Média TIC: Ici Radio Bruxelles!

Média TIC: Ici Radio Bruxelles!
Média TIC: Ici Radio Bruxelles! - © Tous droits réservés

Alain Gerlache nous livre sa chronique média. Le parquet de Paris a annoncé qu’avait ouvert une enquête sur la publication d'estimations de résultats de la présidentielle avant l'heure légale de 20H00.

Le parquet a été saisi par la Commission des sondages sur la base de faits qui lui paraissent délictueux. Comme on pouvait s’y attendre suite à la polémique née ces derniers jours, l’enquête vise deux médias belges, un média suisse, un site internet basé en Nouvelle Zélande et un journaliste belge qui aurait envoyé les tweets avec les estimations. Non, je ne sais pas qui c’est…

L’enquête vise aussi l’AFP. A 18h46, l’Agence France Presse a diffusé de premières estimations à l’attention de ses abonnés, les médias, en mentionnant que la diffusion de ces informations auprès du public était de leur seule responsabilité. Mais quelque que soit le support, radio, télé, internet, aucun média français ne les a publiés avant 20h. Force est donc restée à la loi. Libération qui donnait rendez-vous à ses lecteurs à 18:30 s’est finalement dégonflé. Hier en début de soirée, son directeur expliquait benoitement que le risque encouru, au minimum 375.000 euros, fragiliseraient le journal. Un montant jugé aussi disproportionné par rapport à l’intérêt d’une information qui serait de toute façon rendue publique un peu plus tard.

Cela dit, il faut mentionner que si les premières estimations donnaient l’ordre exact des candidats, elles restaient assez imprécises sur l’ampleur des scores, notamment celui du Front National, et que cela a pu nuire à la validité des premiers commentaires à chaud.

Et puis, comme prévu les médias sociaux s’en sont donnés à cœur joie !

Puisque qu’il était interdit de diffuser les résultats, c’est par le biais de messages codés que les internautes ont contourné l’obstacle. Sur Twitter, cela a provoqué une avalanche de messages identifiés par le mot clé #RadioLondres, comme au temps où " les français parlaient français ". Un hommage involontaire au fondateur de la 5e république, le Général de Gaulle.

Exemple parmi des tant d’autres : " Les talonnettes sont dans les cartons, je répète, les talonnettes sont dans les cartons ". Ou encore l’annonce que le statut amoureux de Carla Bruni sur Facebook était passé de "mariée" à "c'est compliqué". Twitter a aussi permis à des politiques belges de commenter l’élection, la palme de l’enthousiasme revenant à @PaulMagnette et son " Vas-y Francois, c'est bon. Vas-y Francois, c'est bon bon bon! "

Bref, un véritable concours d’humour souvent potache, sans doute renforcé par l’écho que les médias traditionnels lui ont donné. Rien en tout cas qui menace les fondements de la République ! On a sans doute un peu joué à se faire mousser et à se faire peur dans toute cette histoire.

 

Alain Gerlache

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK