Mettre des mots sur nos émotions

Mettre des mots sur nos émotions
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Quand vous avez un coup de blues, comment vous sentez-vous ? Etes-vous capables de décrire ce que vous ressentez de manière précise ou bien restez-vous plutôt dans des généralités du genre " ça va pas trop… ", " Je me sens bof " ?

L’absence de mots pour décrire les sentiments

Nous éprouvons parfois des difficultés importantes à identifier et exprimer nos sentiments, ce qui peut parfois nous bloquer. Ce phénomène est appelé l'alexithymie et touche en fait une partie importante de la population (10 à 15%).

Quand elle est bouleversée, il est donc difficile pour la personne de dire si elle est en colère, triste ou si elle a peur.

Contrairement à l’idée reçue selon laquelle exprimer ses émotions serait juste une de ces modes " tarte à la crème " du développement personnel, la capacité à différencier et exprimer ses sentiments a un impact très important sur nos vies.

Selon le Professeur Olivier Luminet, de l'Institut de recherches en sciences psychologiques (IPSY) de l'UCL " Il arrive à ces personnes d'entrer dans une rage folle ou de fondre en larmes (…) Mais dans un cas comme dans l'autre, ils ont le plus grand mal à préciser l'origine de leur colère ou de leurs pleurs ! Ils explosent sans savoir pourquoi..."

Pourquoi faut-il mettre des mots ?

Pouvoir mettre des mots sur nos sentiments nous permet en fait de leur donner du sens, de rendre notre expérience plus concrète et donc de mieux comprendre et réguler ces émotions.

Cette capacité à mettre des mots sur ce qu’on ressent de manière fine s’appelle la granularité émotionnelle. Un nombre important d’études ont montré que cette capacité est bénéfique pour la santé.

D’après Lisa Feldman Barret, une des chercheuses phare de ce domaine, en travaillant notre granularité émotionnelle, nous préservons notre organisme de l’usure du stress et nous limitons les risques de maladies.

Comment les trouver ?

Bonne nouvelle pour les personnes qui souffrent d’alexithymie : cette capacité s’apprend et peut s’améliorer.

D’analphabètes émotionnels, nous pouvons apprendre et développer le langage des émotions.

Cela passe par le développement de notre vocabulaire émotionnel de manière flexible. Il faut également apprendre à différencier une émotion d’un jugement. Nous avons plus souvent le réflexe de porter un jugement sur les autres " il n’a aucun respect ", une opinion sur la situation " c’est scandaleux que cela se passe ainsi ", que d’identifier finement notre émotion et dire " je ressens de la contrariété et j’ai peur de perdre le contrôle de la situation ".

 

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