Manger la musique : 6 recettes d'opéra

Saviez-vous que l'opéra se mangeait? Certains des plus grands compositeurs ont en effet donné leur nom à divers mets que Valentine Jonghen nous présente. Voici donc quelques recettes inspirées de l’opéra.

  • Les Couilles de Mozart (Mozartkugel)

 

En allemand, on parle de Mozartkugeln, et le mot kugel  signifie "boule" ou "balle". En anglais ça fait " Mozart balls " … Donc à vous de choisir la traduction.  Mais venons-en au fait et à la question que vous vous posez tous : "Peut-on manger les boules (ou couilles) de Mozart ?!"

Oui, dit comme ça, cela paraît bizarre. Mais figurez-vous que oui, on peut manger les boules (ou couilles) de Mozart. Mais uniquement sous la forme d’une friandise en chocolat avec, au centre, une boule de pâte d’amande verte à la pistache recouverte de praliné et de chocolat.

D'où vient cette obsession un peu osée que de manger les boules de Mozart ?

L’histoire de ces friandises remonte seulement à la fin du XIXe siècle, à Salzbourg (ville de Mozart), lorsque le confiseur Paul Fürst imagina les premiers Mozartbonbon qu’il commercialisera ensuite sous le nom de MozartkugelLa recette originale de Fürst a ensuite été copiée par beaucoup de confiseries, si bien qu’il existe aujourd’hui une dizaine de variétés de couilles de Mozart.

  • Le Tournedos Rossini

Vous connaissez sûrement Gioachino Rossini, le compositeur du Barbier de Séville ou de Guillaume Tell pour ne citer qu’eux... Hé bien Rossini aimait composer de la musique mais il a aussi composé un plat! Un plat qui porte son nom : le tournedos Rossini ! Un plat imposant, à l’image de son compositeur: un tournedos poilé surmonté d’une tranche de foie gras, également poilé, parsemé de copeaux de truffes, le tout posé sur du pain doré au beurre. Il ne vaut donc mieux pas calculer la valeur calorique de ce plat, vous l'aurez compris.

En ce qui concerne l’origine de la recette, il y a diverses histoires mais, ce qui est sûr, c’est que c’est sur la volonté de Rossini lui-même que cette idée est née. Certains mythes racontent même que le compositeur avait une table sur mesure creusée à la forme de sa panse !

  • Le Bellini

Vincenzo Bellini, compositeur sicilien du début du 19ème siècle, rejoint aussi les compositeurs qui ont un plat à leur effigie. Un Bellini, c’est simplement un cocktail à base d’une purée, d’un coulis ou d’un jus de pêche selon les recettes, auquel on ajoute du Prosecco ou du Champagne.

L’histoire raconte que le Bellini aurait été créé en l’honneur de Giovanni Bellini. Ce n’est donc pas pour le compositeur Vincenzo Bellini mais pour le peintre vénitien de la Renaissance Giovanni Bellini qu’on inventa, au Harry’s Bar de Venise, ce breuvage au milieu du XXème siècle.

  • La Pêche Melba

Vous vous dites sûrement que Melba n’est pas un nom de compositeur et que cette recette n’a rien à voir avec la musique classique. Détrompez-vous! La pêche Melba tient son nom d’une soprano colorature australienne : Nellie Melba. 

Son vrai nom est en fait Helen Porter Mitchell mais elle s’est appelée Melba en lien avec la ville de Melbourne où elle a donné son premier concert. Par la suite, Nellie Melba a beaucoup chanté en Belgique, plus précisément au Théâtre Royal de La Monnaie entre 1887 et 1927 ! 

Mais c'est quoi, la Pêche Melba? C’est un dessert glacé! Une pêche pochée dans un sirop vanillé, servie avec de la glace vanille et un coulis de framboise! La recette aurait été élaborée à Londres à la fin du XIXème siècle par le célèbre chef et auteur culinaire français Auguste Escoffier.

L’histoire raconte qu’Escoffier aurait dédié ce dessert à Nellie Melba qui chantait au Coven Garden alors que le chef travaillait au Carlton de Londres. Un soir, il l’aurait entendu dans l'opéra Lohengrin de Wagner et aurait eu l’idée de lui composer un dessert.

  • La poire belle Hélène

Tant qu’on est dans les desserts glacés d’Escoffier, savez-vous que c’est aussi à lui qu’on doit la Poire belle Hélène ? À nouveau, on est sur une base de fruit poché et de glace : une poire servie chaude au sirop sur une boule de glace vanille et, cette fois-ci, du chocolat chaud.

Vous vous demandez le rapport avec l’opéra ? Il est simple : " La belle Hélène " est un opéra-bouffe d’Offenbach, qui n'a évidemment rien à voir avec la bouffe "nourriture". L’opéra bouffe est un genre qui traite généralement de sujet comique et/ou léger.

Ainsi, l’histoire d’Hélène, Reine de Sparte, est ici une comédie.

  • Les gâteaux : L’Opéra & co

Il y a le traditionnel gâteau Opéra, dont les pâtissiers se font la guerre pour savoir qui l’a inventé : Lenote ou Dalloyau dans les années 1950 ou 1960 ou même fin XIXème siècle. L’histoire raconte que ce sont les petites danseuses de l’opéra de Paris qui, voyant le gâteau dans la vitrine du pâtissier, ont trouvé qu’il ressemblait aux coulisses de l’opéra ... d’où son nom.

Mais, le plus important dans tout ça c’est la recette : biscuit Joconde (à base d’amandes) imbibé de sirop (un peu alcoolisé) avec une ganache (au chocolat) et de la crème au beurre !

cette idée de gâteau Opéra en a inspiré plus d’un. Aujourd’hui, l’Opéra Comique propose au foyer son "Favart", du nom de la salle de l’Opéra Comique certes, mais surtout du nom de Charles-Simon Favart, dramaturge et écrivain parisien.

Récemment, l’Opéra national de Lorraine (Nancy) a lancé, à l’occasion de son centenaire, un gâteau baptisé "L’Entre-acte".

 

Dans sa vidéo, Valentine Jonghen vous parle d'autres gâteaux et desserts liés à l'opéra. Visionnez-là!

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