MédiaTIC : Amazon Prime Air, des drones pour livrer les commandes express ?

Oui. L’annonce a été faite hier soir sur la chaine de télé CBS par Jeff Bezos, le patron d’Amazon qui est maintenant aussi celui du quotidien le Washington Post. " Nous pouvons livrer en une demi-heure des objets pesant jusqu'à 2 kilos 300. Ça représente 86% de nos livraisons. C'est très écologique, c'est bien mieux qu'avec les camions de transport". Ces mini-drones sont alimentés par des moteurs électriques. Ils peuvent évoluer dans un rayon de 10 miles, 16 km, autour des entrepôts, ce qui donne accès à une très grande partie de la population urbaine. Le nom du service : Amazon Prime Air.

Jeff Bezos concède que ça ressemble à de la science-fiction. Mais il affirme que ce n’en est pas, même si ça ne devrait voir le jour que dans quatre ou cinq ans.

D’ici là, il faudra convaincre les autorités fédérale américaines de légaliser l’utilisation de drones privés. Le projet est à l’étude, mais il butte sur pas mal de difficultés légales et techniques.

En attendant, Amazon s’offre un vrai coup de pub.

Oui, bien réel et immédiat celui-là. A preuve, la mise en ligne juste après l’interview d’une vidéo qui fait la démonstration de cette livraison du futur, depuis la commande du client via sa tablette jusqu’au dépôt du colis par le drone dans son jardin.

A quelques jours des fêtes de fin d’année, tout ça est évidemment cousu de fil blanc. Les cadeaux de Noël sont un énorme marché et le commerce en ligne ne cesse de gagner du terrain face aux magasins physiques. C’est le bon moment pour faire parler de soi.

C’est aussi l’occasion de faire oublier les critiques formulées à l’égard de cette entreprise.

Oui. Des députés britanniques et l'organisation de commerce équitable Ethical Consumer viennent d’appeler à un " boycott de Noël " d'Amazon. Ils l’accusent d’éluder l’impôt grâce à des montages fiscaux agressifs.

Et lundi dernier, le magazine Panorama de la BBC a diffusé un reportage qui a fait grand bruit Outre-Manche. Un des ses journalistes s’est fait engager par Amazon. Il a filmé en caméra cachée une nuit de travail dans un de ses entrepôts au Pays de Galles. Son job était celui d’un picker, un cueilleur, qui parcourt pendant des heures des allées interminables pour aller chercher les colis et les faire parvenir au service d’expédition. Un travail harassant, tant physiquement que psychologiquement, bien loin de l’image hi-tech que se donne l’entreprise. Le titre du reportage: " La vérité derrière le clic ".

@AlainGerlache #médiaTIC

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