MédiaTIC

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illustration - © RTBF

L'actualité des médias et des nouvelles technologies avec Alain Gerlache.

Les journaux toujours en tête face aux médias en ligne. Mais pour combien de temps encore ?                        

C’est une enquête mondiale qui l’affirme : les journaux continuent de toucher plus de personne qu’Internet

Oui. Il y a quotidiennement 2 milliards 300 millions de personnes qui lisent un journal imprimé sur du papier, contre 1 milliard 900 millions qui s’informent sur internet. Les chiffres ont été rendus publics par la Fédération Mondiale des Journaux et des Editeurs de médias d’information réunie en congrès à Vienne.

Cette situation se reflète dans les revenus de la publicité. La presse traditionnelle garde l’avantage face aux médias en ligne, même si ses recettes sont en baisse. Mais les journaux sont toujours des supports publicitaires plus rentables et efficaces que les autres médias. Leur part du gâteau publicitaire est beaucoup plus élevée que leur part dans le temps que le public consacre aux médias.

Donc, tout va bien pour la presse écrite?

Ce serait trop simple. Il y a de très grandes disparités lorsqu’on affine l’étude. Les habitudes de consommation média diffèrent énormément d’un pays à l’autre. Les progressions sont très marquées dans les pays émergents. Sur 5 ans, l’augmentation est de 16% dans la région Asie-Pacifique et de 4,5% en Amérique latine. 


Mais en Europe de l’Ouest, sur la même période, la régression frôle les 12%. Et en Amérique du nord, la chute est brutale : moins 17% sur 5 ans, moins 11% rien que pour l’an dernier. Ce qui a fait dire au directeur de l’Association que la diffusion de la presse écrite suit la courbe du soleil : « Elle montre à l’est et descend à l’ouest ».

Inversion de tendance aussi pour les journaux gratuits. Ils ont joué un rôle pour permettre à la presse écrite de reconquérir un public plus jeune qu’elle avait perdu. Mais les problèmes de rentabilité ont conduit à la fermeture de nombreux titres et donc à une diminution de l’audience.

La montée en puissance des médias en ligne parait inexorable.

Oui, le temps de lecture des journaux a baissé de 7 %. La radio souffre aussi.

Mais, aujourd’hui, il faut faire la différence entre l’internet fixe et l’internet mobile. Pour la consultation des médias sur l’ordinateur, c’est la publicité qui génère les revenus. Problème : la plus grande partie est empochée par les moteurs de recherche, dont 65 % rien que pour Google qui vient d’ailleurs d’annoncer une augmentation records de ses profits au dernier trimestre.

Sur le mobile, téléphone ou tablettes, les gens sont plus enclins à accepter des formules payantes. Mais là aussi, ce sont les nouveaux acteurs comme Apple et les opérateurs mobiles qui engrangent la plus grande partie des recettes. Conclusion du directeur de l’association des journaux : « Si l’industrie de la presse ne fait pas attention, ces nouveaux acteurs détourneront ses revenus ».

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