'Naufrage en pleine terre', une plongée dans le monde de la syllogomanie

Quand l'accumulation d'objets devient une souffrance
Quand l'accumulation d'objets devient une souffrance - © Fanny Lacrosse

Nous avons tous cette tendance à garder des objets, des lettres, des vêtements. Nous avons tous tendance à nous entourer de l’inutile. Quand cette tendance devient un symptôme, alors nous sommes submergés. Fanny Lacrosse signe, avec Adrien Pinet, 'Naufrage en pleine terre', un petit bijou d’attention à l’autre, un espace sonore de vraie poésie.


La grand-mère de Fanny avait pour totem "Libellule", un insecte qui vit habituellement dans les terres inondées. Aujourd'hui, après un AVC, elle vit dans une maison de retraite. Il est temps de ranger son appartement.

"Cela prend énormément de temps, car il y a du pire et du meilleur, explique sa fille. Il y a plein de choses en double, en triple, en quadruple, en décuple exemplaire. Comme si elle oubliait, et je crois qu'elle oubliait. Elle ne trouve plus les choses, elle ne sait plus où elle les a mises, comme un écureuil, et du coup elle les rachète, et elle les rachète en double de la base pour être sûre d'en avoir assez, de ne pas devoir nettoyer."
 

Au coeur du navire, dans l'obscurité de la cale, se terre comme un monstre :
le syllogos, tapi dans l'ombre.
Il accumule les trésors, il garde tout, il rassemble tout :
des sacs, des amas de vêtements, des lianes de bijoux,
des piles de livres, des statues par dizaines, des tableaux,
des centaines de bibelots, des miroirs, un bateau,
une mappemonde, des plantes, des sacs...
 

"J'ai essayé de reconstituer des choses que j'aimais bien, dit la grand-mère de Fanny. Par exemple, j'ai commencé à collectionner les belles médailles d'art. Aussi j'avais commencé à faire une collection sur tous les objets des symboles maçonniques, c'était à un moment où tu en trouvais plein chez les antiquaires. Les livres, les peintures du 20e siècle...

Ma grand-mère avait un atelier avec 15 ouvrières, avant d'être mariée. Et quand j'étais petite, elle me montrait toutes ses belles robes, c'était des robes longues, avec des dentelles et tout, des magnifiques robes. Peut-être que c'est de là que vient mon amour des fringues. J'achète toujours pas cher et beaucoup de trucs parce que j'aime bien le changement."


Si votre maison ressemble à un vide-grenier, que vous êtes incapable de faire le tri, de vous séparer du moindre bibelot, vous souffrez peut-être de syllogomanie, un trouble d'accumulation compulsive, qui parfois peut plonger dans un profond désarroi.
La grand-mère de Fanny dit :

Oui... c'est moi 

Ecoutez ici le documentaire touchant de Fanny Lacrosse.

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