MédiaTIC : Google va aider la presse française à garder la tête hors de l'eau

Eric Schmidt (président de Google) & Francois Hollande
Eric Schmidt (président de Google) & Francois Hollande - © Belga

L'actualité des médias et des nouvelles technologies avec Alain Gerlache.

"Un accord historique !", c’est en ces termes que les autorités françaises ont qualifié le compromis signé à la veille du weekend et qui met un terme au conflit entre Google et les éditeurs de presse français.

Oui, historique parce que c’est en effet le premier du genre. Mais avant d’en mesurer la portée exacte, un mot d’explication sur les causes du conflit. Lorsqu’un internaute fait une recherche sur un thème d’actualité, ou quand il consulte Google Reader qui agrège les flux d’infos des médias, la page qu’il reçoit sur son écran comporte aussi des pubs placées par Google. Et c’est le géant américain qui empoche le pactole, pas les médias qui ont produit ces articles.

Les premiers à s’être opposés à ce système, ce sont les journaux belges. Argument : Google se sucre sur notre dos. Réplique de Google : c’est grâce à nous que vous pouvez faire la promotion de vos contenus et attirer des lecteurs sur vos sites. Le conflit s’est éternisé. Le moment le plus chaud est arrivé quand Google a pris une décision de justice au pied de la lettre et a gommé toute référence aux journaux belges. Si vous cherchiez Le Soir, vous tombiez sur le quotidien " Le Soir d’Algérie ". Ça n’a pas duré longtemps et un accord a finalement été trouvé.

Mais les Français eux ont obtenu une compensation financière.

Oui. Google va verser 60 millions dans un Fonds d’Aide dédié à la "transition numérique" qui va aider les titres à s’adapter au nouvel environnement médiatique. Il va aussi mettre à leur disposition des facilités techniques et de promotion de leurs contenus.

Cela dit, ça ne résout pas tous les problèmes de Google en France. Il doit aussi faire face à la colère des maisons de disques qui ont menacé de retirer leurs clips musicaux de sa plateforme video YouTube.  Et puis au-delà de l’Hexagone, il faudra voir si cet accord aura des répercussions dans d’autres pays, le nôtre, mais aussi l’Allemagne par exemple.

C’est une défaite pour Google ?

Absolument pas. Toutes ces aides que Google va fournir, technique, promotionnelle, financière, vont encore renforcer sa position centrale dans le devenir de la presse française. Et ce ne sont pas 60 millions qui vont lui faire mal, alors que ses recettes publicitaires en France se montent à 1 milliard et demi d’euros.

Et puis, une image vaut mieux qu’un long discours. Cet accord n’a pas été signé au siège de l’Association des Editeurs ou au ministère de la Communication. Mais à l’Elysée, entre Eric Schmidt, le CEO de Google et François Hollande, le Président de la République en personne. Plus encore que l’accord qu’ils ont signé, c’est cette illustration du poids qu’ont pris aujourd’hui les géants américains d’internet, qui est "historique".

@AlainGerlache #médiaTIC

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