Comment se libérer de ses peurs ?

Libérons-nous de nos peurs !
Libérons-nous de nos peurs ! - © Tous droits réservés

La peur est une émotion importante et fait partie intégrante de nos vies individuelles et collectives. Son rôle est de nous informer des dangers et de préparer nos réactions pour y faire face. Cette émotion bien qu’elle soit utile peut également être handicapante. Comment mieux gérer nos peurs ? Les conseils d'Ilios Kotsou, Docteur en psychologie et Maître de Conférences à l'Université Libre de Bruxelles et qui analyse chaque semaine un thème fondamental de nos vies quotidiennes. 

La tendance à exagérer nos peurs

 La peur fait partie de notre instinct de survie, le problème c’est qu’elle peut nous pousser à exagérer les dangers.

Selon Tania Singer, chercheuse en neurosciences, un de nos trois grands systèmes motivationnels est celui de la protection et de détection de la menace. Son principe central est de nous garder vivant en identifiant les dangers. Ce système réagit donc très vite et déclenche des émotions comme la peur, l’anxiété ou la colère en réponse à des stimulus évalués comme menaçants. Il nous motive à fuir ou à attaquer et est en lien avec les hormones du stress comme le cortisol.

Grâce aux capacités extraordinaires de notre cerveau pour imaginer et ruminer, ce système peut dès lors rester en alerte même en l’absence de danger extérieur réel.

Cela signifie que nous vivons avec ce système d’alarme interne activé, nous expérimentons le monde comme un environnement stressant, anxiogène et dangereux.

La peur favorise le repli sur soi

Une des conséquences de l’activation de ce système est qu’il a une tendance à favoriser un repli sur soi-même. Les recherches ont par exemple montré que les personnes qui vivaient le plus de peur au niveau social étaient celles qui avaient les attitudes les plus négatives envers les étrangers et l’immigration.

Une recherche récente au Danemark a montré que les peurs inconscientes d’être infecté faisait éviter à ceux qui avaient peur, tout contact avec les immigrants, cela alors que l’on sait que les contacts sociaux sont la base de la construction de la tolérance (nous avons peur de ce que nous ne connaissons pas). Cette peur a pour effet que les personnes effrayés sont complètement insensibles à la possible contributions des immigrants à la société

Comment dépasser nos peurs ?

La première étape est de les identifier correctement et de les observer sans jugement. Il est tout à fait normal d’avoir peur et d’essayer d’éviter les dangers.

Cependant il est parfois important de faire face à nos peurs pour défendre des valeurs importantes : c’est ce qu’on appelle le courage. Et ce courage dépend bien évidemment de ce que nous considérons comme étant important.

Pour cela nous avons besoin d’activer notre système motivationnel qui est le moins utilisé : celui de l’affiliation et du " care ". Ce système est associé avec des émotions paisibles et positives : sécurité, proximité, contentement, amour, compassion. L’hormone qui lui est associée est celle de l’attachement : l’ocytocine.

L’activation du système d’affiliation a pour effet de désactiver le système de menace, c’est un antidote. Ce système de menace est lié aux expériences de donner et recevoir, d’affection, d’acceptation, de gentillesse.  Il nous connecte à un sentiment de commune humanité : nous considérons alors les autres comme faisant partie de la grande famille des êtres humains. Leur sort nous concerne, comme des membres de notre famille. 

Nous pouvons alors nous connecter à l’intention positive qui est derrière la peur : la protection et le soin.

 

Réécoutez les conseils d'Ilios Kotsou dans Week-End Première.

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK