MédiaTIC : Les risques de la com' sur Twitter

En Flandre, les discussions à propos de la grève de lundi prochain font rage sur les réseaux sociaux.

Oui, le paradoxe, c’est que c’est l’ABVV, la FGTB flamande qui est à l’origine de toute cette agitation. Elle a mis en place une stratégie de communication tout azimut pour mobiliser en vue de la grève de ce lundi. Il y a les canaux traditionnels : affiches, tracts, médias. Le syndicat a aussi une page sur Facebook. Et cette fois, il a voulu se lancer sur Twitter. Comme le dit au Standaard une porte-parole du syndicat socialiste : « Nous avons voulu impliquer les jeunes dans le débat en utilisant leur propre média comme canal de communication. Et en plus, c’est pratique pour nos militants et nos cadres ».

La FGTB a donc fait les choses dans les règles. Elle a lancé un hashtag, un mot-clé qui permet de retrouver facilement tous les messages qui traitent du même sujet : #30j comme 30 janvier, date de la grève. Rien à redire : c’est clair, c’est court, et c’est bilingue.

Et puis le syndicat a voulu faire comme d’autres avant lui. Il a proposé aux internautes de remplacer leur avatar, leur photo, par un logo sur fond rouge qui dit : « Je serai en grève le 30 ».  C’est une manière de s’engager et aussi d’augmenter la visibilité de l’action. Une technique qui a déjà été utilisée par des associations humanitaires comme par exemple Médecins Sans Frontières.

Et comment réagissent les internautes ? Ça marche ?

Oui et non. Certains l’on fait. Mais sur les réseaux, on ne contrôle pas tout… Très vite, le logo a été modifié et détourné. Il est devenu : « Je ne serai pas en grève le 30 ». Et depuis 48h, c’est cette version-là qu’on voit beaucoup. C’est devenu une sorte de match, de sondage instantané pour ou contre la grève. Et la propagation des messages opposés aux syndicats est facilitée par le hashtag créé par l’ABVV...

Sur Facebook aussi, ça chauffe. En réponse au Président de la FGTB flamande, une lettre ouverte a été publiée par un étudiant sous le titre : « Vous ne choisissez pas pour nous, nous choisissons nous-mêmes ». Avec ce matin le soutien de plus de 11.000 internautes. Il faut d’ailleurs relever que les polémiques pour ou contre la grève sont beaucoup plus vives en Flandre que du côté francophone, mais ça, c’est un autre débat…

Pas simple donc la com’ sur les réseaux. La même mésaventure vient d’arriver à la chaine de restauration rapide Mc Donald’s. Elle a invité les gens à raconter leurs meilleurs moments chez McDo en utilisant le mot-clé #McDoStories, les histoires de McDo. Résultat : un déferlement de messages négatifs et une interruption brutale de la campagne. Bref, un McFail, un McPlantage pour reprendre une expression typique.

La communication sur les réseaux sociaux est à la mode. Mais elle est à double tranchant. Et sans doute pas encore complètement maitrisée…

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