Mystique 13/21

" Elle ne savait pas, lorsqu’elle le cherchait,
que Dieu est tout entier partout ;
sinon elle ne l’aurait pas cherché "

(Marguerite Porete, Le miroir des âmes simples et anéanties, ch. 93)
 

 

Il y a plus de 700 ans, le 1ᵉʳ juin 1310, Marguerite Porète, accusée d’hérésie pour avoir écrit Le miroir des âmes simples et anéanties est brûlée vive en Place de Grève à Paris.

Un an plus tard, les béguines n’ont plus le droit d’exister sur ordre du pape. C’est qu’au 12e siècle, environ 200 000 femmes s’étaient regroupées hors de toute institution religieuse et de toute autorité maritale, pour vivre leur foi de manière autonome. Le mouvement avait pris une telle ampleur qu’il mettait en danger le pouvoir même de l’église.

Mystiques 13/21 est le projet audacieux de Céline Tertre, avec l'univers sonore et musical de Margarida Guia ; elles mènent une enquête personnelle et engagée sur l’héritage laissé par ces rebelles avant l’heure, rétives à l’ordre du monde et à toute conduite ou prière pré-dictées.

 

Prise de son, montage, mixage : Pierre Devalet

Un projet sélectionné dans le cadre de l’appel à projets Du côté des ondes,
soutenu par la RTBF, la Promotion des lettres, la SACD, la SCAM,
la SACD France, la SCAM France et Brouillon d’un rêve.

Diffusion Par Ouï-dire

Mystique 13/21 a reçu le prix Jeune Talent Scam France 2011.


Ecoutez...

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Vivant à Valenciennes à une époque de grande effervescence religieuse, Marguerite fait partie des Béguines, un mouvement composé de femmes libres, d'âmes en quête d'Amour divin, réfutant l'idée de toute autorité religieuse ou maritale.

 

Elle-même se décrit comme une " mendiante créature " en désaccord avec l'ensemble du clergé : " Béguines disent que je suis dans l'erreur, ainsi que prêtres, clercs et prêcheurs, augustins et carmes et les frères mineurs ".

 

Dans la lignée des Béguines les plus connues telles que Hadewijch d'Anvers, Marguerite Porète est celle qui s'est particulièrement démarquée autant par son destin tragique que par son témoignage mystique d'une hauteur vertigineuse. Une œuvre qui deviendra le témoin de la spiritualité béguinale et, d'une manière générale, de la mystique occidentale.

 

Fidèle à " cette âme libre qui ne répond à nul si elle ne le veut ", elle est condamnée comme hérétique et relapse, et brûlée le 1er juin 1310 à Paris, avec son ouvrage Le miroir des âmes simples et anéanties.

 

Quand on a trouvé
la Vie dans la vie, on ne
craint plus de mourir.

Sûr que la mort n’est que le
dernier cri du quant-à-soi.


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L’Amour vrai est-il soumis à autre chose qu’à lui-même ? Fût-ce à la morale, à la religion, à Dieu même ?

"Je me repose en paix complètement, seule, réduite à rien, toute à la courtoisie de la seule bonté de Dieu, sans qu’un seul vouloir me fasse bouger, quelle qu’en soit la richesse.

L’accomplissement de mon œuvre, c’est de toujours ne rien vouloir. Car pour autant que je ne veux rien, je suis seule en lui, sans moi, et toute libérée ; alors qu’en voulant quelque chose, je suis avec moi, et je perds ainsi ma liberté.

Et si je ne veux rien, si j’ai tout perdu hors de mon vouloir, il ne me manque rien : libre est ma conduite, et je ne veux rien de personne ".


(Marguerite Porete, Le miroir des âmes simples et anéanties, (ch. 51),
éd. et trad. fr. de Max Huot de Longchamp, Albin Michel, Paris, 1997)

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Ecoutez cette autre mystique, Hildegarde Von Bingen, moniale du XXe siècle, fondatrice de monastères, naturaliste, musicienne, peintre et visionnaire

 

A écouter aussi : Gabriel Ringlet qui nous parle des moines-poètes

 

 

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