Lutte pour le climat et genre fluide : Anuna De Wever est-elle l'icône d'une génération ?

Anuna De Wever, avec son amie Kyra Gantois, a lancé la grève pour le climat. Entraînant avec elle des dizaines de milliers de jeunes dans les rues de Belgique. Alors forcément, les médias de tous bords s'intéressent à elle. Et pas toujours avec bienveillance.

Au mégaphone, dans les rues de Bruxelles, Anuna De Wever mène son combat pour le climat. Du haut de ses 17 ans. Malgré son jeune âge, ce n'est pas la première fois qu'Anuna de Wever apparaît dans la presse flamande. Google se souvient tout. Et il suffit de chercher le nom d'Anuna De Wever et de remonter suffisamment loin (au 4 juin 2016, précisément) pour trouver un article du Nieuwsblad

"Je voulais être un garçon... mais plus maintenant"

En photo, son visage de toute jeune adolescente apparaît. Elle a 14 ans. Ses cheveux longs et ondulés. Son appareil dentaire. Et le titre en grand : "Je voulais être un garçon... mais plus maintenant". La jeune Anuna de 14 ans raconte comment dès ses deux ans, elle a su qu'elle était un garçon.

Cheveux courts, matchs de foot, rayon masculin à l'heure du shopping, Anuna raconte cette enfance, plutôt douce auprès de sa soeur jumelle, de sa maman sociologue, qui a repris un cycle en étude de genre à l'université d'Anvers, et de son papa urbaniste. Et puis (elle raconte aussi) le début de l'adolescence, plus difficile et Anuna fait un choix : elle sera une fille.

La presse flamande la laisse à ses 14 ans pour la retrouver deux ans et demie plus tard. Anuna De Wever a maintenant les cheveux courts et un mégaphone à la main. Elle n'est plus "que" la porte-drapeau de ce mouvement de jeunes adolescents qui font la grève des cours pour sauver le climat.

"Climat et genre : les thèmes à la mode de la gauche politiquement correcte"

Et pourtant, l'identité de genre d'Anuna De Wever va lui revenir au visage, comme un boomerang. Le 24 janvier, 't Pallieterke, site web, lié à un magazine nationaliste flamand de droite, régulièrement animé, dans son histoire par des membres de ce qui est aujourd'hui le Vlaams Belang, ressort l'article de 2016 sur Anuna De Wever. "En bref, climat et genre... les thèmes à la mode de la gauche politiquement correcte", écrit le site. L'article ne fait pas énormément de bruit, mais il circule. Et, en fin de semaine, des inconnus sur Twitter débattent du genre d'Anuna De Wever, se moquent, éventuellement, l'insultent. Elle, et sa famille.

Et puis samedi, en fin d'après-midi, un long portrait d'Anuna de Wever est publié par Het Laatste Nieuws. Anuna De Wever a accordé un entretien au quotidien. Son titre : "Je ne me sens pas garçon, mais pas fille non plus. Ceux à qui ça ne plaît pas n'ont qu'à regarder de l'autre côté". Elle explique que tout compte fait, cette décision d'être une fille était intenable. Elle a choisi de ne pas choisir. Elle dit au Laatste Niews : "Fuck You, met jullie genderstereotypen"

Depuis lors, la jeune fille reçoit (aussi) de nombreux soutiens. Elle n'est plus simplement la porte parole d'un mouvement. Elle devient, disent certains l'icône d'une génération qui s'inquiète pour le climat, et qui veut pouvoir vivre une identité de genre plus fluide. Et elle cristallise deux identités (climat et genre) qui sont parmi les thèmes les plus clivants de l'époque dans laquelle est grandit.

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