Mediatic : Quakebot, le robot-journaliste qui rédige plus vite que son ombre

Quakebot le premier robot journaliste
Quakebot le premier robot journaliste - © Flickr/Thierry Ehrmann

Le LA Times révolutionne un peu plus le secteur des médias grâce à un robot-journaliste.

Lundi dernier, un tremblement de terre d’une magnitude de 4.7 sur l’échelle de Richter a secoué la Californie. Le phénomène en lui-même n’a fait que peu de bruit, les dégâts ayant été relativement limités. En revanche, sa couverture médiatique a provoqué à elle seule un véritable séisme. C’est que la première dépêche relayant l’info a été rédigée en trois minutes à peine, par un robot. Son nom : Quakebot. La machine a été conçue par un développeur et journaliste du Los Angeles Times. Ken Schwencke a établi un algorithme qui génère automatiquement un article lorsqu’un tremblement de terre a lieu. Le programme se base sur les alertes émises par le bureau géologique des Etats-Unis. Une fois le texte généré, il est connecté au système de gestion de contenu du LA Times. Résultat : réveillé à six heures et demie du matin par la secousse sismique, le journaliste américain n’a fait que sortir de son lit, ouvrir son ordinateur, relire le papier, et appuyer sur le bouton " publier ". Le site du quotidien est ainsi parvenu à diffuser l’info en un temps record.

Le " robot-journalisme " se répand de plus en plus au sein des grandes rédactions

Le LA Times est considéré comme l’un des pionniers en la matière. Parallèlement à son robot spécialiste des séismes, la rédaction possède un système similaire pour les alertes concernant les homicides ou encore pour les arrestations d’individus activement recherchés. D’autres médias se sont lancés dans le journalisme automatisé, principalement dans des secteurs comme les finances, le sport ou l’immobilier, bref des secteurs où les infos sont souvent constituées de données basiques. Il suffit d’une série de faits et de règles concernant la structure des phrases. Sans oublier bien entendu une relecture faite, cette fois, par un être humain.

Les " vrais " journalistes ne sont-ils pas menacés par ces robots ?

C’est ce que craignent certaines rédactions qui se sont jusqu’à présent montrées réticentes face à ce genre de programmes. Mais d’après Ken Schwencke, la fonction de ces logiciels est complémentaire à celle des journalistes. Elle leur permet de ne pas perdre de temps sur certains types de nouvelles. Le développeur américain rappelle que contrairement aux reporters, les robots ne sont pas capables d’évaluer l’ampleur des dégâts, d’interviewer des experts ou de mesurer la pertinence d’une info. Pour lui, ces outils ne feront pas disparaître des emplois, mais participeront à les rendre plus intéressants. Quoi qu’il en soit, l’être humain reste indispensable puisque les articles doivent être vérifiés et publiés. Quant à la signature, elle mentionne généralement que le texte a été généré par un algorithme. Un détail qui se révèle nécessaire puisque d’après une récente étude, les lecteurs ne parviennent que rarement à déterminer si un contenu a été rédigé par un robot ou par un vrai journaliste.

Joyce Azar @AzarJy

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