MédiaTIC : Le streaming musical va-t-il mettre les artistes sur la paille ?

Video de Psy sur Youtube
Video de Psy sur Youtube - © Belga

L'actualité des médias et des nouvelles technologies avec Alain Gerlache.

Les formules d’accès légal à la musique via internet se multiplient. Pour l’industrie musicale, c’est évidemment mieux que le piratage. Mais la question, c’est aussi de savoir si les artistes peuvent en vivre.

Oui. On peut dire qu’il y a eu deux phases depuis 10 ans. D’abord le téléchargement qui permet de conserver les morceaux sur son ordinateur, son téléphone et sa tablette. C’est le principe d’iTunes. En général, les tarifs sont moins élevés que ceux des CD. Et on a aussi la possibilité d’acheter des morceaux séparément.

Aujourd’hui, c’est le streaming, l’écoute directe sur internet qui a le vent en poupe. Les plateformes se multiplient : Spotify, Deezer, Qobuz, Rdio… Les entreprises historiques s’y mettent aussi : Sony, Microsoft, Nokia.

Les offres sont assez comparables. Avec de la pub, c’est gratuit. Sans pub et des formules d’acquisition, ça peut monter jusqu’à 10 voire 15€ par mois pour un accès illimité à des millions de titres. C’est donc encore beaucoup moins cher que le téléchargement.

Et on sait ce que perçoivent les artistes ?

Le New York Times a mené l’enquête. On peut en trouver un résumé en français sur Slate.fr.

Sur iTunes, les artistes reçoivent entre 5 et 7 centimes et demi par morceau téléchargé.

Pour le streaming, le principe, c’est que les maisons de disques reçoivent un montant proportionnel au nombre d’écoute. Et une partie est ensuite ristournée aux artistes. Le New York Times cite l’exemple de Zoe Keating, une violoncelliste basée à San Francisco. Sur Pandora, ses productions ont été écoutées plus de 1 million et demi de fois en six mois. Ça lui a rapporté 1.225 euros. Sur Spotify, 131.000 écoutes l'an dernier. Résultat : 406 euros. Ça fait 0,3 centime, 3 dixièmes de centime par écoute.

Ce n’est vraiment pas grand-chose !

C’est bien ça le problème. Le Gangnam Style et son milliard 200 mille vues sur YouTube ont rapporté un peu moins de 6 millions d’euros. C’est plus que pour notre violoncelliste, mais ça fait à peine un demi-centime par vue ! Selon un calcul cité par Slate, pour gagner autant qu’avec la vente de 1.000 singles en 1988, il faut aujourd’hui atteindre 13 millions d’écoutes en streaming.

En fait ce modèle ne fonctionne actuellement que pour les succès planétaires. Les autres restent en rade, et particulièrement les artistes émergents. Mais il est trop tôt pour condamner le système. Comme le souligne Donald Passman, un spécialiste américain : " Plus le nombre d’abonnés aux plateformes de streaming continuera d’augmenter, plus les artistes seront rémunérés. C’est le même processus à chaque fois qu’une nouvelle technologie est introduite. Quand le CD est arrivé, les artistes ne gagnaient pas beaucoup d’argent non plus... "

@AlainGerlache #médiaTIC

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