Michèle Morgan est Madame Bovary - Les podcasts

Michèle Morgan est Madame Bovary
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Michèle Morgan est Madame Bovary - © Tous droits réservés

Pendant tout l’été, chaque mardi, Michèle Morgan est Madame Bovary, grâce à une archive redécouverte par la Sonuma.

C’est en 1969 que Michèle Morgan était venue à Liège à l’invitation de Liliane Verspeelt pour enregistrer son adaptation du chef d’œuvre de Flaubert.

Elle est Madame Bovary avec doigté, élégance et piquant surtout quand elle s’adresse au malheureux Charles Bovary, toujours le dernier à comprendre.

Notre proposition a été de confier à notre équipe un épisode à remixer, remonter, et de donner à chaque mardi une tonalité et un grain différents à cette tragédie qui nous semble contemporaine, tant Emma a eu de sosies !

 

Un feuilleton en 7 épisodes, une Emma Bovary intemporelle !
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1er épisode

Hélène Clerc-Denizot nous donne sa version d’Emma depuis son premier bal.

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2e épisode

C’est Anouk Millet qui revisite cette archive de 1969 et nous livre une Emma Bovary pleine de tonus et de rythmes fiévreux.

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3e épisode

Fabienne Pasau s’empare de l’archive découverte à Liège par la Sonuma et lui donne son tempo du soir. Langoureuse Emma, calculatrice et naïve, persuadée qu’un destin l’attend, plus grand que nature...

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4e épisode

Fanny Lacrosse s’en est donné à cœur joie pour sonoriser cette lecture, cris, cheval, forêt, musiques : le monde à portée d’oreille et le dix-neuvième siècle qui se réinvente pas à pas pour notre plus grand bonheur ! Un texte génial, une grande actrice : l’abc de la radio est là.

5e épisode

Rodolphe est remplacé par Léon et Emma dépense sans compter. C’est Fanny Lacrosse qui signe cette relecture sonore qu’elle a composée avec brio. Une découverte que l’on doit à la Sonuma.

6e épisode

L’histoire de Flaubert avance et madame Bovary s’englue : dans les dettes, dans le désespoir, dans l’attente. Léon la déçoit. Elle voulait autre chose. Michèle Morgan incarne cette passionnée narcissique avec splendeur et cruauté, elle distribue les claques verbales et son mépris. Elle se croyait à coup sûr promise à une autre destinée. Elle est harcelée de plus en plus par l’usurier, Monsieur Lheureux le bien nommé, qui ne la lâche plus. La fin est proche.

Une archive de la Sonuma remise au goût du jour par Pascale Tison

7e épisode

Madame Bovary est tenaillée par l’argent. La fin arrive, la pauvreté est déjà là. Michèle Morgan est d’une froideur exemplaire, elle ira jusqu’au bout. Pierre Devalet plante le décor sonore de la fin d’Emma.

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Madame Bovary

C'est l'histoire d'une femme mal mariée, de son médiocre époux, de ses amants égoïstes et vains, de ses rêves, de ses chimères, de sa mort.
C'est l'histoire d'une province étroite, dévote et bourgeoise.
C'est, aussi, l'histoire du roman français.
Aucun roman n'est innocent : celui-là moins qu'un autre. Dans chacune de ses phrases, Flaubert a versé une dose de cet arsenic dont Emma Bovary s'empoisonne : c'est un livre offensif, corrosif, dont l'ironie outrage toutes nos valeurs, et la littérature même, qui ne s'en est jamais vraiment remise.

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Madame Bovary a été maintes fois adaptée au cinéma, partout dans le monde.

Entre autres en 1933 par Jean Renoir (Madame Bovary, avec Valentine Tessier, Max Dearly, Pierre Renoir, Alice Tissot, Daniel Lecourtois, Robert Le Vigan), ou en 1991 par Claude Chabrol (Madame Bovary, avec Isabelle Huppert, Jean-François Balmer, Christophe Malavoy, Jean Yanne, Lucas Belvaux).

Ou à la télévision encore, avec notamment en 1974 le film de Pierre Cardinal, avec Nicole Courcel, Jean Bouise, André Dussolier, Claude Giraud.

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Michèle Morgan, en quelques lignes

De son vrai nom Simone Roussel, Michèle Morgan débute au cinéma en 1935, à l'âge de quinze ans, avec Mademoiselle Mozart dans lequel elle côtoie Danielle Darrieux. Sur le conseil du réalisateur, elle s'inscrit au cours d'arts dramatiques de René Simon.

Après plusieurs rôles de figuration, elle passe des essais pour Marc Allégret et devient la partenaire de Raimu dans Gribouille en 1937. Le succès est au rendez-vous et sa carrière est lancée. 

Celle qui a alors choisit le pseudonyme de Michèle Morgan enchaîne les films avec les partenaires les plus prestigieux : Charles Boyer dans Orage puis, surtout, Jean Gabin dans Quai des brumes. Le film de Marcel Carné fait d'elle une vedette internationale. Son regard profond et mystérieux, son élégance, lui valent d'être parfois comparée à Greta Garbo.

VIDEO - Quai des brumes - La scène mythique

A cause de la guerre, Michèle Morgan quitte la France pour les Etats-Unis où la RKO lui fait signer un contrat, mais elle peine à trouver des rôles à sa mesure. Elle apprend à chanter et à danser pour être la partenaire de Frank Sinatra dans Amour et swing et tourne son dernier film américain avec Humphrey Bogart dans Passage to Marseille. Elle épouse en premières noces l'acteur américain William Marshall. Ils deviennent les parents, le 13 septembre 1944, du petit Mike Marshall.

Déçue par sa carrière américaine, Michèle Morgan revient en France dès 1946 et tourne pour la première fois sous la direction de Jean Delannoy dans La Symphonie pastorale. Le film lui permet d'obtenir le prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes 1946.

Elle divorce en 1948 de William Marshall avant d'épouser en secondes noces l'acteur Henri Vidal. Elle partagera l'affiche avec lui, notamment dans Fabiola. Durant cette décennie, Michèle Morgan tourne avec les plus grands réalisateurs de l'époque : Les Orgueilleux d'Yves Allégret, Les Grandes manoeuvres de René Clair et, surtout, Napoléon de Sacha Guitry.

Après la mort d'Henri Vidal en 1959, Gérard Oury entre dans sa vie. Le couple vit en union libre et n'aura aucun enfant. Sous la direction d'Oury, elle tourne dans Le Crime ne paie pas en 1962. Elle commence à tourner de moins en moins. On la retrouve néanmoins au côtés de Charles Denner et Danielle Darrieux dans Landru de Claude Chabrol.

En 1977, elle publie ses mémoires Avec ces yeux là, chez Robert Laffont.

Au cinéma, on ne la revoit plus que chez Claude Lelouch : Le Chat et la souris en 1975, Robert et Robert en 1978 et Un Homme et une Femme : vingt ans déjà en 1986. Elle apparaît, également en 1986, dans le feuilleton télévisé Le Tiroir secret. Elle effectue ensuite sa dernière apparition sur grand écran dans Ils vont tous bien de Giuseppe Tornatore, donnant la réplique à Marcello Mastroianni.

En parallèle, Michèle Morgan se tourne vers le théâtre, interprétant entre autres Chéri de Colette en 1982 ou encore Les Monstres Sacrés, aux côtés de Jean Marais, en 1993.

 

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