MédiaTIC : Le bout du tunnel en vue pour la presse écrite ?

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FT.com - © Financial Times

L'actualité des médias et des nouvelles technologies avec Alain Gerlache.

La presse numérique payante va-t-elle s’imposer petit à petit ? Il y a des signes encourageants pour ceux qui y voient l’avenir de la presse écrite.

Ça tient en une phrase : le nombre des abonnés numériques de deux journaux anglo-saxons de référence est en train de rattraper les ventes de leur édition papier.

Le premier, c’est le Financial Times. Selon le directeur du FT.com, le quotidien financier de la City de Londres diffuse aujourd’hui 310.000 exemplaires imprimés et il a 270.000 abonnés numériques. Le renversement devrait se produire avant la fin de l’année. C’est d’ailleurs déjà le cas sur le marché américain. La montée en puissance des versions mobiles a accéléré le mouvement. Au point qu’il prévoit que d’ici 4 ans, les tablettes et les téléphones intelligents seront le premier mode de distribution de l’information.

Le New York Times suit la même évolution. Actuellement, la diffusion de ses éditions numériques a dépassé 807.000 exemplaires quotidiens, soit plus que les 780.000 exemplaires papiers vendus par jour. Selon BusinessWire, entre octobre 2011 et mars 2012, la diffusion totale du New York Times a augmenté de 73% en semaine et de 50% le week-end.  Une performance exceptionnelle que le quotidien attribue à la qualité de ses contenus, bien sûr, et à ses formules d’abonnements qui combinent les versions papier et numérique et qui connaissent un grand succès depuis leur introduction l’an dernier.

Ce sont des résultats impressionnants. C’est le bout du tunnel pour la presse écrite ?

Pas encore, mais Le Figaro qui commente ces évolutions, parle d’un tournant pour la presse. Il y a le basculement vers le support numérique. Mais ces chiffres indiquent surtout que le public de ces médias est prêt à payer pour avoir accès à de l’info en version numérique. C’est peut-être la fin du tabou de la gratuité de l’information sur le web. En tout cas dans le monde de la presse anglo-saxonne haut de gamme dont les lecteurs sont à la fois très exigeants et plutôt aisés.

Conséquence : les recettes provenant de la vente de contenus sur le web progressent aussi. Au point de dépasser les gains de la publicité en ligne. C’est un paysage numérique nouveau qui se dessine où la pub n’est plus la seule source de revenus. En mars dernier, le patron du FT.com avait déjà parlé "d'une activité qui est fondamentalement plus stable, plus prévisible, ce qui facilite les décisions d'investissement à long terme".

Cela dit, la marge de progression est encore forte. Actuellement, les versions numériques représentent 14,2% de la diffusion globale des journaux américains, contre 8,7% en 2011. Mais beaucoup de titres qui hésitaient encore à faire payer leurs contenus numériques semblent prêt à faire le grand saut.

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