Mediatic : la pornographie en tête

Cette domination du contenu classé x sur la bande passante mondiale est assez frappante. On sait depuis le début du web que le porno est abondamment diffusé sur la toile et que les mots clés les plus souvent tapés dans les moteurs de recherches ne sont en réalité pas tout à fait ceux annoncés dans les bilans de fin d'année. Je rappellerai également que l'adresse internet sex.com valorisée à 13 millions de dollars est entrée dans le Guiness des records l'an dernier au titre de nom de domaine le plus cher au monde loin devant vodka.com ou pizza.com estimée autour des 3 millions de dollars.

Rien de très neuf et surprenant, à priori, cet attrait pour le porno sur le net mais les données très précises recueillies par le site Extreme Tech donnent malgré tout une autre ampleur au phénomène.

Il en ressort notamment que des dizaines de sites pornographiques font partie des 500 sites les plus visités au monde

Oui et par exemple, le plus important site x génère 4, 4 milliards de pages web vues chaque mois, pour vous donner une idée c'est trois fois plus que le site de CNN. Par ailleurs, si l'on additionne les audiences de deux ou trois acteurs majeurs du porno sur le web, leur trafic atteint aisément celui d'un géant comme Google ou Facebook. Et puis, toujours selon le site Extreme Tech, l'internaute reste en moyenne 4 à 5 fois plus longtemps sur un site classé x que sur un site d'infos par exemple. Ces chiffres donnent un aperçu des enjeux financiers mais aussi des besoins d'infrastructure pour supporter le trafic internet généré par le porno, il faut savoir que la majorité du contenu x prend aujourd'hui la forme de vidéos en streaming particulièrement gourmandes en bande passante.

Et l'autre enjeu pour le marché du x sur internet est le développement sur les mobiles

Les plus importantes sociétés de production de contenus pornographiques cherchent un moyen de s'imposer aussi auprès des utilisateurs de smartphones ou tablette. Mais les acteurs dominant sur ces supports leur mettent des bâtons dans les roues. En effet, ni Apple ni google ne permet la vente ou l'accès à des applications classées x. Dès lors, l'industrie du x planche sur des moyens de proposer des solutions alternatives via les navigateurs des smartphones ou tablettes sans obliger le consommateur à devoir passer par une application.

Autre nouveauté pour le secteur, l'arrivée prochaine d'une nouvelle extension de nom de domaine en .xxx

Ce serait l'histoire de quelques mois, l'adoption de cette nouvelle extension a été l'objet de nombreuses protestations principalement de la part des acteurs dominants du marché. Au départ, l'objectif était de permettre d'identifier clairement les sites pour adultes mais au final, les sites pornographiques ne seront pas obligés d'avoir une extension xxx pour exister. Cet épisode illustre assez bien la difficulté de réguler le secteur du x sur le net qui on l'a vu ne cesse de s'étendre.

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