains ou quand les enjeux ne sont pas toujours explicites ? Comment un chef d’entreprise concilie-t-il vie de famille et univers professionnel ? Entretien avec un ex-manager.

 

« J’ai 42 ans. Après avoir dirigé plusieurs entreprises d’un grand groupe international pendant près de 7 années, j’ai décidé d’arrêter. Non pas que je n’aimais pas mon travail. Non pas que je n’appréciais pas les personnes avec qui je l’exerçais. Non pas que ne gagnais pas bien ma vie ; je voulais tout simplement la retrouver. »

Quand le corps lâche

Pour Sébastien Assouad le signal d’alerte s’est déclenché lorsque son corps à commencer à lui jouer des tours, un signal fort qui lui a fait prendre conscience qu’il était peut-être temps de ralentir la cadence et de se poser les vraies questions.

« - Je voulais retrouver ma vie, j’appréciais mes collègues et mon travail, mais ma santé commençait à me jouer des tours.

Cette alerte santé m’a fait prendre conscience que si je ne tournais pas la page je pouvais passer à côté d’autre chose. Le corps s’exprime avant le reste, on s’aperçoit de certains manques, j’ai l’impression d’avoir fait un sprint pendant 7 ans, d’être resté le nez dans le guidon. Sans l’alerte santé j’aurais continué pendant quelques années.

On n’a pas une vie privée et une vie professionnelle, on a une vie tout court.

- Même si j’ai travaillé dans un groupe où le niveau du management était vraiment au-dessus de la moyenne, j’ai retrouvé une vie différente de celle que j’avais ces 7 dernières années, et ça fait du bien, je peux prendre plus du temps pour moi et les miens. »

Le fossé entre la théorie de l’école et la réalité du terrain

Pour Sébastien Assouad, les mauvais managers sont souvent la conséquence d’un fossé très large entre l’école et la pratique et surtout au niveau de la communication.

« Savoir bien communiquer, bien expliquer une idée c’est essentiel, c’est capital.

J’ai travaillé dans un environnement très contraignant, avec des ingénieurs qui avaient des contraintes difficiles, et quand je devais demander à un ingénieur de travailler un samedi ou de se rendre à l’étranger pendant un week-end ce n’était pas toujours simple. Mais en tant que manager j’avais alors deux options : première option dire tu dois y aller ou dire j’aimerais que tu ailles et voici pourquoi.»

L’auteur conseille donc de prendre le temps d'expliquer pour que les choses se passent bien, que les infos ne soient pas imposées.

Cela ne signifie pas pour autant qu’il faille tout expliquer. On doit être dans l’équilibre et la mesure. Le conseil de l’ex-manager est également de laisser de la place au feed-back des collaborateurs.

« Le manager est un funambule, il faut être ferme et en même temps à l’écoute, s’adapter en fonction du contexte et des collaborateurs. »

Pour Sébastien Assouad, on devient donc plus manager qu’on est formé à l’être : « les écoles donnent des outils pour gérer, mais pas assez d’outils pour communiquer. »

Ne pas chercher à tout prix à être aimé

L’écoute permet la bonne communication et ça Sébastien Assouad s’est en rendu compte au fil de sa carrière. Etre à l’écoute de ses collaborateurs mais aussi des besoins qui ne sont parfois pas les mêmes et qui évoluent.

« Les jeunes ingénieurs recherchent des choses qu’on ne cherchait pas il y a 20 ans: la qualité de vie et surtout donner un sens au travail et, cela, le manager doit en tenir compte.

La motivation c’est quelque chose d’important, de fondamental, il faut motiver les gens. Ce qui les motive? C’est faire un métier qu’ils aiment et d’avoir de l’autonomie pour le réaliser, et parfois de la reconnaissance dans le travail c’est aussi très important pour certaines personnes. »

Un manager doit donc pouvoir gérer des contraires, et son but n’est pas d’être aimé. Il doit avoir suffisamment confiance en lui pour faire appel à ses propres décisions, donc on ne doit surtout pas chercher à être aimé à tout prix, le but est d’être juste.

On quitte plus souvent un patron qu’on ne quitte une entreprise c’est pourquoi la relation est si fondamentale…

 

Écoutez la suite dans Tendances Première pour en savoir plus sur le livre de Sébastien Assouad, « Dans la peau d’un manager ».

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