Ne dites plus Belgique mais 'Belgium' !

Ne dites plus Belgique mais 'Belgium'
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Ne dites plus Belgique mais 'Belgium' - © Pixabay

Le philosophe et économiste Philippe Van Parijs a développé un programme inédit pour l’avenir du plat pays. La Belgique qui pourrait devenir un modèle démocratique pour l’Union européenne. 

Il signe ’Belgium, une utopie pour notre temps’ (collection ‘Transversales’, Académie éditions).

"L'anglais est un incroyable cadeau"

Le projet de Philippe Van Parijs pour la Belgique de demain est une fédération de 4 régions, dans laquelle l'anglais serait l'une des pièces maîtresses. Il est clair que le défi linguistique est au coeur du mal-être spécifique de la Belgique, depuis le 19e siècle.

En fait, le répertoire linguistique des Belges a fondamentalement changé ces dernières décennies. Ce n'est que pour les plus âgés que la deuxième langue nationale est la première langue après leur langue maternelle. Dans les 3 régions du pays, on constate que c'est l'anglais qui est maintenant devenu la deuxième langue. 

Pour Philippe Van Parijs, l'anglais est pour nous un incroyable cadeau. Le hasard de l'histoire fait qu'il n'y a qu'une seule langue, parmi les 6000 langues qui existent dans le monde, qui soit un mélange du français et du néerlandais : l'anglais ! Un mot sur deux est un mot néerlandais, un mot sur deux est un mot français.

Pour l'instant, cependant, seul un Belge sur 3 est capable de communiquer en anglais et on observe une grosse différence entre la Flandre et la Wallonie : les jeunes Flamands sont beaucoup plus nombreux à savoir parler anglais.

L'anglais est très souvent utilisé comme langue de communication quand deux personnes des deux communautés échangent. Cela vaut dans les milieux universitaires comme dans notre équipe nationale de football !

Philippe Van Parijs propose donc de faire de l'anglais une 3e langue officielle au niveau de Bruxelles et de ses spécificités. Les débats au Parlement continueraient à se faire dans nos deux langues nationales, avec une interprétation de bonne qualité. Mais pour permettre à la démocratie de bien fonctionner, il faut qu'il y ait de nombreuses communications, discussions et argumentations entre les deux communautés linguistiques. On serait donc bien avisé de saisir cette opportunité de l'anglais.

 

Un lifting de la Chambre et du Sénat

Philippe Van Parijs propose un nouveau modèle de fonctionnement pour la Chambre et le Sénat.

- Une Chambre où les députés auraient des comptes à rendre à tous les Belges, c'est à dire une circonscription fédérale unique. Une partie des 150 sièges de la Chambre actuelle serait attribuée dans une circonscription couvrant l'ensemble du pays. 

- Le Sénat, quant à lui, serait composé de citoyens tirés au sort. Le Sénat tel qu'actuellement n'a plus guère de fonction. Les infrastructures existantes pourraient être utilisées pour redynamiser la politique belge via un nouveau modèle de sénateurs provisoires, triés au sort.

Ils se réuniraient pour discuter, pendant un temps donné, d'une question posée, d'un thème choisi par la Chambre élue. Ils seraient bien sûr entourés d'experts et de représentants des différents parlements, pour rendre un avis et faire des propositions sur le long terme. Cela pourrait concerner la politique de l'énergie, des pensions, des migrations...

Philippe Van Parijs voit deux grands avantages à ce système :

1. Il y aurait une grande diversité dans ces assemblées. Et donc, une capacité à faire remonter des préoccupations qui ne sont pas toujours présentes dans les assemblées élues.

2. Ces personnes pourraient se permettre d'argumenter, de se tromper, de se corriger. Elles ne seraient pas tenues par une ligne de parti, ni guidées par des considérations tactiques. Cela permettrait une véritable délibération autour d'un intérêt commun.

 

Une fédération de 4 régions

Philippe Van Parijs prône une fédération de 4 régions : la Flandre, la Wallonie, Bruxelles et Oost-Belgien (pour la partie germanophone de la Belgique), qui permettrait une cohérence plus grande dans les compétences décentralisées. 

La Région bruxelloise pourrait ainsi avoir un contrôle véritable sur son enseignement. Pourquoi est-ce important ? Pour une question de responsabilité.

"Comment pourrait-on en effet tenir le gouvernement bruxellois responsable par exemple du niveau d'emploi sur son territoire, s'il n'a pas la main sur l'organisation de son enseignement ?  Bruxelles, pour son bon fonctionnement de la démocratie et en termes d'emploi, a besoin d'une connaissance suffisante des 3 langues, or ces besoins spécifiques ne sont pas du tout pris en compte par la Communauté française. Il faut prendre cette question à bras le corps."

Il propose enfin que Bruxelles soit considérée comme une ville-région, avec une restauration du suffrage universel pour l'ensemble de ses résidents permanents. Ecoutez ici ses explications, à partir de 19'20'' !

L'utopie fait la force

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