"On a toujours un retour de boomerang quand on triche sur les réseaux sociaux" - Pascal de Sutter, sexologue

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Faut-il absolument passer par Facebook ou Tinder pour faire une rencontre ? Les réseaux sociaux ont-ils définitivement changé nos relations sentimentales ? Le virtuel bouleverse-t-il nos histoires d’amour ?

Pour en parler, les invités de Tendances Prem1ère :

Myriam Leroy, auteure de Cherche l’amour, une comédie romantique grinçante où elle aborde l'amour version 2.0, à voir jusqu'au 23 septembre au Théâtre de la Toison d’Or.

Sandy Duret, comédienne dans Cherche l’amour.

et Pascal de Sutter, docteur en psychologie et sexologue clinicien, auteur de la pièce Deux sexologues passent à confesse, à voir le mardi 26 septembre au Centre communautaire de Jolibois, à Woluwé-Saint-Pierre. 

"Je ne connais plus personne aujourd'hui qui se rencontre par hasard, dans un train, dans la rue, au boulot, constate Myriam Leroy. Tout passe par Tinder et d'autres applications. Ce qui est assez étonnant, c'est que si des couples se séparent après 20 ans , le lendemain de la rupture, tous les deux sont de retour sur le marché via ces applications. Aujourd'hui, j'ai l'impression que si on est célibataire, c'est qu'on le désire profondément."

"Il y a des choses qui se transforment mais de là à dire que les choses se bouleversent du tout au tout, je ne suis pas sûre. Les applications de rencontre, ce n'est que la réactualisation numérique des bonnes vieilles petites annonces à l'ancienne qu'on lisait dans les toutes-boîtes il y a 10 ou 15 ans."

Pascal de Sutter parle de tradition : "Le marché de l'amour a toujours existé. De tous temps, il y avait des lieux où les rencontres étaient favorisées : au siècle passé, le bal du village, ou les marieuses dans l'Antiquité. Maintenant avec Internet, ce marché de l'amour s'est mondialisé et offre un choix beaucoup plus large, qui finalement ne fait pas que les gens rencontrent davantage. On dirait même que plus il y a de choix et moins il y a de rencontres."

"On attend d'un homme qu'il ait une situation matérielle confortable, donc les hommes vont souvent tricher sur leur profession et faire croire qu'ils sont plus aisés qu'ils ne le sont réellement. C'est une réalité qui a été étudiée sur le plan sociologique. (...) Les femmes quant à elles ont tendance à tricher sur leur âge, car les hommes cherchent des femmes qui sont plus jeunes, avec une apparence physique qui leur plaît.(...) Je trouve qu'il faut être authentique. On a toujours un retour de boomerang quand on triche sur les réseaux sociaux."

"Il y a des gens qui sont vraiment phobiques de la rencontre, de la vie en couple. Ils vont saboter la rencontre ou se saboter par le mensonge. Ils pensent malheureusement qu'ils ne méritent pas une histoire d'amour ou qu'ils n'y ont pas accès. Ils se contentent de relations virtuelles."

"Sur Internet, si on veut obtenir un certain résultat, il faut savoir bien se présenter, il y a vraiment tout un art, il faut y passer un peu de temps : photo, orthographe... Et puis, il faut aller très vite à la rencontre. Beaucoup de gens passent trop de temps à échanger des messages. Il faut très vite se rencontrer, une première fois très brièvement, une heure de midi peut-être, dans un lieu public. Pour avoir très vite le contact car il y a beaucoup de choses qui passent ou ne passent pas au contact physique réel : odeur, manière de bouger... Ce qui n'empêche pas par la suite de continuer à apprendre à se connaître et à se courtiser. Prendre le temps de se découvrir avant de passer au contact sexuel."

"Le vrai problème, c'est cette génération kleenex. On n'est plus à une époque où on conserve longtemps un objet, où on conserve longtemps une personne. On a vraiment tendance à très très vite zapper."

Ecoutez Tendances Prem1ère !

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It’s a match !

Si l’amour se choisissait sur catalogue, ça se saurait, non ? Pourtant, chacun passe commande, espérant être livré. " Sophie, 40 ans, cherche un type qui lui dira des atrocités en lui claquant les fesses ", " Igor, 30 ans, cherche une fille qui aime les activités répétitives ",… " Cherche l’amour " explore la rencontre amoureuse à l’heure de Facebook, Tinder et Adopte un mec, de tous les outils virtuels censés faciliter l’adéquation entre l’offre et la demande. Sous la plume de Myriam Leroy, quatre comédiens transformistes endossent une série de profils modernes qui s’entrechoquent et finissent parfois par s’emboiter (et se claquer les fesses en se disant des atrocités).

Cherche l’amour de Myriam Leroy 
Mise en scène Nathalie Uffner Avec Myriem Akheddiou, Sandy Duret, Pierre Poucet et Marc Weiss.
A voir jusqu'au 23 septembre au Théâtre de la Toison d’Or, à Bruxelles.

"J'ai entendu plusieurs fois des gens qui ont été très émus, au bord des larmes. 
C'est aussi touchant parce qu'on se reconnaît dans certains des personnages"

précise la comédienne Sandy Duret.

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Pascal De Sutter, docteur en psychologie et sexologue clinicien, est à l'affiche de Deux sexologues passent à confesse, à voir le mardi 26 septembre au Centre communautaire de Jolibois, à Woluwé-Saint-Pierre.

Le tout nouveau one man and woman show alliant humour et informations sexo... logiques. Les confessions intimes et inédites de deux professionnels en sexologie.

Un spectacle interactif et participatif animé par Pascal De Sutter et Julie du Chemin.

"Les gens peuvent venir avec leurs propres questions, qu'ils écrivent sur un bout de papier de façon anonyme. Et en direct, avec beaucoup de doigté et d'humour, on répond à toutes leurs questions. Ça permet aux gens d'avoir plein de petits conseils sexologiques tout en étant discrètement dans le noir de la salle", explique Pascal de Sutter.

 

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