MADAME : Ces femmes oubliées dans l’histoire de la royauté belge

Il était une fois cinq princesses dont le destin n’a rien eu d’un conte de fée. 

Laurence Bibot, Victoire de Changy, Ariane Le Fort, Myriam Leroy et Isabelle Wery ont prêté leur regard et leur voix à ces femmes mortes folles, ruinées, tristes, ou oubliées pour donner naissance à ce podcast inédit sur l’histoire de la royauté belge. 

Découvrez l’histoire des princesses Marie-José, Joséphine, Henriette, Louise et Charlotte. 

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La Negresse Blanche 

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L’histoire de la princesse Marie-José 

[Extrait] La princesse Marie Josée de Belgique n’aimait pas ses cheveux crépus, mais alors pas du tout, et ça se comprends. C’est un secret de polichinelle dont elle semblait la dernière au courant, mais, évidemment qu’elle avait du sang nègre. Sa grand -mère, la comtesse de Flandre, la bouffeuse de boudin comme elle était vulgairement surnommée avait eu une liaison avec un de ses domestiques, un nain noir appelé " Dodu " et ramené des colonies par Leopold II. 

De cette union est né son père Albert qui fort heureusement tenait de sa maman, cheveux fin et peau de porcelaine. 

Hélas les gênes ont sauté sur Marie Josée qui, toute sa vie, a tenté de dissimuler ses cheveux, si ce n’était pas sous un chapeau c’était sous une perruque, véridique. 

Ecriture et narration : Laurence Bibot 
Réalisation : Christophe Loerke 

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La Princesse Servante

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L’histoire de la princesse Joséphine 

[Extrait] Quand [la guerre] éclate, en 1914, le roi Albert juge, sans doute à contre-coeur, qu'il doit mettre un terme à ses relations avec sa sœur et son beau-frère. Cela serait extrêmement déplacé qu'un souverain d'une nation en guerre poursuivre des échanges cordiaux avec la branche teutonne de la famille alors que Carlo sert une armée ennemie. Il ne peut en être autrement, Carlo est Allemand. On l'aperçoit même se battre dans les tranchées, à Ypres. Du mauvais côté. Enfin du sien. 

Pendant ce temps, que fait Joséphine, à part expectorer ses pauvres bronches ? Elle ouvre son château aux blessés. Aux blessés allemands, bien sûr. Elle les soigne. 

Mais comme elle l'indique à Henriette dans ses lettres, elle se débrouille parfois pour intervenir en faveur de l'un ou l'autre pauvre bougre de sa mère patrie, qu'elle sauve du peloton d'exécution. 

Ecartelé entre ses deux pays, la plaie ouverte de son coeur, tiraillé de loyautés contraires, ne cesse de lanciner dans sa poitrine. Je la cite.” 

Ecriture et narration : Myriam Leroy 
Réalisation : Christophe Loerke 

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La Minute Cheval

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L’histoire de la princesse Louise 

[Extrait] Et c'est en cette intime seconde de Temps suspendu que le cavalier nous aperçoit, il trempe ses yeux dans les miens et soudain, me reconnait, moi, fameuse Saxe-Cobourg et Gotha. Temps, tu gèles tu gèles à nouveau ton vol... Le règne minéral ne crisse plus d'un caillou, les planètes coupent leur moteur, le soleil ravale ses rayons, Dame nature n'est plus que suprême silence, quant à mon cœur, mon cœur, il frappe, il frappe tambour. Et le suspens continue de rôder : est-ce que cette créature debout devant nous, ce mastodonte en équilibre toujours parfait, va-t-il, oui ou non, fracasser ses sabots sur nos crânes ?  

Mais hop... En un tour de passe-passe surnaturel de magicien cuissardé, hop mais comment fait-il, ce garçon, le cavalier humain parvient à mâter la demi-tonne d'animal dans le droit chemin.  
Il n'y a aucun doute. C'est de la sorcellerie à cheval.  

Moi, je suis en nage. "La mer a ses perles, le ciel a ses étoiles, mais mon cœur, mon cœur a son amour.", gazouille Heine.  

Je suis en nage. D'effroi et de toi, Mattachich, homme tombé du Ciel. “ 

Ecriture et narration : Isabelle Wéry 
Réalisation : Christophe Loerke 

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La Reine de Paris

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L’histoire de la princesse Henriette 

[Extrait] Je ne m’étonne qu’à moitié du peu de souvenirs que vous a laissés mon mari. Ce n’était pas un homme de grande volonté. Je me suis souvent demandé ce que ma vie serait devenue si j’avais épousé l’archiduc Léopold d’Autriche quand j’avais dix-huit ans, j’étais folle de lui mais il ne valait rien. Mes parents ont eu raison de s’opposer au mariage même si j’ai eu tant de mal à l’accepter à l’époque, je me souviens de la tristesse qui m’avait accablée alors.

Et j’ai sans doute eu raison d’épouser Emmanuel, quoi qu’on en dise. De toute façon, la politique étrangère ne m’accordait aucune autre perspective. Je ne saurai jamais ce que mon frère Baudouin aurait pensé de lui s’il l’avait connu, mais Albert en tout cas ne l’aimait pas. Il le trouvait superficiel, imbu de sa personne, et je ne peux pas tout à fait lui donner tort.

Ceci dit, Emmanuel m’a permis de vivre une existence exaltante, nous avons pu nous déployer à Neuilly autant que je le souhaitais. La vie ici au château ne présente plus aucun des attraits de celle que je menais là-bas et que vous avez connue un petit peu, du haut de vos cinq ans, de vos six ans, je ne sais pas ce qu’il en reste. À présent, je passe presque tout mon temps seule. Cette solitude me pèse et m’est inhabituelle mais, à la fois, je ne sais pas qui je voudrais avoir à mes côtés.” 

Ecriture et narration : Ariane Le Fort 
Réalisation : Christophe Loerke 

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Charlotte entre les murs

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L’histoire de la princesse Charlotte 

[Extrait] Charlotte, dans son aile du château fort, refuse net la visite de qui que ce soit. Et quand elle quitte le fauteuil, c’est pour faire les cent pas. Tout en cheminant, elle se parle à elle-même, ou dialogue avec des silhouettes de grande taille qu’elle est la seule à voir. Toutes ont en commun le sexe : masculin, évidemment. Et le grade militaire : maréchal, colonel, amiral. Il y a ceux des photographies, sans doute, et d’autres dont on ignore qui ils sont. 
Elle s’assied à sa table pour leur écrire des centaines de lettres. Elle y parle d’honneur, de courage, de sauvetage. Elle a l’écriture fine et calligraphiée, tombante dans le sens de la lecture. La même, exactement, que toutes les autres de son rang, comme on lui a appris à faire. Les lettres, Charlotte les dépose devant sa porte, missionnant son personnel tacitement. On les récupère, on les entasse dans des boîtes, oui, mais on ne les poste jamais, parce que : à qui ?” 

Ecriture et narration : Victoire de Changy 
Réalisation : Christophe Loerke 

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Ecoutez Madame 

 

Madame est un podcast de fiction de La Première, librement inspiré d’histoires vraies, qui fait parler les tableaux et secoue la naphtaline. 

A écouter sur Auvio et les applications de podcasts. 
 
➕ d’infos sur la page podcasts de lapremière.be 

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