MédiaTIC : Pour le droit à l'injoignabilité

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illustration - © Flickr Ed Yourdon

L'actualité des médias et des nouvelles technologies avec Alain Gerlache.

C’est une nouvelle revendication portée par les syndicats allemands : leurs membres revendiquent le droit à l’injoignabilité.

Oui, et vous l’avez très bien dit : in-joi-gna-bi-li-té. Il faut un peu s’entraîner.

Tout est parti d’un rapport sur le stress au travail Outre-Rhin. Pas moins de 43% des gens trouvent que leur boulot est devenu plus stressant ces dernières années. En cause : la charge qui ne cesse d’augmenter. Ils sont de plus en plus nombreux à travailler aussi le soir, le week-end et les jours fériés. Avec pour conséquence des problèmes de santé qui débouchent sur des congés de maladie en forte hausse. Des absences au travail qui coutent 6 milliard d’euros aux entreprises allemandes.

C’est donc un gâchis humain et économique.

Oui, tout le monde y perd. La ministre de la Santé vient donc de lancer un appel aux représentants des entreprises et des travailleurs pour qu’ils se mettent autour de la table et lui fassent des propositions.

Et c’est à cette occasion que la question de la disponibilité permanente des travailleurs été abordée.

Vous voulez sans doute parler du droit à l’injoignabilité. Oui. Les syndicats ont abordé le lien entre une charge de travail qui augmente et le fait que qu’aujourd’hui les travailleurs peuvent être joints quasiment en permanence. C’est une pression supplémentaire. 

Les entreprises se sont montrées réceptives à cette demande. Volkswagen par exemple réfléchit à une limitation de l’usage professionnel du téléphone après les heures de bureau. Et chez Daimbler, les courriels professionnels ne seront plus accessibles que sur le lieu de travail.

On a une idée de la manière dont cela se passe chez nous ?

Eh bien d’après Martine Tempels, directrice chez Telenet et Femme ICT de l’année en Flandre, le problème existe aussi et on commence à en parler. Elle explique au Morgen que " Grâce aux nouveaux moyens de communication, les gens peuvent organiser leur travail d’une autre manière. Revers de la médaille : trop de gens travaillent tout le temps ". Elle ajoute : " Je reçois régulièrement des messages tard le soir et je me demande : mais quand s’arrêtent-ils ? "

Côté syndical, on rappelle que la législation belge interdit en principe le travail en-dehors de horaires. Mais selon un responsable de la FGTB, " les employés à qui on donne un téléphone ou une tablette se sentent moralement obligés d’être plus souvent joignables. Il faut donc un contrôle plus sévère même si c’est compliqué dans une société post-industrielle ".  

Ce problème s’inscrit en effet dans une question plus vaste qui concerne de plus en plus de gens. Comment élaborer des objectifs de travail et comment fixer sa durée, ses lieux, son organisation à l’ère numérique ?

@AlainGerlache #médiaTIC

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