On Air, ou l'urgence de respirer

On Air, ou l'urgence de respirer
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Laurence Vielle a écrit son long poème autour du souffle, qu’elle nous dit, à sa manière intime et indispensable.
Et l’on perçoit la nécessité qu’il y a en elle à nous transmettre ses moments de vie quand elle les relie à son inspiration dans tous les sens du terme.
Le tout est entrecoupé d’une musique de Catherine Graindorge et d’entretiens avec des malades en fin de vie.

Un texte qui nous touche en nous plongeant au geste premier de la vie :
celui de respirer !
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Extraits de témoignages

"C'est pas facile de respirer. J'oublie trop souvent de respirer, moi. La respiration, c'est difficile de définir ça."
 

"Dans le quotidien, tu peux avoir des réactions très violentes de quelqu'un de qui tu t'approches trop. Dès que tu es dans son espace vital, dès que tu lui bouffes son souffle, comme si tu lui mangeais son air, alors qu'il y en a plein autour. Il faut une certaine dose d'intimité pour partager l'air de ton voisin."
 

"- Tu sais que quand on embrasse quelqu'un, quand nos souffles se mélangent, nous perdons quelques secondes de vie, tu le sais, ça ?

- Moi je veux bien les perdre, sans aucune retenue. Un baiser, ça vaut largement quelques secondes de vie en moins, même quelques minutes. Ça ne se quantifie pas, je paie comptant. On ne peut pas s'économiser là-dessus."


"Ça m'est tombé dessus. Il m'a dit, c'est stupide ce qui vous arrive là parce que ça ne devait pas vous arriver. Vous êtes équipé pour vivre bien plus que simplement centenaire. Jusqu'au moment où ça m'a frappé... Tant que j'avais la variété d'occupations, de travaux, parfois même de performances à faire, je trouvais le souffle nécessaire pour le faire. Maintenant, je me rends bien compte que la volonté y est toujours, mais que le souffle ne suit pas. Je suis tout de suite épuisé.

Je sens que toute cette activité que je sens bouillonner encore en moi... je sens que je diminue de façon rapide. Et je sens venir le dernier souffle évidemment. Avec de la rancoeur, au début oui, maintenant, non, ça ne sert plus à rien. Il y a cette condamnation à laquelle il n'y a pas moyen d'échapper. L'avenir, il n'y en a plus. Mon existence, je la trouve bien remplie, donc je m'en vais sans regrets.

Combien de souffle me reste-t-il ? Je n'y pense pas."

Ecoutez...

Laurence Vielle 

Elle est née à Bruxelles en 1968.
Elle y vit toujours.
Son père est suisse, sa mère est flamande.

Elle aime les montagnes et la mer du Nord.
Comédienne, auteure, metteure en scène et poète, elle dit les mots, surtout les écritures d’aujourd’hui.

 

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