Magritte et Dalí, quand deux icônes du surréalisme se rencontrent

Magritte et Dali, quand deux icônes du surréalisme se rencontrent
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Magritte et Dali, quand deux icônes du surréalisme se rencontrent - © Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique ​​​​​​​

Depuis le 11 octobre dernier, les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique présentent une exposition dédiée aux peintres Dalí & Magritte, deux figures majeures du surréalisme qui se sont croisées, rapprochées, influencées puis éloignées au cours du XXème siècle. L’occasion, pour le Fantôme de la Radio, d’évoquer, à l’aide de nombreux documents sonores, la vie de Magritte et le parcours artistique de ce peintre belge aujourd’hui reconnu dans le monde entier.


Originaire de Lessines, René Magritte grandit avec ses deux jeunes frères dans une famille bourgeoise, à Châtelet près de Charleroi, au début du XXème siècle. Les trois frères Magritte sont des sales gamins qui terrorisent, le mot n’est pas trop fort, les habitants de la commune. 

La mère du jeune René se suicide en 1912. Les Magritte quittent Châtelet et emménagent à Charleroi l’année suivante. C’est à cette époque qu’il rencontre Georgette Berger, fille d’un boucher de Marcinelle. Avant de se marier, il suit les cours de l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles à partir de 1915.

Après son mariage en 1922, il travaille comme dessinateur dans une fabrique de papiers-peints, à Haren. En marge de cette activité professionnelle purement alimentaire, Magritte peint de plus en plus, marqué par des influences venues notamment d’Italie…


La naissance du surréalisme belge

Magritte prend goût pour la provocation. Avec son ami Edouard Mesens, qu’il a rencontré lors de son service militaire, il participe à des actions pas très éloignées des mauvais tours qu’il jouait aux habitants de Châtelet quand il était enfant. C’est le point de départ d’un mouvement qui va aboutir à la naissance du groupe surréaliste en Belgique.

Paul Nougé, Marcel Lecomte, Camille Goemans du groupe Correspondance sont finalement rejoints par René Magritte, Edouard Mesens, André Souris, Louis Scutenaire. Ecrivains, poètes, plasticiens, musiciens… Ensemble, ils forment le premier groupe surréaliste belge, en 1926.


Paris et Dalí

Après sa première exposition à la galerie Le Centaure à Bruxelles en 1927, René Magritte s’installe avec Georgette près de Paris, à Perreux sur Marne, et se rapproche des surréalistes français, André Breton en tête. Il refuse toutefois de vivre au cœur de la capitale française.

C’est pendant leur séjour à Paris que les Magritte font la connaissance de Salvador Dalí. En 1928, ils décident de partir ensemble en vacances à Cadaquès, chez les parents du peintre catalan.

Dalí gardera toujours une réelle admiration pour Magritte qu’il a connu par l’intermédiaire de Camille Goemans, membre du groupe surréaliste belge.


Le retour en Belgique

Magritte perd ses contrats avec les galeries qui le soutiennent à Paris. Quant aux relations avec les surréalistes français, elles se sont considérablement refroidies.

Les Magritte rentrent en Belgique en 1930 avec peu de moyens. Pour gagner sa vie, René se voit contraint de développer des activités de dessinateur publicitaire. Il confie la commercialisation de ses tableaux à Edouard Mesens.


La démarche de Magritte

Magritte poursuit ses recherches artistiques sur le décalage entre l’objet et sa représentation. Il veut faire de sa peinture une forme d’interrogation du langage dans sa fonction de représentation. Une réflexion entamée quelques années plus tôt, notamment avec un de ses tableaux les plus célèbres 'La trahison des images'

Parmi les éléments qui participent au mystère Magritte : les mystérieuses figures qui apparaissent de manière récurrente dans ses tableaux, les titres de ses tableaux en décalage complet avec les scènes représentées sur les toiles. Des titres donnés/inventés le plus souvent par ses amis surréalistes, dont Louis Scutenaire. 

L’œuvre de Magritte ne cessera d’intriguer et de diviser.


La reconnaissance

Magritte connaîtra le vrai succès et la reconnaissance à la fin des années 50, notamment grâce à son marchand Alexandre Iolas, basé à New York. C’est là, au Museum of Modern Arts (le MOMA), que Magritte a l’occasion de présenter une rétrospective de son œuvre en 1965.

Envers et contre tout, René et Georgette Magritte resteront unis jusqu’au décès du peintre en 1967, des suites d’un cancer du pancréas.
 

Ecoutez ici Le Fantôme de la Radio. Vous entendrez, grâce aux archives de la Sonuma, René Magritte s’exprimer sur sa vie et son travail. La parole sera également donnée à Georgette son épouse, à Louis Scutenaire, l’un de ses plus fidèles compagnons de route, ainsi qu’à Salvador Dalí lui-même.

Le Fantôme de la Radio
 une émission préparée par Eric Loze,
avec le précieux concours de la SONUMA,
l’entreprise qui sauvegarde les archives audiovisuelles de la RTBF 

L'exposition Dalí & Magritte est à voir jusqu'au 9 février 2020 au  Musées royaux des Beaux-Arts à Bruxelles. 

Salvador Dalí et René Magritte se croisent à Paris au printemps 1929, en compagnie des grands noms de l'avant-garde artistique. Puis, en août de la même année, à l’invitation de Dalí, Magritte séjourne à Cadaqués, le port d’attache du peintre espagnol. Cet été surréaliste – qui compte aussi la présence d’Éluard, Miró et Buñuel – se révélera décisif.

Dalí et Magritte s’attachent à défier le réel, à questionner notre regard et à bousculer nos certitudes. Le Catalan et le Belge témoignent d’une fascinante proximité, malgré des créations et des personnalités bien différentes qui les amèneront finalement à s’éloigner.

L’exposition révèle leurs liens personnels mais aussi philosophiques et esthétiques à travers plus de 100 peintures, sculptures, photographies, dessins, films et pièces d'archives.

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