Navires humanitaires en contact direct avec les trafiquants d'êtres humains libyens

Navires humanitaires en contact direct avec les trafiquants d'êtres humains libyens
Navires humanitaires en contact direct avec les trafiquants d'êtres humains libyens - © Tous droits réservés

Un procureur italien affirme avoir des preuves que des navires humanitaires, qui sillonnent la Méditerranée, à la recherche de migrants en détresse, sont en contact direct avec les trafiquants d'êtres humains en Libye. Le parquet de Catane, en Sicile, s'intéresse particulièrement aux finances de certaines petites ONG récemment créées. Des soupçons plutôt graves mais qui ne sont pas neufs...

Le procureur de Catane a remarqué certains faits troublants avec son équipe d’enquêteurs. D'abord, il y a des appels téléphoniques depuis la Libye à destination de certaines ONG. Le procureur a peut-être fait pratiquer des écoutes téléphoniques. Autre fait troublant: certains navires coupent leurs transpondeurs, les GPS qui permettent de les localiser, sans prévenir, en pleine mer. Cela fait plusieurs mois que l'agence européenne de contrôle Frontex évoque une possible collusion entre les réseaux de trafiquants et les navires privés, qui pourraient récupérer les réfugiés comme des taxis des mers. Ces bateaux privés réalisent 40% des sauvetages en mer. 

Ces sauvetages coûtent cher, en moyenne 11 à 14.000 euros par jour

Les grosses organisations comme MSF, Save the children ou SOS Méditerranée travaillent en toute transparence, avec les gardes-côtes italiens. Mais qu'en est-il de ces petites ONG. Qui les finance ? Sans aller jusqu’à accuser les ONG, Frontex laisse entendre que la profusion de navires humanitaires crée un appel d'air en Méditerranée et encourage les trafiquants à envoyer de plus en plus de rafios en mer, et de plus en plus surchargés, car ils savent qu'avec un peu de chance, ces bateaux gonflables surchargés seront secourus. Résultat, il y a plus de morts en mer. MSF ne le conteste pas...

Cette polémique n'est pas neuve, mais elle s'inscrit dans un contexte politique particulier

Le mouvement 5 étoiles du populiste Beppe Grillo a relancé le sujet de l’accueil des migrants via la presse. L'Italie ne peut accueillir toute la misère du monde, dit le mouvement. La Tunisie ou Malte pourraient prendre leur part. Pour le parti populiste, les ONG sont une cible commode. Les organisations humanitaires répliquent qu'elles font un travail indispensable, sauver les gens de la noyade. Et que bloquer les migrants en Libye, comme l'Italie voudrait le faire, serait comme les maintenir dans des camps de concentration inhumains.

Françoise Wallemacq avec l'aide de Valerie Dupont et Wahoub Fayoumi

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