MédiaTIC : PRISM, les médias sociaux sont des médias publics

On s'en doutait. Des films, des séries télé nous avaient prévenus : le gouvernement américain dispose d'un accès phénoménal à nos données personnelles.

Dans un épisode de la série "Person of Interest", diffusée par la RTBF, Finch déclare que le gouvernement américain a créé Facebook pour que les utilisateurs alimentent eux-mêmes de gigantesques bases de données sur leur vie privée. La réalité a peut-être dépassé la fiction, Georges.

Edward Snowden, par qui le scandale est arrivé, existe vraiment. Il a travaillé durant quatre ans pour la NSA, l'Agence de Sécurité Nationale américaine. Il résidait à Hong Kong depuis le 20 mai. Son compte en banque se vide. Il cherche asile. On aurait perdu sa trace cette nuit. De lourdes charges pèsent contre lui.

On sait, grâce à lui, que deux collectes de données ont été opérées par Washington. L'une concerne l'opérateur Verizon et des données sur les appels de ses abonnés. L'autre associe le gratin des géants Internet : Yahoo!, AOL, Google, Microsoft, Facebook et Apple. Ces entreprises, toujours prêtes à endormir le consommateur lorsqu'il s'agit d'évoquer la sécurité des données personnelles, ont communiqué des photos, vidéos et courriels appartenant à des non-résidents, notamment chez nous, en Europe. Un véritable scénario de film.

On assiste à une succession de déclarations, sur les réseaux sociaux, mais aussi en politique.

Tim Berners-Lee, considéré comme l'inventeur du Web, estime que le programme PRISM représente une surveillance injustifiée et "une intrusion dans la vie privée des citoyens qui menace les fondements de la démocratie." Mais tout le monde n'est pas de cet avis aux Etats-Unis. Si des élus (notamment chez les démocrates et… forcément les libertariens) plaident en faveur d'une révision du Patriot Act, le Président Obama - soutenu par une très large majorité des politiques US - déclare, que la guerre contre le terrorisme n'est pas terminée, qu'on ne peut garantir 100% de sécurité avec 100% de confidentialité.

Chez les voisins canadiens, on regarde le spectacle un peu médusé, Cédric.

A Radio Canada, Martin Lessard nous rappelle qu'à chaque checkin, like, envoi de photo via les réseaux sociaux, nous façonnons de plus en plus précisément notre "ombre virtuelle". Martin nous rappelle que nous sommes tous devenus de "petits points sur un écran dans le sous-sol d’une agence de sécurité quelque part aux États-Unis."

Alors question : y a-t-il une solution? Oui, selon Tim Wu , professeur de Droit à l'Université de Columbia. Il s'est exprimé à Londres ce week-end et n'y va pas par quatre chemins. Pour lui, nous portons la responsabilité de ce péché par omission : nous utilisons des services Internet qui communiquent des informations à la NSA. En quittant Facebook, en choisissant un autre moteur de recherche que Google, en évitant AOL, Yahoo, le problème disparaît. Oui, les médias sociaux sont des médias publics, CQFD. Répétons-le une seconde fois, d'ailleurs. 
 

Les médias sociaux sont des médias publics. Une lapalissade pas toujours facile à entendre dans l'effervescence généralisée de la socialisation obligatoire.  

#médiaTIC @cedricgodart

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