Maurice Sosnowski, invité de Matin Première

Maurice Sosnowski, invité de Matin Première
Maurice Sosnowski, invité de Matin Première - © Tous droits réservés

Au surlendemain de la manifestation historique pour la liberté d'expression à Paris, Maurice Sosnowski, le président du Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB), était face au micro de Bertrand Henne ce mardi dans "L'Acteur" de Matin Première. Il a appelé les autorités belges à mettre en place des mesures de sécurité supplémentaires pour la communauté, ne fût-ce que pendant une période limitée.

----------------------------------------------------------------------------

------------------------------------------------------------------------------

Maurice Sosnowski a tout d'abord fait part d'un certain optimisme. Il dit croire à la possibilité d'un sursaut citoyen.

"Je crois que ce que nous avons vécu dimanche est exceptionnel, c’est tout à fait fantastique. Là on a atteint la liberté d’expression. Un des fondements de la démocratie. Et tout le monde a bien compris le danger. Dès lors on peut rêver d’un sursaut", a-t-il confié sur La Première. Il rappelle toutefois que si les membres de la rédaction du Charlie Hebdo "ont été attaqués pour ce qu’ils font", les clients du Hyper Chacher, eux, "ont été tués pour ce qu’ils sont", à savoir des Juifs.

Et à cet égard, il se dit plutôt rassuré par les discours entendus dimanche: "dire comme Monsieur Valls que sans les Juifs, la France, ce n’est plus la France, ce sont des paroles fortes".

 

Appel à des mesures de sécurité supplémentaires

Après les attaques terroristes à répétition qui visent la communauté juive, celle-ci est "extrêmement inquiète, notamment pour les écoles", indique Maurice Sosnowski. Les membres de cette communauté "veulent, ne fût-ce que pendant une période limitée, voir qu’il y a une surveillance majeure et non pas de policiers ou de gardes juifs qui sont devant et qui sont peut-être très bons mais sont insuffisants".

Il propose dès lors de faire participer l'armée à cet effort de sécurisation."Ce n’est pas à moi de dire ce qu’il faut faire ou pas. Mais nous avons des forces de police limitées en Belgique. Il faut absolument une solution pour rassurer la communauté juive et je crois tous les démocrates, car je sais qu’il y a également beaucoup de citoyens belges non-juifs qui demandent à être sécurisés", a-t-il fait valoir face à Bertrand Henne.

 

YouTube, "plus grand véhicule de haine aujourd'hui"
 

"La première chose à faire, c’est lutter contre la haine sur les réseaux sociaux. C’est immonde ce que l’on peut lire et entendre. YouTube est pour moi le plus grand véhicule de haine aujourd’hui", lance Maurice Sosnowski. "Il y a moyen d’associer les pouvoirs politiques avec les médias et les opérateurs, comme on l’a fait pour la pédophilie où l’on a réussi à bien endiguer cette problématique. D’ailleurs j’aurais aimé associer la Marche Blanche (qui avait réuni plus de 500 000 participants en Belgique en 1996, ndlr) à ce que l’on a vu l’autre jour, car ce mouvement a poussé les politiques à agir".

En outre, il faut, selon le président du CCOJB, une vigilance accrue dans les prisons, pour éviter que les centres de détention ne deviennent des antichambres de la radicalisation. "On a vu en France et en Belgique, que tous les assassins, que ce soit Mohamed Merah, Mehdi Nemmouche ou les assassins de Paris,... Tous ont été radicalisés en prison", rappelle Maurice Sosnowski. Sur ce point, le ministre de la Justice a annoncé dès hier des mesures afin de lutter contre cette dynamique.